Arouna Sanganté, Gautier Lloris, Etienne Youté, Loïc Nego, Abdoulaye Touré, Yassine Kechta, Issa Soumaré… Cette liste, celle des Havrais en fin de contrat au 30 juin, a de quoi causer des vertiges à n’importe quel supporter « Ciel et Marine ». Et encore à la mi-janvier, elle comportait un nom supplémentaire, et non des moindres, celui de Rassoul Ndiaye. Mais depuis le milieu relayeur, qui s’est véritablement imposé en Ligue 1 cette saison (troisième élément le plus utilisé par Didier Digard), a prolongé son engagement avec le HAC jusqu’en 2028 ! "J’étais un peu redevable envers Mathieu Bodmer et son staff. J’avais donné ma parole. Ils sont venus me récupérer à Sochaux, en lâchant une somme qu’ils auraient pu économiser en attendant que mon ancien club coule", a expliqué l’international Sénégalais quelques jours après l’officialisation de son nouvel bail.
Pour ses coéquipiers dans un cas de figure identique, par contre, c’est le calme plat. Ce n’est pas faute, pourtant, d’essayer. "Tous ces joueurs ont reçu des propositions sérieuses, solides et très respectueuses", a annoncé le président Jean-Michel Roussier après la clôture du mercato d’hiver, dans notre podcast en partenariat avec Tendance Ouest et Le Courrier Cauchois. "J’ai eu une offre du club, un contrat dans la grille haute des salaires", a confirmé Gautier Lloris il y a une poignée de semaines, en conférence de presse. Sauf que pour le moment, ni lui, ni un autre n’y a répondu favorablement. Cette situation contractuelle n’empêche pas les principaux concernés de faire le job sur le terrain, comme en attestent les résultats depuis le début de l’année 2026. "Je demande à tout le monde de respecter le maillot, de défendre les couleurs à 100%, de s’entraîner au maximum…", a prévenu Mathieu Bodmer avant la trêve de Noël. "Le plus important, c’est d’être juste, transparent et de rendre un peu au club ce qu’il a donné à certains".
"Vous imaginez bien que de ne pas les prolonger serait une énorme déception pour le club"
Jean-Michel Roussier
Pour le HAC, les enjeux, tant sur le plan sportif que financiers, sont considérables. Arouna Sanganté, Gautier Lloris, Loïc Négo et Issa Soumaré sont, aujourd’hui, des titulaires indiscutables dans le onze de Didier Digard. Une fois qu’il aura recouvré l’intégralité de ses capacités physiques, Abdoulaye Touré postulera également dans cette catégorie. Et compte tenu de leur âge, de leur expérience de la Ligue 1 (respectivement 66 et 85 apparitions), de leur marge de progression, Arouna Sanganté et Yassine Kechta (tous les deux âgés de 23 ans), pour ne citer qu’eux, représentent une belle valeur marchande. Le site spécialisé Transfermarket évalue le défenseur central à 8 M€, 5 pour le milieu Franco-marocain. "Vous imaginez bien que de ne pas les prolonger serait une énorme déception pour le club", a avoué sans détour, Jean-Michel Roussier, en évoquant ces deux éléments « made in » Cavée Verte.
Une liberté qui pourrait se retourner contre son bénéficiaire
Des prolongations d’autant plus capitales que la seconde source de revenu principale du HAC, les droits TV, est complètement tarie, ou presque. C’est pourquoi la direction havraise a proposé au mois de janvier une alternative aux concernés : un transfert. "On a averti les conseillers des joueurs que nous souhaitions qu’ils étudient un possible départ", a indiqué Jean-Michel Roussier. Problème, encore faut-il recevoir des offres qui satisfassent tout le monde. Ce qui fut loin d’être le cas. "Pour qu’un départ se concrétise, il faut que les trois parties prenantes, nous, le joueur et le club demandeur tombent d’accord. Sinon, ça relève de l’utopie et ça ne sert à rien d’en parler". Mais l’Etat-major des « Ciel et Marine » n’a pas perdu tout espoir de conserver ces garçons en question. "La saison n’est pas terminée et je n’exclus pas de prolonger un, deux, peut-être trois d’entre eux", a souligné, dans un élan d’optimisme, le président du doyen du football français.
"Entre un joueur libre et un jeune, les clubs préféreront investir sur le second"
Mathieu Bodmer
Pour convaincre ces éléments libres au 1er juillet de poursuivre l’aventure en « Ciel et Marine », le board havrais dispose d’un atout dans sa manche : l’état du marché des transferts, notamment dans notre pays. "Il y a 10-15 ans, se retrouver en fin de contrat, c’était le jackpot. Tu prenais la prime à la signature, le gros salaire…", rappelait le directeur sportif Mathieu Bodmer. Désormais, l’équation a changé. "Il y a beaucoup de fins de contrat dans tous les clubs, pas seulement en France, dans toute l’Europe, dans le monde... Aujourd’hui, tu peux aller chercher des joueurs partout". Sans oublier la concurrence incarnée par une relève qui frappe de plus en plus fort à la porte.
"On a de nombreux jeunes dans les effectifs de Ligue 1. Tu le vois chaque week-end avec des n°33, 34, 36 qui rentrent (des numéros réservés à ceux n’étant pas encore passé professionnels). Aujourd’hui, entre un joueur libre et un jeune, les clubs préféreront investir sur le second", expose Mathieu Bodmer. "Il faut lancer des jeunes, leur faire signer un premier contrat pro et espérer qu’un club anglais ou allemand vienne te sauver (économiquement). Forcément, ça laisse moins de place pour des joueurs confirmés". A entendre le « patron » sportif du HAC, cette liberté pourrait se retourner contre son bénéficiaire. "La saison dernière, on a des garçons en fin de contrat qui ont mis du temps à retrouver un projet, qui ont galéré… D’autres sont partis à l’étranger, parfois pour des destinations auxquelles ils n’auraient pas pensé au départ. D’une manière générale, beaucoup de joueurs restent sur le carreau". Une leçon à méditer peut-être pour certains et une aubaine pour le club doyen.
> L1. J25 - Brest (9e - 33 points) / Le Havre AC (13e - 26 points), dimanche 8 mars à 17 H 15 au Stade Francis-Le Blé.






