À l’US Alençon, les années se suivent et ne se ressemblent pas. Après avoir sauvé sa place in extremis la saison passée lors de la dernière journée de National 3, Nicolas Bansard, le président, et Vincent Laigneau, son entraîneur, ont identifié les erreurs commises. Sous l'impulsion de ce binôme, une organisation inédite a été mise en place afin de ne pas revivre la même situation stressante. "On entre dans un cycle différent", explique le dirigeant de l’USA. "On savait que certains éléments comptaient nous quitter. Il y avait donc un nouveau souffle à trouver. Cela nous donne l’occasion d’accueillir d’autres joueurs, de repartir sur un nouvel élan". Profondément modifié, l’effectif qui évoluera en National 2 (ex-N3) présentera un tout autre visage aux yeux des habitués du Stade Jacques-Fould. "On part un peu dans l’inconnu car on connaît moins les recrues. Mais on a bien travaillé. On a abattu un gros boulot avec Vincent sur le recrutement. On compte pas mal de mutés, mais comme on n’en a droit qu’à six sur la feuille de match, il faudra faire des choix. Ce seront les meilleurs qui joueront, ils sont prévenus".
Les habitudes changent donc un peu pour l’encadrement. "Quand on joue avec les mêmes joueurs depuis une dizaine d’années, il y a des habitudes qui sont installées, c’est normal. Là, il y a un défi pour le staff : c’est de mettre ce nouveau groupe dans les meilleures dispositions possibles", souffle Nicolas Bansard. Ce qui évolue également pour l’US Alençon, ce sont ses adversaires, car l’équipe n’est plus dans la poule à consonance bretonne. Elle sera le seul représentant normand dans le groupe B, qui comporte des clubs des Pays de la Loire, mais également une formation de la Vienne, l'US Chauvigny, proche de Poitiers. "En termes de déplacements, ça ne change pas grand-chose par rapport à la saison dernière, où on allait au bout de la Bretagne", reprend le président ornais. "On a quelques déplacements lointains, mais on a également la réserve du Mans FC et le Sablé FC dans la Sarthe, c’est à côté. On a la réserve de Laval aussi, qui n’est qu’à une heure de route. On est plutôt content d’être dans cette poule, car c’est toujours sympa de découvrir d’autres régions, d’autres équipes, d’autres clubs... Il y a la réserve du FC Nantes également".
"On est plutôt content d'être dans cette poule. c’est toujours sympa de découvrir d’autres régions, d’autres équipes, d’autres clubs..."
Pour entourer Vincent Laigneau, son staff s'est également étoffé. À une époque où les pensionnaires du cinquième échelon national tendent à se professionnaliser, quelques modifications ont été opérées dans l'encadrement de l'équipe alençonnaise. Si Dimitri Hubert reste adjoint, Dimitri Chynacky, qui avait en charge les U18, s'occupe désormais des gardiens de but. "Dimitri sera exclusivement avec la première, et il doit passer en parallèle ses diplômes pour entraîner au niveau régional". Ancien responsable de la réserve, Sylvain Gressant effectue son retour à l'USA, mais cette fois-ci au sein du staff qui s’est également attaché les services d’un préparateur physique externe. "Il vient du monde professionnel, il ne sera pas avec nous à plein temps, il a un boulot à côté. Mais on avait constaté qu’on avait subi un gros trou d’air la saison passée de novembre à février. On était en dessous physiquement. Lui vient nous aider à éviter ce genre de mauvaise passe", espère le dirigeant.
