Arthur David, le jeune adjoint en apprentissage express
Du haut de ses 25 ans, Arthur David est déjà l’adjoint n°1 d’Eric Fouda sur le banc du BFC depuis deux saisons. Le coach principal a fait appel à ses services pour venir le seconder dans le Bessin. Educateur depuis l’âge de 17 ans, il a croisé l'emblématique entraîneur à la JS Douvres où il était joueur et salarié. "C’est le meilleur coach que j’ai eu", ne passe pas par quatre chemins le jeune technicien. "Je n’avais pas dans l’idée de ranger les crampons, mais il m’a accompagné dans tous les passages de mes diplômes. Et quand il m’a contacté pour le rejoindre à Bayeux, je ne pouvais pas refuser. C’est quelqu’un avec qui je m’entends très bien. On a une relation fusionnelle. J’ai tout coupé pour être éducateur avec lui et prendre de l’expérience. Il a osé prendre un petit jeune et ça se passe bien". Le cadre est posé. Et cette progression se fait très rapidement.
Salarié à plein temps du BFC, contrairement à son mentor, Arthur David s’occupe de presque tout. "J’ai en charge la coordination des équipes, je suis sur le pôle partenaires et avec la R1. J’ai aussi un rôle d’éducateur avec les U11". Voilà quelques casquettes avec lesquelles il faut savoir jongler. "Le plus gros boulot, c’est de coordonner le groupe R1, gérer les déplacements, organiser les séances..." Eric Fouda, qui a repris un emploi de plombier, témoigne d'une grande confiance dans son adjoint à qui il délègue une grande part de l’organisation. "Eric a ses idées, et ensuite, on sépare en deux les séances. Je prends les procédés, la mise en place. Et lui prend la partie tactique, où il va pointer du doigt certains aspects avec chaque joueur".
"on sépare en deux les séances. Je prends les procédés, la mise en place. Et Eric prend la partie tactique"
Arthur David
Le jeune éducateur avoue qu’il est venu chercher dans le Bessin une expérience auprès d’un technicien réputé. À l’inverse, Eric Fouda a voulu miser sur le côté humain et la proximité que son bras droit peut entretenir avec les joueurs, qui pour la plupart ont à peu près son âge. D’ailleurs, cet aspect ne semble pas du tout un souci. "Mon travail est pris au sérieux parce qu'Eric est au-dessus. Et les résultats font que quand ça marche, tu es plus pris au sérieux aussi". Son apprentissage s’est encore accéléré avec cette aventure en Coupe de France. "C’est une expérience de fou. On ne s’attendait pas à ça. Toute une ville et tout un club sont autour de nous. La vraie bascule s’est faite quand on a battu Malherbe (7e tour. 3-2)". En première ligne dans l’organisation de cette affiche de gala contre l’OM, Arthur David accumule en une saison autant d’expérience qu’en plusieurs années.
Côme Thomasset de Longuemare, un préparateur physique en formation qui ne pouvait rêver mieux
Côme Thomasset de Longuemare (23 ans) est le préparateur physique du BFC. Il possède un très large champ d’action : préparation physique et de la réathlétisation de l’équipe dirigée par Eric Fouda, et aussi des U18 (R2), réathlétisation des joueurs de la réserve, motricité de l’école de foot, des babies jusqu’aux U13. Rien que ça. Encore étudiant en STAPS option entraînement et optimisation de la performance sportive à l’université de Caen, il est en stage longue durée depuis le 1er août. Ce membre du staff d'Eric Fouda avait déjà des affinités avec le club. "J’y ai joué pendant six saisons, de 9 à 15-16 ans. Je connaissais donc déjà la structure. Je suis né à Bayeux et j’ai fait toute ma scolarité ici. J’avais besoin d'un stage, je suis allé voir les dirigeants et ils m’ont dit Ok".
"Pour les matchs, j'ai mis en place une activation pour éviter les blessures, dans le vestiaire"
Côme Thomasset de Longuemare
Vu la largeur de ses prérogatives, l’étudiant possède un emploi du temps bien chargé. "Le master est fait de telle manière que ça favorise l’alternance, même si officiellement ce n’en est pas une. On a une semaine en cours puis deux semaines en structure". Son intégration avec les seniors n’était d’ailleurs pas l’objectif au départ. "Je n’étais pas prévu avec eux au début, mais je faisais du bon travail donc au fur et à mesure, on m’a intégré à partir d’octobre. Je n’ai pas fait la préparation estivale, mais cet hiver, oui". Le BFC restant un club amateur, il faut s’arranger au niveau des créneaux. Mais dans la pratique, Côme Thomasset de Longuemare a une fonction identique par rapport à un staff « pro » ou semi-pro. "Pendant que les joueurs sont en séance, je m’occupe de la réathlétisaion avec ceux qui en ont besoin".
