Neuf. Ils seront neuf clubs régionaux présents sur la ligne de départ du 7e tour de la Coupe de France, ce week-end (15-16 novembre) : le Bayeux FC (R1), l’ASPTT Caen (R1), Yvetot AC (R1), le CMS Oissel (N3), l’US Avranches (N2), le FC Dieppe (N2), l’US Granville (N2), le SM Caen (N1) et Quevilly-Rouen Métropole (N1). Joueurs, entraîneurs, dirigeants, supporters… Tout au long de la semaine, on vous propose une série de reportages sur ces acteurs normands qui rêvent d’une épopée dans cette « Vieille Dame ».
*Pensionnaire de Ligue 1, le HAC effectuera son entrée en lice en 1/32e de finale le week-end des 19-20-21 décembre.
Taper Lorris Bruneau dans un moteur de recherche, c’est tomber sur son profil LinkedIn et, avant tout, des liens vers des sites en relation avec la chimie. En effet, le gardien du YAC est titulaire dans les cages yvetotaises, mais également d’un doctorat dans cette spécialité depuis 2023. L’objet de sa thèse passée à l’Université de Rouen Normandie : « Apport d'outils analytiques et chimiométriques sur l'étude de l'oxydation du bitume lors de simulation de vieillissements à long terme ». Et au milieu de ces résultats, seulement trois liens vers des bases de données de foot peu fournies. Pourtant, le portier est une figure bien connue du ballon rond dans Le Pays de Caux. La raison ? Il est l’homme d’un seul club. Né à Yvetot en 1995, il a intégré le club local dès l’âge de 6-7 ans. Il en a 29 aujourd’hui, et est donc ingénieur dans l’industrie pharmaceutique. "Maintenant, le foot est vraiment un loisir. Il y a deux-trois ans, j'avais stoppé pour passer ma thèse. Je continuais à m’entraîner un peu et à dépanner en cas de besoin". Une fois son doctorat en poche, il est revenu plus assidûment sur les terrains pour retrouver sa place.
Dès le départ, Lorris Bruneau avait le foot et plus particulièrement le poste d'ultime rempart dans le sang. "J’ai tout de suite voulu aller dans les buts". Et si on lui pose la question de la filiation, paradoxalement, il répond : "Non, je ne pense pas". Son père ne l’aurait donc pas influencé ? Difficile à croire quand on regarde le parcours du papa : passé par le FC Rouen, la réserve du HAC puis celle de l’AC Ajaccio, l’ASOA Valence où il a été titulaire en Division 2, et enfin le Red Star avant de finir sa carrière à l’US Quevilly. Le tout de 1989 à 2004. Fabrice Bruneau a donc connu une très belle carrière professionnelle entre l'antichambre de l’élite et CFA, avec 114 matchs disputés, coupes nationales comprises. "On a beaucoup voyagé quand j’étais jeune, on est revenu dans la région quand j’avais 6-7 ans à peu près. Ce n’est pas forcément mon père qui m’a donné cette fibre, mais dès le départ, je me suis dit que je voulais évoluer à ce poste".
S’en suit donc une fidélité à toute épreuve au YAC pour Lorris Bruneau, qui porte donc un regard particulier sur la seule équipe de sa vie. "Je le définirais comme un club familial. Depuis 22 ans, je connais tout le monde et je l’ai vu évoluer". Depuis l’arrivée de Sébastien Gruel aux commandes des seniors en 2013, le gardien a pu observer et mesurer les évolutions. "Je trouve que depuis Seb' est à la tête du club, de l’équipe première, cela a fortement évolué. C'est quand même lui qui gère beaucoup de choses et on s'est énormément structuré, avec beaucoup plus de licenciés. Même si on est nombreux, il y a quand même des liens entre les différentes catégories, avec les familles. On voit pas mal d'enfants venir le week-end avec leurs parents". Yvetot mise donc sur la proximité, mais fréquente tout de même le Régional 1 depuis l'exercice 2017-2018, même si rester à niveau devient de plus en plus compliqué (11e/12 après six journées disputées - 2N-4D).
Le rêve d'affronter Malherbe au prochain tour
"On se rend compte, surtout cette année, que c’est un championnat encore plus difficile. On a battu Saint-Lô, une très belle équipe (3-2 en Coupe de France, au tour précédent, les deux formations se retrouveront dans la poule B de R1). On joue des adversaires qui ne sont pas de notre gabarit, qui aspirent à retrouver le niveau national, avec des budgets bien plus conséquents". Conséquence, le club du Pays de Caux lutte plutôt pour son maintien. "On s’y attendait", explique Lorris Bruneau, un brin fataliste. "On a discuté un peu avec les joueurs de Flers après notre défaite chez eux (J7. 3-1, le 1er novembre), on ne vit pas dans le même monde". Malgré cette différence, le YAC est l'un des neuf rescapés normands encore présents de la Coupe de France. Et au 7e tour, les Seinomarins ne seront pas dépaysés puisqu'ils accueillent un autre pensionnaire de R1, taillé lui pour le haut de tableau : l’ASPTT Caen. "Les premiers tours n'ont pas été évidents, mais c'est la coupe. Ça se joue à l’envie, donc il en faut et s’il y en a en face, même contre une D1, c’est difficile".
Le gardien ne croit pas si bien dire. Sur trois des quatre tours passés, l'Yvetot AC l’a emporté par un but d’écart, quel que soit le niveau de l’adversaire, à chaque fois censé être inférieur sur le papier. En cas de qualification aux dépens de l'ASPTT, c'est par contre Lorris Bruneau et ses partenaires qui pourraient endosser le costume de Petit Poucet avec une possible confrontation face au Stade Malherbe (N1), si celui-ci se défait de Bayeux, ce qui en ce moment, n’est pas gagné d’avance. Le portier yvetotais, lui, aurait préféré tirer le SMC dès ce 7e tour. "On était un peu tous d’accord au club à ce sujet. Ça aurait été sympa de les recevoir. Là, on se dit qu’il y a une chance sur deux pour qu’on soit éliminés et qu’on ne connaisse pas l’ivresse de jouer une équipe supérieure. Contre l‘ASPTT, on ne part pas favoris et je pense que 80 % des gens les voient passer". Recevoir peut donc constituer un avantage pour tenter d’obtenir son billet pour le 8e tour. "On tourne habituellement à 300 spectateurs par match, on était à 500 ou 600 contre Saint-Lô. Là, j’espère qu’on sera un petit millier". Le Stade Municipal se prépare peut-être à chavirer dans l’irrationnel.
> Coupe de France. 7e tour - Yvetot AC (R1) / ASPTT Caen (R1), samedi 15 novembre à 18 heures au Stade Municipal d'Yvetot.
A lire aussi
> Entre Ibrahima Samoura, une courte mais belle histoire de foot