Trouver des solutions pour attirer des joueurs
"Tous ces changements ne garantissent rien", prévient Nicolas Bansard. "Mettons tous les atouts de notre côté. On a aussi Medhi De Roeck qui est entraîneur de la B et qui a passé une formation sur la vidéo. Il apportera son savoir sur cet aspect. On ne va pas chercher de gens à l'extérieur, on a procédé à de la promotion interne". Sauf peut-être pour remplacer le coach des moins de 18 ans, où le président des « Vert et Noir » a enrôlé Khaled Eddhabi, en provenance du FC Pays Aiglon. Pour les jeunes pousses locales, la promotion interne s’avère plus compliquée. Si Noa Luntala, 17 ans seulement, a intégré le groupe de N2, il a fallu se renforcer en sortant des frontières du département. "Notre problématique, c’est que l’Orne ne dispose pas d’un vivier important comme le Calvados, la Manche ou la Seine-Maritime. C’est donc un peu plus difficile de recruter localement. On essaie de renforcer notre école de foot pour sortir des jeunes. Noa est un joueur sur lequel on mise à l’avenir. Pour le reste, on fait marcher nos réseaux pour trouver des profils".
"On n'est pas calibré pour proposer des contrats fédéraux. Pour les joueurs qui nous ont rejoints, cet été, on a déjà trouvé six jobs"
Avec son maigre budget pour ce niveau et dans une ville-préfecture où le bassin d’emplois reste modeste, il faut mettre les bouchées doubles pour convaincre les joueurs de vous rejoindre. "On identifie des profils de joueurs, on les regarde à la vidéo, on passe des coups de fil pour se renseigner, auprès d’entraîneurs qui les ont connus ou affrontés. Par exemple Lucas Guéguen qui vient de Milizac, on l’a affronté l’an dernier. Il voulait changer de région et de projet", détaille Nicolas Bansard. Son club ne faisant signer de contrats fédéraux que très rarement, "On n’est pas calibré pour", il faut donc souvent dénicher un emploi à côté du foot pour les nouveaux venus. "Pour ceux qui nous rejoignent, cet été, on a déjà trouvé six jobs. Il faut faire en fonction de leur profil, de leur formation... On les accompagne pour leur logement aussi. On a souvent très peu de temps, on doit faire marcher notre réseau, mais on y arrive. On les accompagne aussi un peu financièrement, il ne faut pas se le cacher". Avec ses moyens limités, l’US Alençon est en quête de solutions pour attirer. "Ça fait maintenant dix ans qu’on est à ce niveau, ça veut dire que ce qu’on a mis en place ne marche pas trop mal", sourit le président.
D’autres grands changements ont été contraints cet été chez les « Vert et Noir ». Après un épisode houleux chez les féminines, sur fond de divergences de point de vue avec le précédent coach (Stéphane Malo), tout le monde, ou presque, a quitté le navire. Après avoir pourtant terminé troisième de Régional 1, l'équipe est passée à deux doigts d’une disparition totale. Finalement, les filles repartent en championnat de D1 à 8. Tout est à reconstruire. Comme évoqué, Khaled Eddhabi prend les rênes des U18. La réserve, elle, reste confiée à Medhi De Roeck avec l’objectif de remonter en Régional 2. "C’est la relégation administrative du Havre Caucriauville (en R1) qui nous fait descendre en R3 par ruissellement. Sur le terrain, on avait assuré notre maintien. Pour ces trois équipes, ce fut un gros travail en fin de saison puis à l’intersaison. Il faut aussi trouver des éducateurs pour toutes nos catégories, car on a quand même 550 licenciés. Et on essaie de hisser tout le monde au plus haut niveau possible. Pour la B, l’objectif est évidemment de retrouver la R2 pour mieux préparer nos joueurs et peut-être alimenter la A ensuite. Chez les jeunes, Dimitri Hubert, qui s’occupait de l’école de foot, prend désormais également en charge le pôle U16, U15 et U14, en plus de diriger les U16 et les féminines". Après cet été mouvementé, l’US Alençon aspire à vivre un exercice 2026-2027 plus serein.
> N2. J1 - Sablé FC / US Alençon, samedi 29 août à 18 heures au Stade Rémy-Lambert.
Florian POLTEAU-GOMEZ






