Préparer au mieux les candidats à une future montée en N3
Un vent de nouveauté s’apprête à souffler sur le R1. Depuis le début de l’année 2026, à l’initiative de la Ligue de Normandie (LFN), un groupe de travail formé de représentants de la LFN, des Districts, de clubs et de plusieurs familles du monde du football (arbitre, éducateur) planche sur l’avenir des compétitions régionales. Au cœur de ce projet, le passage du R1 senior en poule unique (contre deux actuellement), comme c’est déjà le cas pour les féminines, les U18 et les U16, soit tous les championnats débouchant sur une accession au niveau national. "Cela s’inscrit dans une démarche globale de structuration et d’harmonisation de nos championnats", indique Léo Rivière, responsable des compétitions pour l’instance normande. A terme, 14 équipes composeraient ce R1 au lieu de 24 aujourd’hui. Les deux formations les mieux classées seraient promues à l’étage supérieur.
"Notre objectif est de créer un véritable championnat normand, plus lisible et mieux exposé. Ce format permettra de gagner en clarté pour les acteurs comme pour les suiveurs du foot régional", estime Léo Rivière. "Ce nouveau R1 constituera une vitrine forte et attractive pour notre football, en valorisant ce niveau et en renforçant son attractivité". Pour accompagner ce R1 new look, un projet, qualifié "d’innovant", sera présenté aux clubs dans les prochaines semaines. "A terme, on est convaincus que cette réforme sera bénéfique pour tout le monde".
Pour la LFN, l’idée est également de faire face aux difficultés de « ses » clubs pour exister en N3 (lire ci-dessous). Alors que la saison dernière, cinq d’entre eux ont été rétrogradés au rang régional (FC Saint-Lô, FC Flers, AG Caen, Grand-Quevilly FC et ASPTT Caen), ils sont encore cinq cette année, sur les sept rescapés engagés dans cette division, à lutter, à des degrés divers, pour leur maintien (US Alençon, SU Dives-Cabourg, AS Trouville-Deauville-Villers, la réserve du SM Caen et Le Havre Caucriauville). L'objectif de la Ligue souhaite préparer au mieux les candidats à une future montée en N3.
Des changements aussi à l’étude en R2
Le R1 ne sera pas le seul concerné par cette réforme des championnats régionaux. Ce projet, qui s’étendra sur trois saisons (soit jusqu’en 2028-2029), prévoit également la réduction du nombre de poules en R2 à trois (de 12 ou 14 équipes), contre quatre actuellement. Avec une seule montée par groupe de R2, l’idée est de limiter à trois les descentes de R1 (dans le scénario où les relégations de N3 et les accessions de R1 s’équilibrent). En R3, les huit poules seront conservées. Pour absorber les rétrogradations des étages supérieurs, la création d’une neuvième est même à l’étude. Dans les deux options, elles seront composées de 12 formations.
Soumis aux votes des clubs à l’AG du 12 juin
Ainsi, le règlement de ce R1 à la formule nouvelle serait calqué sur celui de son homologue national, notamment autour de la question des remplaçants. Jusqu’à présent, au niveau régional, les entraîneurs peuvent utiliser 14 éléments différents par match, en procédant à autant de changements qu’ils souhaitent. Si cette réforme aboutissait, les coachs auraient le droit de faire entrer cinq joueurs, sortis du banc, sur trois cessions distinctes, en plus de la mi-temps (à l’image également de ce qu’il se passe en Ligue 1 et en Ligue 2).
Toutefois, ce projet - qui doit encore être affiné par le groupe de travail - est loin d’être entériné. S'il doit être validée, dans un premier temps, par le comité directeur de la LFN, il sera ensuite soumis aux votes des clubs à l’occasion de l’assemblée générale du 12 juin. Contrairement à la fin des poules géographiques qui est apparue pour cet exercice 2025-2026, il s’agit d’une obligation car il concerne la modification de la composition d’un championnat. Reste à savoir ce qu’en penseront les principaux concernés ? Dans l’hypothèse où elle serait adoptée, cette réforme ne verrait le jour que pour la saison 2027-2028.
Mathieu BILLEAUD
Le point de vue de…

Alors que « son » ASPTT effectue souvent le yo-yo entre les deux divisions, Laurent Dufour est parfaitement placé pour témoigner des difficultés à exister pour les promus normands en N3. ©Félix Raoulx / ASPTT Caen
"Pour un club 100% amateur, comme le nôtre, on constate, aujourd’hui, une vraie différence de niveau entre le N3 et le R1. C’est pourquoi, pour les équipes normandes qui aspirent à accéder à ce niveau, et à s’y maintenir, resserrer l’élite régionale peut devenir une option intéressante, surtout avec de nombreux clubs qui alternent déjà entre les deux divisions.
Afin de préparer au mieux nos clubs au N3, il me semble déjà important d’harmoniser les règlements sur le nombre de changements (lire ci-dessus), le calendrier, le nombre d’engagés… En R1, on a des poules de 12 contre 14 en N3, soit quatre matches en moins. Forcément, le rythme au niveau de l’enchaînement des matchs est moins intense. Ce sont tous ces détails qui en les additionnant font la différence.
En plus, avec une poule unique, le championnat serait mieux valorisé. Je pense que c’est une bonne solution intermédiaire. Bien sûr, il faut trouver un équilibre afin de ne pas pénaliser tous les clubs qui souhaitent continuer à évoluer au niveau régional".
> Laurent Dufour, entraîneur de l’ASPTT Caen (R1) et membre du groupe de travail de la Ligue de Normandie.






