La parole était définitivement à la jeunesse ce dimanche, au Stade Océane, jusqu’au micro du speaker. En avant match, Antoine, 12 ans, habitué de la tribune famille et vainqueur d’un concours réservé aux jeunes abonnés, a lancé les événements en épaulant énergiquement l’habituel maître de cérémonie, Jerrely Rousseau. Sur le terrain, Didier Digard, lui, a accordé sa confiance à la classe biberon du HAC. Cette confiance, la relève « Ciel et Marine » le lui a bien rendu. Avec pas moins de 12 éléments sur le flanc, le technicien a du composer une équipe qui a tourné à une moyenne d’âge de 22 ans, remplaçants compris ! Entre les éléments toujours engagés sur le front de la CAN (Mory Diaw, Lionel Mpasi, Fodé Doucouré et Ally Samatta), les forfaits sur blessure (Etienne Youté, Stephan Zagadou, Abdoulaye Touré, Reda Khadra, Thomas Delaine et Guy-Noël Zohouri), sans oublier la défection matinale d'Arouna Sanganté et la mise à l’écart d’un Younes Namli, sur le départ, la liste des absents était donc longue côté havrais. Au coup d’envoi, dix jeunes estampillés « Made in Cavée » figuraient sur la feuille de match pour affronter Angers. Le portier Paul Argney (19 ans), déjà titulaire en Coupe de France face à Amiens avant la trêve de Noël (32e de finale, élimination 2-0), a obtenu sa première titularisation en Ligue 1. Tout comme Kenny Quetant (19 ans), déjà apparu une douzaine de minutes en décembre à Lyon (J16. défaite 1-0). L'avant-centre qui s'est particulièrement signalé contre le SCO en ouvrant le score, débloquant son compteur but parmi l’élite.
Sur le banc également Alex Texeira (18 ans), gardien remplaçant, Adams Diabaté (20 ans), Thierno Bah (19 ans) et Thomas Rousseau (17 ans) qui, eux, n’ont pas fêté leur baptême du feu en Ligue 1. À l’inverse, l'ex-entraîneur niçois n’a pas hésité à faire entrer Noam Obougou (19 ans), Daren Mosengo (18 ans) et Enzo Koffi (19 ans). Et avec succès puisque ces jeunes pousses se sont notamment illustrés après un temps faible pour les « Ciel et Marine » quand Angers a égalisé par Louis Mouton (55'). Après avoir vu Paul Argney se montrer solide sur sa ligne (60’, 64’), les remplaçants lancés ont eu le rôle de « clutch player », comme on les appelle en NBA. Avec leur envie, leur insouciance et leur détermination, ils ont prouvé qu’ils avaient leur place, remettant le HAC sur de bons rails. "Les entrants nous ont apporté leur peps et nous ont faits beaucoup de bien. Je pense que c'est surtout mentalement que l'équipe a été forte, parce que ce n'est pas évident de concéder un but dans la situation que l'on traversait jusqu'ici. Ils ont été forts mentalement, ils ont gardé le cap et ça leur a souri. Je suis vraiment très satisfait", a réagi Didier Digard après la rencontre.
Premier but chez les « pros » pour Kenny Quetant et Noam Obougou
Alors que son contrat stagiaire arrive à terme au 30 juin et qu'il n'a pas toujours signé « pro », Kenny Quetant, suivi notamment en Angleterre, a montré qu'il avait l'étoffe pour assurer en attaque. Sa maîtrise balle au pied, ses feintes de corps, ses prises d’intervalle et son jeu dos et face au but de Melvin Zinga, par ailleurs lui aussi formé au HAC, ont fait des merveilles. Et que dire de son premier but en Ligue 1. Un peu chanceux après un contre favorable, Félix Mambimbi servait le jeune attaquant, qui transmettait à Rassoul Ndiaye qui lui remettait en une-deux. Il ne se posait alors aucune question et envoyait une frappe pure dans les filets (21’). Sa prestation a logiquement satisfait son coach : "C'était vraiment un domaine dans lequel je l'attendais, où il était vraiment très perfectible sur ces semaines avec nous. Et là, il a été vraiment très bon dans le jeu plus que dans la finition. La finition, je n'ai aucun doute et dans le jeu, il a vraiment été très bon. On a vu que ça lui permettait aussi de se mettre en confiance, de réussir ses ballons et de participer au jeu".
Noam Obougou, déjà apparu 17’ contre le Paris FC (J15, 0-0) et à Lyon également (12’), a de nouveau fait son apparition sur l'aire de jeu. Son hyperactivité l’a très vite mis en valeur et il a été l'un des éléments détonateurs du jeu havrais. En témoigne l’ouverture également de son compteur dans l’élite à l’issue d’un joli mouvement. Sur une touche dans leur camp, les Angevins ne parvenaient pas à se dégager. Le ballon était alors intercepté par Rassoul Ndiaye, encore lui, qui transmettait au jeune « aspirant » qui accélérait, prenait de vitesse la défense adverse côté gauche et envoyait le ballon entre les jambes de Melvin Zinga (81’). "Noam, c'est un joueur de profondeur, donc il faut qu'il arrive à mieux lire les situations et qu'il accepte de moins participer au jeu pour se retrouver plus haut sur le terrain et prendre la profondeur. Il a beaucoup de puissance", témoignait Didier Digard. "Il est perfectible d'un point de vue technique. C'est pour ça qu'aujourd'hui, j'ai préféré qu'il soit en pointe plutôt que sur un côté. Il a pris un virage dans sa mentalité, dans sa manière de vouloir progresser et aujourd'hui, il est sur une pente ascendante". À la vue de son efficacité, tout comme celle des autres joueurs « Made in Cavée » qui ont eu leur chance ce dimanche, il y a fort à parier qu’on va les revoir, et très vite.






