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A la tête du RC Lens, le coach rouennais est l'une des bonnes surprises de la Ligue 1

Franck Haise raconté par son ami David Giguel

Résumé

Si aucun club normand ne fréquente la Ligue 1 cette saison, notre région est néanmoins représentée par Franck Haise (49 ans), l'entraîneur du Racing Club de Lens. Formé à Rouen, cet ancien milieu défensif a disputé plus de 100 matches sous le maillot des « Diables Rouges » dans les années 1990 avec comme coéquipier un certain David Giguel, l'actuel coach du FCR. Deux techniciens qui se connaissent depuis leur adolescence et liés par une profonde amitié.

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De l'équipe de Normandie minimes à une carrière professionnelle avec le FC Rouen, David Giguel et Franck Haise ne se sont plus quittés, sur et en dehors des terrains, pendant presque 15 ans. ©RC Lens
De l'équipe de Normandie minimes à une carrière professionnelle avec le FC Rouen, David Giguel et Franck Haise ne se sont plus quittés, sur et en dehors des terrains, pendant presque 15 ans. ©RC Lens
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Franck Haise doit-il remercier le Stade Malherbe ? On n'ira pas jusqu'à l'affirmer mais le club caennais a donné un coup de main bien involontaire au technicien normand. En s'imposant 4-1 à Bollaert le 25 février dernier, la troupe de Pascal Dupraz a précipité la chute du coach Philippe Montanier, une vieille connaissance de la maison « Rouge et Bleu » par ailleurs, et provoqué indirectement la promotion du natif du Mont-Saint-Aignan, jusqu'à présent aux commandes de la réserve lensoise. Deux succès plus tard aux dépens du Paris FC et d'Orléans, les « Sang et Or » validaient leur billet pour l'étage supérieur ; les championnats baissant définitivement le rideau début mars à cause de la pandémie de la Covid-19.

S'il n'est peut-être pas l'entraîneur le plus connu de l'élite du football français, Franck Haise possède une solide expérience sur les bancs de touche, notamment au FC Lorient (2013-2017) où il a pendant longtemps eu la responsabilité de l'équipe « B ». En octobre 2016, il avait même assuré un intérim de deux matches à la tête de l'équipe première en Ligue 1 suite au renvoi de Sylvain Ripoll. Avant d'entamer sa reconversion comme coach, cet ex-milieu défensif avait effectué une jolie carrière crampons aux pieds avec pratiquement 300 apparitions en D2 à son actif.

Témoin de leur mariage respectif

Une carrière entamée… au FC Rouen à la fin des années 1980. "Franck, déjà, c'est un bon mec, une belle personne avec qui tu as plaisir à discuter, avec qui tu apprécies de passer du temps, avec qui c'est agréable de travailler ; ce qui n'était pas toujours mon cas (sourire). C'était un joueur collectif que j'aurais aimé avoir dans mon effectif. Il te cimentait un groupe. Au niveau du foot ? C'était un défenseur à l'ancienne (rires). Il avait un bon pied gauche mais il était dur sur l'homme", témoigne David Giguel. Sous le maillot des « Diables Rouges » où ils ont été partenaires jusqu'en 1995, les deux techniciens ont noué une amitié très forte.

"Quand on était sur le terrain, on mettait un peu de côté notre amitié (...) Ça m'aillochait"

"Avec Franck, on se connaît depuis qu'on a 12-13 ans. On a commencé à jouer ensemble en équipe de Normandie minimes en 1982 puis avec les cadets nationaux (l'équivalent des U17 aujourd'hui) du FCR", se souvient l'entraîneur rouennais. Derrière, ils ne se sont plus quittés, sur et en dehors des terrains, durant presque 15 ans. "On a intégré le centre du formation du FCR ensemble, on a signé notre premier contrat aspirant, avec la présence de nos parents, ensemble, on a débuté en pro ensemble. En parallèle de nos carrières, on a pris le temps de se marier et d'être témoin de nos mariages respectifs. On est partis plusieurs fois en vacances avec nos familles".

Après le dépôt de bilan du club rouennais en 1995, les deux coéquipiers, contraints de s'exiler pour exercer leur métier de footballeur professionnel, ont continué de se croiser. "On s'est affrontés à quelques reprises, quand lui était à Beauvais et à Laval et moi, au Mans et à Créteil". Franck Haise étant descendu d'un cran, au poste de latéral gauche, à la fin de sa carrière alors que David Giguel officiait comme ailier droit, les deux « potes » se sont même livrés de sacrées batailles. "Ça m'aillochait", lance avec un grand sourire le coach des « Diables Rouges ». "Quand on était sur le terrain, on mettait un peu de côté notre amitié mais toujours dans le respect. On était tous les deux des compétiteurs".

