Il a fallu plusieurs tentatives à Philippe Clément pour rapatrier son ex-joueur, devenu éducateur, au SU Dives-Cabourg. C’est désormais chose faite. Léo Trégoat a franchi le pas en quittant son poste à la tête des U18 de l’ASTDV pour rejoindre l’autre représentant de la Côte fleurie où il s’occupera de la réserve (R2) ; Christophe Duboscq intégrant désormais pleinement le staff de l’équipe première aux côtés de l'emblématique entraîneur du SUDC et de Julien Le Pen. "Depuis deux ou trois ans, je m’interrogeais sur le moment où je passerais en seniors. C’était mon souhait depuis le début. Je suis à la fois très humble et très ambitieux. Je savais qu’à un moment, il faudrait basculer. J’aurais bien voulu coacher des U17 nationaux par exemple, mais il n’y en a pas dans le coin. Il faut aller au HAC, au SMC, à Avranches ou à Saint-Lô, et avec mon activité professionnelle, ce n’est pas possible", explique celui qui tient, avec son frère Diego, le bar-restaurant-bowling La Palmeraie à Auberville, entre Houlgate et Villers-sur-Mer.
Alors que l'AS Trouville-Deauville, sous son ancienne appellation, lui a proposé à de nombreuses reprises de prendre en main sa réserve, Léo Trégoat ne se sentait pas encore prêt. "J’ai adoré la formation, j’ai été patient parce que j’ai suivi mes U10 jusqu’en U18. Pour rester avec une même équipe autant de temps, il faut être un peu fou. J’ai créé un lien très fort avec certains". Du haut de ses 32 ans, l'éducateur a su cultiver cette proximité. "On a kiffé sur le terrain ensemble, et en dehors. J’aime vraiment avoir cette relation proche". Lui qui souhaite continuer dans cette voie ne sera pas dépaysé puisqu’en choisissant la « B » du SUDC en Régional 2, il retrouvera quelques têtes connues. "Il va y avoir un peu de tous les âges dans cette équipe. Il y en a même quelques-uns avec qui j’ai joué. Il y en a d’autres qui sont déjà dans ce groupe et que j’ai déjà coachés par le passé. En fait, je pense que je connais 90 % de ce collectif". Un sacré avantage pour la suite, d’autant que le lien qu’il a tissé avec certains perdurera. "Je vais ramener à Dives quelques éléments que j’avais en U18 à Deauville".
Enfin le bon moment pour sauter le pas
Léo Trégoat sentait donc la fin d'un cycle poindre. Accompagné d’un certain manque de considération, en tout cas, c'est son avis, cela l’a poussé à accepter aux avances de Philippe Clément. "Je souhaite que ce soit clair : au départ, je n’avais pas l’intention de m'en aller. Certains pensent que cela fait trois ou quatre mois que c’est acté de mon côté, alors que pas du tout. C’est le silence de la part du club qui a accéléré les choses. Au moment où tu dois commencer à penser à ta saison suivante, vers mars, je n’ai eu aucune réponse. Le seul rendez-vous que j’ai eu avec les dirigeants, ce fut le 25 mai. Ils m’ont reproposé la B, mais bon, c’était un peu tard. Et pour quel projet ? Ils me demandent à ce moment-là comment s’est passée mon année en U18. Ils n’ont rien suivi en fait". Pire selon lui, l’ASTDV ne semblait nourrir aucun projet pour ces joueurs encore en cours de formation. "Quand j’ai contacté la direction au printemps, on m’a dit qu’il fallait attendre que la N3 (futur N2) soit sauvée pour avoir une vision club. Moi, je ne vois pas le lien. À un moment, il faut anticiper un minimum, savoir ce que deviendraient ces jeunes".
Le technicien commençait également à se sentir en décalage, "lassé. À cet âge-là, les jeunes sont dans le passage du bac, le permis… Et beaucoup d’autres choses qui font que l’investissement de certains baisse. Quand sur une séance, il y en a la moitié qui n'est pas là, c’est usant". Alors qu’avec les seniors, moins de problèmes. "Mon équipe première idéale, c’est un effectif composé de joueurs issus de la région. C’est utopique, mais si tu bosses bien, tu peux amener des jeunes progressivement vers la première. Ce n’est pas la vision qu’en avait Deauville quand je leur en ai parlé". Au SU Dives-Cabourg, pour sa réserve, le discours semble différent. "Je vais rajeunir un petit peu l’effectif, mélanger ça avec quelques joueurs d’expérience. Mais surtout, avoir des garçons qui sont très motivés. Je vais gérer ensemble le pôle de la « B » en R2 et de la « C » qui évolue en D1. Je dois améliorer le lien entre ces deux équipes. Il faut que tout le monde tire dans le même sens". Ça tombe bien, c’est ce que Philippe Clément attend de lui.
Florian POLTEAU-GOMEZ






