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D1F. J4 - Le Havre / Soyaux, vendredi 2 octobre à 18H30 au Stade Océane

Elodie Policarpo et Margaux Huaumé-Danet ont grandi avec le HAC

Résumé

Hormis les Américaines Ashley Clarke, Deja Davis et Jesse McDonough arrivées en 2017, elles sont les plus « anciennes » joueuses du HAC. Depuis deux ans, Elodie Policarpo et Margaux Huaumé-Danet ont accompagné la progression de l'équipe havraise, promue en D1. Alors qu'elles découvrent depuis quelques semaines cette première division sous le maillot « Ciel et Marine », les deux jeunes femmes sont notamment revenues sur leurs débuts, le développement de la pratique féminine, le privilège de jouer au Stade Océane et le rôle, prépondérant, du président Vincent Volpe dans cette aventure.

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Elodie Policarpo et Margaux Huaumé-Danet sont arrivées toutes les deux au HAC en 2018. Elles comptent parmi les plus anciennes de l'effectif. ©Emmanuel Lelaidier
Elodie Policarpo et Margaux Huaumé-Danet sont arrivées toutes les deux au HAC en 2018. Elles comptent parmi les plus anciennes de l'effectif. ©Emmanuel Lelaidier
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Des débuts avec les garçons

"J'étais la seule fille"

Si, désormais, une majorité de clubs disposent d'une section féminine, c'était loin d'être le cas il y a 20-25 ans quand Margaux Huaumé-Danet et Elodie Policarpo ont signé leur première licence. "J'étais la seule fille", se rappelle la Savoyarde. Discours identique pour sa partenaire dont les débuts avec le ballon rond remontent à la cours de récréation. "Je me suis pris un ballon en pleine tête. Je m'en souviendrai toujours", en sourit-elle aujourd'hui. L'attaquante du HAC a, elle, suivi son frère aîné, Anthony. "C'était un peu mon idole. On jouait ensemble dans le jardin". Dans un univers quasi-exclusivement masculin à l'époque, l'intégration ne fut pas forcément évidente. "Qu'est-ce qu'elle fait là ?", "Elle s'est perdue", sont des réflexions qu'elles ont souvent entendues.

Bien aidées par leurs qualités ballon aux pieds, les deux jeunes femmes ont constaté l'évolution des mentalités. "Derrière, j'ai été surprotégée. Il ne fallait pas que quelqu'un me touche", raconte Margaux Huaumé-Danet. "Pour mon dernier match avec les garçons, j'ai mis un petit pont. Mon adversaire l'a mal pris. Il m'a donné un énorme coup d'épaule. J'ai fini dans la rambarde. Tous mes coéquipiers sont venus pour me défendre". La fin de la mixité (autorisée jusqu'à l'âge de 15 ans en France) avec le passage dans des équipes 100% féminine, ne fut pas non plus une chose aisée à gérer. Tant d'un point de vue logistique (trouver un nouveau club à proximité de son domicile) que sur le plan sportif (avec un niveau de jeu qui leur corresponde). "Je me suis demandée si j'allais arrêter le foot", ne cache pas Elodie Policarpo.

Le développement du foot féminin

"Jamais je n'aurais imaginé devenir professionnelle"

Soutenue par la FFF, la pratique féminine - boostée par l'organisation de la Coupe du Monde en 2019 (avec, entre autres, sept affiches au Stade Océane) - a connu une croissance impressionnante dans notre pays ces dernières saisons. "C'est fou", n'en revient quasiment pas Margaux Huaumé-Danet qui n'aurait "jamais imaginé devenir professionnelle* (…) Quand j'ai débuté, limite, le football féminin n'existait pas". "On n'était tellement pas reconnu à l'époque qu'aujourd'hui, c'est une fierté. En plus, chaque année, on constate une évolution. C'est encourageant pour la suite", se félicite une Elodie Policarpo faisant référence, entre autres, à l'annonce de la Fédération brésilienne qui va, désormais, accorder des primes équivalentes entre les hommes et les femmes.

Au regard de ce développement, les deux joueuses regrettent presque d'être nées trop tôt. "Quand je vois les jeunes filles de l'école de foot au HAC, elles ont des étoiles plein les yeux. Elles ont une chance énorme", estime Margaux Huaumé-Danet dont le projet havrais a bousculé la vie de sportive. "Avant le HAC, en Normandie, il n'y avait rien pour les joueuses comme moi". En témoigne son parcours. Avant de rejoindre les « Ciel et Marine », celle qui est passée aussi par Cormelles-le-Royal évoluait à l'Avant-Garde Caennaise, l'une meilleures structures de la région, en… DH ! "Par rapport aux autres clubs que j'ai connus, ici, c'est complètement différent. On se sent valorisées. On nous donne les moyens pour réussir", complète l'expérimentée Elodie Policarpo.

*Toutes les joueuses du HAC se trouvent sous contrat fédéral et se consacrent à plein temps professionnellement au football.