Mais les missions de ce préparateur physique en formation peuvent varier. "On peut me demander de prendre un échauffement ou de mettre en place des protocoles d’avant séance. Par exemple, pour les matchs, j’ai mis en place une activation pour éviter les blessures, que l’on fait dans le vestiaire, à intérieur". Une approche qui ressemble à s’y méprendre à celle d’une structure « pro ». Le gros plus, c’est bien sûr cette aventure en Coupe de France qui n’était pas prévue. "C’est une chance d’être dans le groupe pour vivre ça". Une rencontre qu’il prépare un peu différemment des autres, mais pas à cause de l’adversaire. "Ce match n'est pas dans la continuité des autres. Il y a eu la trêve. L’approche est différente. On fait ce qui nous semble le plus pertinent, on s’adapte, on individualise. On met en place une charge de travail pour que les joueurs arrivent à leur top contre l’OM". C’est tout le mal qu’on leur souhaite.
Nathan Thebault, le futur « kiné » qui prépare et répare
Tout comme Côme Thomasset de Longuemare, Nathan Thebault (25 ans), le « kiné » du BFC, est lui aussi encore en formation et n’aime pas trop utiliser ce titre tant qu’il n’est pas diplômé. "On va dire que je suis bénévole au service du staff plutôt. Je suis en dernière année d’école de kiné. Je prépare au mieux les joueurs avec les connaissances que j’ai". Il côtoie la formation dirigée par Eric Fouda depuis un an. Et son arrivée résulte d'un concours de circonstances provoquées. "Je joue au handball avec le petit frère de Pierre-Mickaël Anquetil. Au détour d’une soirée, je me suis dit que ce serait bien si j’arrivais à suivre des sportifs parce que c’est ce que je veux faire plus tard. J’en ai discuté avec lui, je lui ai dit que bénévolement, je pouvais les suivre. Il en a parlé à Eric Fouda qui m’a donné son feu vert".
Cette opportunité, Nathan Thebault ne l'a donc pas laissé passer. "Je les ai suivis sur un match de R1, et ça s’est enchaîné". Pour un kiné en formation, cette expérience n'a pas de prix. "J’interviens surtout en avant match. Je prépare un peu musculairement les joueurs, je fais des straps. J’essaie de décharger le staff sur cette partie-là. C’est leur apporter un peu ce que je sais et ce que je connais pour les préparer au mieux avant une rencontre". Et en dehors, il reste à la disposition des joueurs en cas de pépins, surtout en après-match. "Je reste disponible. Ils m’envoient des messages, ou je leur en envoie un si j’ai vu qu’il s’est passé quelque chose pendant le match. Je leur donne mon avis, deux-trois petits exercices. Mais s’il faut avoir un avis médical, je leur dis de s’orienter vers un professionnel".
"Je prépare un peu musculairement les joueurs, je fais des straps. J'essaie de décharger le staff"
Nathan Thebault
Nathan Thebault intervient avant et après les matchs, et parfois pendant, quand les circonstances le permettent. "En championnat de R1, il ne peut y avoir que quatre dirigeants sur la feuille de match. Donc je reste en tribune et je descends dans le vestiaire à la mi-temps. En Coupe de France, on peut être six, donc il y a Côme et moi en plus. Je peux entrer sur le terrain en cas de besoin". Ce parcours exceptionnel en Coupe de France est une aubaine pour lui, car vivre ces émotions de l’intérieur reste le meilleur moyen d'acquérir de l’expérience. "C’est historique ce qu’on fait. Peut-être même que dans ma future carrière, je n’irai plus aussi loin". Même s'il devient kiné pour de grands sportifs ? "Il y a des équipes pros qui ne vont jamais jusque-là", tempère-t-il. Ce n’est pas faux. Et si le Bayeux FC réalise l'exploit contre l'OM, il poussera son expérience encore un peu plus loin.
> Coupe de France. 16e de finale - Bayeux FC (R1) / Marseille (L1), mardi 13 janvier à 21 heures au Stade Michel-d'Ornano.
Florian POLTEAU-GOMEZ






