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Après 13 matchs, Harry Catorc a su donner une vraie identité de jeu à sa jeune équipe

Que retenir de la phase aller des U17 Nationaux du FC Rouen ?

Résumé

Le dimanche 5 décembre dernier, la phase aller du championnat de U17 nationaux s'est conclue sur une note des plus positives pour le FC Rouen quand les « Diablotins » ont obtenu le nul (1-1) contre le leader insatiable qu'est le Paris Saint-Germain. Bien que seulement 10es (sur 14) alors que s'ouvre la trêve des confiseurs, les jeunes joueurs du nouveau coach Harry Catorc ont semé des graines qui laissent à penser qu'ils accompliront de grandes choses en 2022.

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À 29 ans, Harry Catorc a accepté de relever le défi du championnat U17 National avec une génération qu'il connaissait déjà très bien. ©Bernard Morvan/FC Rouen 1899
À 29 ans, Harry Catorc a accepté de relever le défi du championnat U17 National avec une génération qu'il connaissait déjà très bien. ©Bernard Morvan/FC Rouen 1899
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Séduisants 5es de leur groupe lorsque la Covid-19 s'est invitée dans le paysage voilà deux saisons, solides 8es lorsque l'exercice 2020/2021 s'est brutalement stoppé passées 8 journées, les U17 nationaux du FC Rouen sont repartis pour un tour en août dernier. Et dans le sillage des grands bouleversements opérés au FCR, les « Diablotins » ont non seulement attaqué une autre saison au niveau national avec un groupe renouvelé mais aussi avec un nouveau guide. Harry Catorc, 29 ans, a en effet succédé à Khalid Fatmaoui, parti entraîner Deville-Maromme (Régional 1). "J'entraînais déjà les U16  du club ces deux dernières saisons", explique l'ancien joueur du Grand-Quevilly FC. "J'ai commencé avec la génération 2004 et l'année dernière, je passais le BEF. Je me suis challengé en me disant que je pourrais prendre en charge les U17 nationaux". 

"Moi, je prône le spectacle offensif et entre guillemets spectacle"
Harry Catorc

13 matchs plus tard, alors que la phase aller vient de rendre son verdict, le FC Rouen apparait au 10e rang d'un groupe qui compte 14 formations. En outre, les jeunes Diables rouges disposent d'un matelas de 5 points sur la zone dangereuse, celle-là même qu'Harry Catorc a pour but de faire éviter à son groupe. "On est arrivé dans ce championnat national sans savoir si on avait le niveau", reconnaît le coach. "Après un an et demi sans jouer au football, on se posait quelques questions. On a entamé la saison timidement et on a ensuite vu qu'on pouvait proposer des choses intéressantes".

Pour les suiveurs comme pour les supporters du club, ce début de saison des U17 est indiscutablement placé sous le signe de l'offensive. Les jeunes pousses du FCR ne sont pas de ceux qui s'arc-boutent en défense dans l'attente de placer un contre. Non. L'idée centrale, celle qui s'en vient d'ailleurs transcender tout le club et toute son identité tactique, est celle qui consiste à jouer au football coûte que coûte. "Il y a un projet de jeu commun au club même si chaque coach a sa propre fibre", expose Harry Catorc. "Moi, je prône le football offensif et entre guillemets spectacle. Je veux que les gens qui viennent au match prennent du plaisir. Mon idée reste de marquer plus de buts que l'adversaire dans un premier temps. Je serais frustré de ne gagner que 1-0, moi j'aime les matchs où il y a des buts". Chose promise, chose due, même si ce n'est pas le total le plus élevé du groupe, les 13 premiers matchs de Lilian Savoye et de ses copains ont produit 51 buts pour une moyenne très honorable de 3,9 buts par rencontre. 

Diablotins d'aujourd'hui, Diables de demain ?

En dehors du spectacle proposé par la jeunesse rouennaise, le bilan comptable demeure hélas insuffisant pour l'heure. Evidemment pas au regard de l'attente médiatique ou de celle des supporters mais au vu de ce que les jeunes Rouennais proposent sur le terrain. "On ne va pas se mentir, on n'a que 13 points, je dirais que notre bilan est mal payé", juge Harry Catorc. "Je le répète mais le contenu de nos matchs est vraiment intéressant et j'espère qu'on prendra vraiment plus de points sur la deuxième phase. Si c'est le cas, je pense qu'on décrochera le maintien". Alors que les championnats nationaux de cette catégorie offrent en général plusieurs vitesses et une disparité évidente entre les centres de formations et les clubs amateurs, la réalité de cette saison n'est pas si limpide. "Dès qu'on joue les centres de formation, forcément, c'est un peu plus costaud", observe l'ancien joueur quevillais. "Quand on joue une équipe comme Montrouge (l'actuelle deuxième, ndlr), pourtant un club amateur, c'est cependant toujours très difficile"

"On n'a que 13 points, je dirais que notre bilan est mal payé"
Harry CAtorc

Il n'y a donc pas cette saison de voie toute tracée ni de points assurément promis contre les mal classés ou les amateurs et à l'inverse une difficulté intangible contre les pros ou les leaders. Pour preuve, les U17 du FCR ont fait match nul contre le leader incontesté le PSG (J13. 1-1, le 5 décembre) lors d'un match qu'ils auraient pu gagner et ont aussi partagé les points contre la lanterne rouge en difficulté comptable Blois (J12. 3-3, le 28 novembre) à l'occasion d'une rencontre qu'ils auraient très bien pu perdre. "Blois c'est une équipe qui joue avec ses armes et contre laquelle on n'a pas su faire face. Si on avait battu le PSG, il n'y aurait rien eu à redire".

Dans cette phase aller, Harry Catorc juge au final que ses joueurs ont parfois "manqué de maîtrise dans la gestion de leurs temps forts et de leurs temps faibles". Voilà l'un des axes majeurs qu'il faudra peaufiner pour ne pas entraver la montée en puissance du groupe. Outre un premier match compliqué au Mans (J1. 4-1, le 29 août) et cette claque concédée à la maison contre le rival havrais (J11. 1-5, le 21 novembre) la première salve de match fut homogène et consistante. Cette jeunesse en plein apprentissage sera d'ailleurs peut-être celle qui fera avancer l'équipe première dans quelques années. "Pour l'instant, les joueurs sont concernés par ce groupe et par le maintien mais si on a rapidement des résultats, il y a moyens que certains accèdent à des séances avec les séniors", anticipe le coach qui reste toutefois vigilant. "C'est encore trop tôt pour dire ce que vaut vraiment cette génération, leur avenir se dessinera surtout en U18 et en U19 mais ce qui est certain, c'est qu'il y a de belles promesses". Les « Diablotins » reprendront le cours de leur histoire le 16 janvier 2022 pour un derby sur la pelouse du Stade Malherbe.

Aurélien RENAULT

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