"Jouer pour un club comme l’Olympique Lyonnais est un rêve". Cette phrase, Maïwenn Olivier (18 ans) l'a prononcée il y a deux ans, lorsqu'un portrait lui avait été consacré dans nos colonnes. Aujourd'hui, ce rêve est devenu réalité. Après avoir réalisé toutes ses classes à l'ASPTT Caen puis disputé une saison chez le voisin du Stade Malherbe en D3, la milieu de terrain de formation apprend désormais aux côtés des plus grandes chez l'octuple vainqueur de la Ligue des Champions féminine. A l'été 2024, la Caennaise est partie pour évoluer avec les U19 Nationales et la réserve de l'OL, pensionnaire de D3. Habituée à avoir un temps d'avance sur les filles de son âge, Maïwenn Olivier a rapidement goûté à la crème du football français. Elle a suivi quelques séances de la préparation estivale avec les « pros », dont un match amical aux côtés de Wendie Renard et Eugénie Le Sommer, son idole, avant son départ au Mexique.
"Au début, c'était intimidant", avoue-t-elle avec un large sourire, bien consciente du chemin qu'il reste à parcourir pour prendre leur place. Suite logique, l'ex-gamine des « PTT » a eu l'opportunité de vivre un mois d'entraînement dans le groupe de l'équipe première l'été dernier, dont une titularisation le 9 août 2025 à l'occasion d'une rencontre amicale face au Servette FC. A seulement 17 ans, elle posait sur la photo officielle en compagnie de Melchie Dumornay (élue meilleure joueuse de cette saison-là), l'internationale française Vicki Becho ou encore l'Américaine Lily Yohannes. "C'était pendant l'Euro. Chaque semaine, les internationales revenaient au compte-goutte et les jeunes sortaient du groupe. Un peu comme à Koh Lanta !", plaisante celle qui avait même délivré une passe décisive ce jour-là. "Les joueuses les plus expérimentées nous aident et nous donnent des conseils. Ce n'est que du plus. Au départ, on a peur, on n'ose pas. Maintenant, je suis libérée. Je ne veux plus les regarder avec de grands yeux".
"Pendant l'Euro, les internationales revenaient au compte-goutte, les jeunes sortaient du groupe. Un peu comme à Koh Lanta"
Maïwenn Olivier l'a bien compris. Pour réussir dans ce grand club, il faut avancer sans complexe et tenter de faire sa place. Plus que jamais, la Normande vit, mange et dort football sur les installations de l'OL Academy. Situé à cinq minutes à pied du Groupama Stadium, son appartement donne sur les terrains d'entraînement. "Je peux regarder les matchs depuis mon balcon", raconte la jeune femme. De quoi être distraite quand elle suit ses cours à distance (avec le CNED) pour son BTS Gestion des petites et moyennes entreprises. D'une maturité toujours aussi impressionnante, l'ex-joueuse du Stade Malherbe sait où elle veut aller. Alors que sa carrière n'en est qu'à ses balbutiements, elle pense déjà à l'après. "Ne faire que du foot, c'est bien, mais il faut changer d'air", explique celle qui a obtenu une mention très bien à son baccalauréat. "Je vais tout miser sur le foot, mais ça me permet d'avoir un bagage scolaire pour plus tard, une porte de sortie".
Sur le banc pour la demie retour de la Ligue des Champions
Repositionnée en défenseur centrale, Maïwenn Olivier s'entraîne six à sept fois la semaine. Hormis une entorse à une cheville qui l'a éloignée des terrains au mois de janvier, elle fait figure de titulaire indiscutable dans les rangs de la réserve ; une équipe « B » qui se bat pour la première place du Groupe B en D3. A une unité de Cannes, il reste deux journées aux « Fenottes » pour décrocher le titre. "On n'a pas notre destin entre nos mains car si les Cannoises gagnent leurs deux matchs, elles seront championnes. Mais tout peut arriver. A chaque fois que l'on débute une saison à l'OL, le but est de remporter un titre". Cette culture de la gagne, la Caennaise l'a toujours eue, depuis qu'elle a tapé dans ses premiers ballons à l'âge de six ans. Mais à Lyon, figure de proue du football féminin français, tout est décuplé. "Que ce soit à l'entraînement ou en match, le seul objectif, c'est de gagner. La compétition est permanente, dans tous les jeux que l'on fait en séance", témoigne la jeune pousse, souvent appelée dans le groupe d'entraînement avec les « pros ».
"Si on est championnes de D3, j'ai promis aux filles que je leur ferai un gros gâteau !"
C'était encore le cas cette semaine, à quelques jours d'une nouvelle finale de Ligue des Champions pour les filles de l'OL face au FC Barcelone, ce samedi. D'ailleurs, à sa grande surprise, Maïwenn Olivier a fait partie du groupe pour la demi-finale retour contre Arsenal, début mai. "Je n'aurais jamais pensé qu'après deux ans à l'OL, je serai sur le banc d'un match de Ligue des Champions. Le staff me fait confiance", glisse-t-elle, pleine de modestie. Au Groupama Stadium, celle qui compte deux sélections en Equipe de France U16 en a pris plein les mirettes. "Il y avait 20 000 personnes dans le stade, ça fait quelque chose. J'étais sur un petit nuage".
Si elle est entrée "dans un autre monde", dont l'intensité sur le terrain "doit être vécue pour être comprise", Maïwenn Olivier s'efforce de garder les pieds sur terre. Du haut de ses 18 ans, elle sait que le chemin vers le monde professionnel est encore long. Du Stade Malherbe, elle a gardé sa maturité, son calme et son caractère, mais elle doit encore passer un cap pour aller titiller les sommets. "Ce n'est qu'un début, je n'ai encore rien prouvé chez les pros", reconnaît celle qui vient de renouveler pour un an sa convention avec le club dirigé par Michele Kang. Son objectif désormais ? "Signer un contrat professionnel l'été prochain. Je rêve de jouer à l'OL plus tard". Ceux qui la connaissent bien savent que la Caennaise mettra toutes les chances de son côté pour y arriver. Et la cuisine dans tout ça, sa passion de toujours ? "Si on est championnes en D3, j'ai promis aux filles que je leur ferai un gros gâteau !". A la question de savoir si les joueuses de l'OL ont le droit à de petites gourmandises, la réponse est toute faite. "C'est autorisé, mais c'est compté par la nutritionniste !", s'exclame la néo-lyonnaise. Promis, on ne dira rien...
> Ligue des Champions féminine. Finale - FC Barcelone / OL Lyonnes, samedi 23 mai à 18 heures à Ullevaal Stadion à Oslo.
Léa QUINIO