Favorables à la mixité pour les plus jeunes

Comme la grande majorité des joueuses de leurs générations, Elodie Policarpo et Margaux Huaumé-Danet ont tapé dans leurs premiers ballons avec des garçons ; ce qui n'est plus forcément le cas désormais avec la multiplication des sections spécifiquement féminines. Une volonté fédérale. "Je suis très contente du développement du football féminin mais en ne mélangeant plus les filles avec les garçons, elles progressent moins vite", regrette Margaux Huaumé-Danet.

"Une fille qui a joué avec les garçons, ça se remarque direct. Personnellement, si je n'avais pas été avec les garçons, je n'aurais pas la même technique. Si demain, j'ai une fille qui veut faire du foot, je lui dis : « Va avec les garçons »". "Jusqu'à un certain âge, on devrait favoriser la mixité. Ça forge le caractère et ça te pousse à aller aux duels", prolonge Elodie Policarpo qui partage le même avis que sa coéquipière. La solution se trouve peut-être dans le compromis. "Aujourd'hui, vous avez des équipes 100% féminines qui évoluent dans des championnats masculins. Je trouve que c'est bon équilibre", avance Margaux Huaumé-Danet.

Les matches à domicile à Océane

"Le plus beau stade d'une équipe féminine"

Preuve de la reconnaissance dont jouissent les coéquipières de Jesse Mc Donough au HAC, elles disputent quasiment toutes leurs rencontres à domicile au Stade Océane, y compris quand elles fréquentaient le championnat de R1 dans un passé pas si lointain (lors de l'exercice 2017-2018). Une volonté de Vincent Volpe. Loin d'être anodine pour les filles de Thierry Uvenard. "On a le plus beau stade", n'hésite pas une seconde Margaux Huaumé-Danet. "Même Lyon, sauf pour les grandes affiches de Ligue de Champions, n'a pas cette chance", enchaîne Elodie Policarpo. Forcément, avec une capacité de 25 000 places, l'enceinte havraise sonne parfois un peu creux quand les « Ciel et Marine » s'y produisent. Pas de quoi les rebuter.

"On entend souvent des gens nous dire : « Pourquoi vous n'allez pas à La Cavée Verte ? La tribune serait pleine. Vous auriez l'impression qu'il y a plus de monde » sauf que pour nous, c'est un geste très fort de la part du club, du président, qui nous touche énormément. C'est juste un bonheur de jouer dans ce cadre, sur une pelouse aussi belle, de pouvoir accueillir nos familles", souligne Margaux Huaumé-Danet. "Vous savez, entre le football masculin et féminin, il n'existe pas beaucoup de domaines où l'équité prime. Là, on a vraiment le sentiment d'être prises au sérieux. On n'est pas la petite équipe qu'on fait jouer sur un terrain annexe". "Et puis même s'il y a peu de monde, ça fait du bruit, ça résonne, les gens crient", témoigne Elodie Policarpo. "Quand on a affronté le PSG (en quart de finale de Coupe de France, en janvier 2018), il n'y avait peut-être que 3 000 personnes mais l'ambiance était dingue", se remémore Margaux Huaumé-Danet.

Le soutien du président Vincent Volpe

"Les Américaines l'appellent Vince"

Si le HAC a, aujourd'hui, une équipe féminine en D1, le club doyen le doit en grande partie à un seul homme : Vincent Volpe. Une implication présidentielle dont sont parfaitement conscientes ses joueuses. "Quand il est en France, il ne rate jamais un de nos matches à domicile", indique Margaux Huaumé-Danet. "Il descend toujours dans les vestiaires pour nous dire un petit mot. Il nous dit quand c'est bien, moins bien", poursuit Elodie Policarpo. "Quand il le faut, il nous remonte les bretelles", lance sa partenaire.

Pour leurs coéquipières américaines arrivées au début de l'aventure (Ashley Clarke, Deja Davis, Jesse McDonough), Vincent Volpe est bien plus qu'un dirigeant. "C'est comme un papa pour elles", souligne Margaux Huaumé-Danet. "Quand il a été les chercher aux Etats-Unis, il a dit à leur famille de ne pas s'inquiéter, qu'il les prenait sous son aile". "Elles ont son numéro personnel. Si elles ont un problème, elles lui téléphonent directement", explique Elodie Policarpo. Une proximité qui se traduit dans le langage utilisé. "Nous, on l'appelle président ou monsieur, elles, c'est Vince", témoigne les deux Françaises. Question de culture.

D1F. J4 - Le Havre (6e - 4 points) / Soyaux (8e - 3 point), vendredi 2 octobre à 18 h 30 au Stade Océane.

Elodie Policarpo

> Née à Sallanches (Haute-Savoie). 30 ans.

Attaquante. 1,78 m.

Parcours : Mont-Blanc, Sallanches, Chenois (Suisse), Evian TG (R1-D2), Albi (D1), Le Havre (D2-D1, depuis 2018).

Margaux Huaumé-Danet

Née à Caen. 25 ans.

Milieu de terrain. 1,70 m.

Parcours : Sarceaux, Argentan, Flers, Cormelles-Le-Royal (U19 nationaux-D2), AG Caen (R1-D2), Le Havre (D2-D1 depuis 2018).

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