La Coupe de France est définitivement une compétition à part. Et ce n’est pas le BFC, à l’heure de défier l’Olympique de Marseille, qui affirmera le contraire. La preuve à travers un seul chiffre, 40 000. Soit le nombre de connexions enregistrées jeudi dernier sur le site du SM Caen pour se procurer l’un des 3 000 derniers billets mis en vente. Ce mardi, le Stade Michel-d’Ornano, avec ses 20 100 places, affichera guichets fermés. Au regard de l’incroyable engouement suscité par cette affiche de gala, le club du Bessin aurait pu remplir le Stade de France sans aucun problème, ou "Le Maracana", comme le mentionne le président Luis Ferreira-Pavesi, en référence à ses origines brésiliennes. Il faut dire que ce match réuni tous les ingrédients d’un cocktail explosif. D’un côté, un Petit Poucet 100% amateur où tous les joueurs travaillent en dehors du football ; une chose, aujourd’hui, suffisamment rare pour être soulignée, y compris au niveau régional. Au tour précédent, au petit matin, Florian Lemasson était même allé nourrir les bêtes dans l’exploitation agricole familiale !
De l’autre, l’une des équipes les plus populaires de France, si ce n’est la plus populaire, qui dans une semaine défiera Liverpool en Ligue des Champions. Le tout dans le cadre d’un 16e de finale. Difficile de rêver à une plus belle promotion pour notre discipline. Pour mieux mesurer la performance des protégés d’Eric Fouda, il convient de rappeler qu’aucun représentant normand, pensionnaire des championnats régionaux, n’avait atteint ce stade de cette « Vieille Dame » depuis 45 ans, et l’US Fécamp (DH) en 1980 ! Et ce soir, c’est toute la Normandie du football qui soutiendra le BFC. En privilégiant ses licenciés, les associations voisines, la région du Bessin d’une manière générale, le club du président Luis Ferreira-Pavesi devrait bénéficier d’une enceinte majoritairement acquise à sa cause. Pas un mince exploit quand on connaît la ferveur des dizaines de milliers de fans de l’OM à travers tout le pays. En pénétrant sur la pelouse de d’Ornano, il est quasi assuré que les coéquipiers de Grégoire Delain vont se prendre une claque en découvrant ce stade paré entièrement de jaune et bleu. Au coup d’envoi, le peuple bayeusain aura également une grosse pensée pour Franck Leterrier, décédé des suites d’une longue maladie ce lundi. Une vraie figure du club avec 30 ans de présence que ce soit en tant que joueur et bénévole.
Avec une grosse pensée pour Franck Leterrier
Depuis le tirage au sort, juste avant les fêtes de Noël, le BFC, ses joueurs, son staff, ses dirigeants ont été submergés par une tempête médiatique. Téléfoot, RMC, L’Equipe… Tous les médias nationaux sont venus taper à sa porte, immortalisant le moindre instant de cette aventure. Fidèles à leurs habitudes, les Bayeusains n’ont refusé aucune sollicitation, témoignant d’une disponibilité incroyable pour ce rendez-vous d’une vie. Et comme un pied de nez à un monde professionnel qui, lui, a de plus en plus la fâcheuse tendance à tout verrouiller, par peur d’on ne sait quoi, la « bande de grands malades » d’Eric Fouda a montré qui dévoiler ses coulisses, ou tout du moins une partie, n’était pas incompatibles avec l’obtention de résultats.
A travers leur épopée, débutée à la mi-septembre sur le terrain de Cérences, Benjamin Renaux, Lucas Lefevre, Paul Aubel et leurs partenaires ont d’ailleurs reconcilié de nombreuses personnes avec le ballon rond. Si souvent décrié (à juste titre la plupart du temps), le football reste ce sport formidable qui rassemble les gens, dont certains ne s'y intéressent pas du tout à la base, permet de raconter des histoires merveilleuses et de vivre des émotions incroyables, même par procuration. Pour tout ça, on ne peut que remercier le BFC. Grâce à ce parcours, on a découvert des personnages attachants à l’image de « Mimi », incontestablement notre coup de cœur de cette édition 2025-2026. C’est pourquoi, quel que soit le résultat ce mardi soir contre l’OM, les joueurs du Bessin a déjà gagné. « Tu te rappelles quand Paul Aubel a marqué le troisième but contre Malherbe ». Voici un exemple de ce qu'on entendra à jamais. Désormais reconnus tels des rockstars dans les rues de leur ville, on se souviendrait d'eux et de leur formidable aventure dans des générations et des générations. Alors, supporters « Jaune et Bleu », vous savez ce qu’il vous reste à faire à d’Ornano : Faites du bruit, Bayeux !
> Coupe de France. 16e de finale - Bayeux FC (R1) / Marseille (L1), mardi 13 janvier à 21 heures au Stade Michel-d'Ornano.






