En 15 ans au FC Mantois (Yvelines), Ayache Guerrouache a à peu près occupé tous les postes sauf celui de coach de l'équipe première. Le technicien a été ensuite co-entraîneur de l’AS Poissy (CFA) durant une saison aux côtés de Kader Chehida, qu'il a ensuite suivi au C'Chartres Football (N2). Après le départ de son binôme, il y est resté pour accompagner deux grands noms du football français : Jean-Guy Wallemme puis Jean-Pierre Papin, de 2018 à 2022. Aujourd'hui, le revoici sur un banc, celui du SPN Vernon (R2). "À Chartres, on était dans un projet mené par Gérard Soler (ancien international français, 16 sélections, quatre buts). Il était président, puis ça a changé, Gérard est parti, et nous aussi", raconte le coach vernonnais. "Ensuite, j’avais besoin d’une pause, pour raisons personnelles également. J’avais gardé quelques fonctions à droite à gauche... Avec Vernon, cela faisait quelque temps qu’on se faisait du pied, on se connaît bien. Ce sont des voisins". Il faut dire qu’entre Mantes-la-Jolie, où il a passé la majorité de sa carrière, et le bien nommé Stade de la Porte Normande, la distance représente à peine 20 km à vol d’oiseau. "On se trouve à un quart d’heure. Les dirigeants cherchaient un coach après le départ de Mohammed Diakhaby, moi un poste. Donc on a conclu". Tout simplement.
En effet, Ayache Guerrouache ne souhaitait plus enchaîner les grandes distances après son expérience de quatre années dans l’Eure-et-Loir, avec des trajets quotidiens de plus de 80 km et trois heures de trajet aller-retour. "C’était sympa, mais la route, c’était la galère", reprend le néo-Vernonnais. "On s’est rencontrés avec le président Jean-François Merieux. Je connais quelques personnes au club depuis des années, donc ça s’est fait naturellement". Désormais, l’entraîneur de 55 ans doit trouver son rythme, et reprendre une équipe qui est passée proche d’une remontée en Régional 1, mais qui a tout gâché dans la dernière ligne droite. En effet, le SPNV, premier du groupe D de R2 à sept journées de la fin, n’a empoché ensuite que trois points et s’est contenté de la septième place à l’arrivée, à six longueurs du FC Serquigny-Nassandres, promu avec 43 unités. "Je n’ai pas encore parlé avec Mohammed, je l’ai appelé, mais il était en vacances. Tout le monde au club a un peu son avis. En fait, des choses se sont mal goupillées, il y a eu de la malchance, des penalties manqués..."
Pas de pression, mais pas une colonie non plus
Alors que leur équipe a connu le R1, il y a encore deux ans, et qu’elle a manqué cette saison la remontée dans l’élite régionale, le board du SPNV ne semble pas avoir fixé à Ayache Guerrouache un projet d'accession immédiat. "On ne m’a pas donné d’objectif pour l’instant. On m’a dit : « Prends ce collectif, crée quelque chose qui te ressemble ». Je pense qu’on conserve tout de même 80% de l’effectif. On n’a que quatre départs qu’il faut remplacer numériquement, aux mêmes postes", détaille l’ancien Mantois. "Forcément, il faut qu’on soit dans la même tendance. Ce serait mentir de dire le contraire. Je suis entraîneur de foot, ce n’est pas une colonie de vacances. On veut se faire plaisir, s’amuser tous les week-ends. Certains ont connu la R1, et même une potentielle montée en N3 (le SPNV a terminé quatrième du groupe B de R1 en 2023-2024). Donc il y a quelque chose à faire. Cette équipe possède un gros potentiel". Durant les premiers entretiens avec ses futurs joueurs, le technicien n’a pas décelé un esprit revanchard, mais surtout de la déception. "Ce qu’il faut, c’est transformer cette déconvenue en force pour cet exercice à venir. Les points qu’on peut perdre en route peuvent être décisifs à la fin".
La reprise des séances était fixée pour ce lundi 3 août. Quatre semaines de travail et cinq matchs de préparation sont au programme, dont des confrontations contre des adversaires locaux, évoluant en R2 et en R3, pour limiter les déplacements. "Il y a deux équipes de notre groupe, le FAC Alizay et la réserve de Pacy-Ménilles. Évidemment, on va rencontrer la « B » du FC Mantois (R3), puis l’US Gasny (R3) et Saint-Sébastien-de-Morsent (R3)", détaille Ayache Guerrouache dont l’arrivée en Normandie ne s’accompagne pas d’une découverte footballistique. "Je ne trouve pas qu’il existe de grosses différences entre ce que j’ai vécu en Ile-de-France et ce que je vois à Vernon. J’ai tout de même la sensation qu’il y a plus de buts en Normandie, que c’est un peu plus ouvert au niveau du jeu. C’est moins frileux. Cela me convient très bien parce qu’on joue au foot pour marquer". Avec 48 buts inscrits en 23 matchs la saison dernière, le SPNV semble disposer du potentiel pour rester efficace comme le souhaite son nouvel entraîneur.
Florian POLTEAU-GOMEZ
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