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David Giguel et Franck Haise, à l'époque où ils étaient coéquipiers au FC Rouen à la fin des années 1980 - débuts des années 1990.

L'incarnation d'une nouvelle génération de coaches

Une volonté de gagner qu'ils essayent désormais de transmettre à leurs joueurs. Une fois les crampons raccrochés, les deux hommes ayant choisi de vivre leur passion pour le ballon rond de l'autre côté de la barrière. "On a passé nos diplômes très jeunes. Franck était très mature pour son âge. D'ailleurs, c'est ce qui explique qu'il a été assez souvent capitaine. Il a pensé très tôt à sa reconversion. Je ne suis pas surpris de sa réussite actuelle. En tant que joueur, Franck avait déjà une capacité de réflexion par rapport au jeu". Prolongé jusqu'en 2022 à la tête du RC Lens, Franck Haise redécouvre donc la Ligue 1 depuis le coup d'envoi de cette saison (septième après 20 journées).

"Certes, des coaches comme franck ont moins de vécu en ligue 1 mais ils ont de l'expérience, que ce soit à la formation, en N1 ou en n2"

"Franck est aussi légitime que tous les entraîneurs qui sont en place", assure David Giguel en réponse à ceux qui s'interrogeraient sur cette nomination. "Je trouve ça bien qu'un club comme Lens lui ouvre la porte. C'est intéressant que des nouveaux techniciens comme lui ou Julien Stéphan à Rennes débarquent en Ligue 1. Il y a encore quelques années, le milieu était assez sclérosé. Ce renouvellement offre une chance à d'autres coaches, de montrer qu'il y a de la qualité au-delà des 30-35 entraîneurs qui tournent à ce niveau depuis 15 ans avec tout le respect qu'on leur doit. Certes, des coaches comme Franck ont moins de vécu en Ligue 1 mais ils ont de l'expérience, que ce soit à la formation, en National ou en N2. Hormis l'exposition médiatique, c'est le même métier".

Une trajectoire qui a de quoi donner envie. "La Ligue 1, c'est le rêve de tout entraîneur français. En plus, quand tu connais quelqu'un qui y est…", ne cache pas David Giguel. "Après, c'est beaucoup de travail, de compétence, de talent et puis, il faut avoir le coup de pouce qui te permet d'y arriver". Et pourquoi pas un tandem réunissant les deux amis ? "On en a souvent parlé. Travailler avec un gars comme Francky, ça pourrait être très sympa", révèle l'ancien responsable de Dieppe. "Après, le seul poste disponible à côté de Franck, c'est adjoint et moi, je veux poursuivre en tant que n°1. Maintenant, on ne sait jamais de quoi est fait l'avenir". Avouez quand même que ça aurait plutôt fière allure.

Maël Haise perpétue la tradition familiale au FCR

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Après sa saison au FC Rouen, il est prévu que Maël Haise retourne au FC Lens à l'été 2021.

15 ans après Franck, un nouveau membre de la famille Haise défend les couleurs des « Diables Rouges » : son fils Maël. Formé au RC Lens, ce jeune arrière (18 ans) avait gagné sa place de titulaire en charnière centrale au sein de la réserve (N2) la saison dernière. "L'un comme l'autre, ils ont décidé qu'il était préférable que Maël parte compte tenu de la promotion de Franck à la tête de l'équipe professionnelle. Peu importe le niveau du gamin, ce n'est jamais simple pour un fils de jouer dans le club entraîné par son père", prévient David Giguel. Un départ seulement provisoire ; les dirigeants « Sang et Or » comptant toujours sur lui. D'ailleurs, il est prévu qu'il retourne dans l'Artois à l'été 2021. "On peut l'imaginer à moyen terme chez les pros. Il a un potentiel pour faire carrière".

Bien sûr, si Maël Haise a posé ses valises à Diochon, c'est tout sauf un hasard. "On en a discuté avec Franck. Au regard de notre amitié, il a confiance. Pas question pour lui de mettre son fils n'importe où", raconte le coach du FCR. Malgré son jeune âge (c'est le cadet du groupe), ce longiligne défenseur s'est rapidement intégré dans le vestiaire et imposé dans le couloir droit de l'arrière-garde rouennaise. "Tactiquement, on évolue à trois quand on a le ballon et quatre sans. Je trouvais qu'il avait le profil. Il a bien rempli sa mission. C'est intéressant dans son cursus de formation de découvrir d'autres postes". Une montée en puissance stoppée par une blessure au psoas dont il est rétabli depuis la mi-octobre et l'arrêt du championnat de N2 à cause de la crise sanitaire.

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