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CDF Féminine. 1er tour fédéral - CA Paris (R1) / SM Caen (R1), dimanche 21 novembre

Comme le Stade Malherbe, Emilie Giffaut veut encore grandir

Résumé

Jusqu'alors insatiables et invaincues toutes compétitions confondues, les féminines du Stade Malherbe s'apprêtent à embarquer dans l'aventure fédérale de la Coupe de France. Elles ont en effet rendez-vous avec le CA Paris, leader de sa poule de Régional 1. Pour poursuivre leur parcours, les Caennaises compteront plus que jamais sur leur milieu de terrain Emilie Giffaut. Véritable plaque tournante de l'édifice bâti par l'entraîneure Anaïs Bounouar, l'ancienne joueuse de Flers est tout aussi ambitieuse que son club avec lequel elle rêve de gravir les échelons.

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Véritable pilier de l'équipe d'Anaïs Bounouar au milieu de terrain, l'Ornaise Emilie Giffaut rêve de gravir les échelons avec le club centenaire. ©Damien Deslandes
Véritable pilier de l'équipe d'Anaïs Bounouar au milieu de terrain, l'Ornaise Emilie Giffaut rêve de gravir les échelons avec le club centenaire. ©Damien Deslandes
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Quand, en 2018, le Stade Malherbe cherchait à relancer sa section féminine sous l'impulsion de l'ex-président Fabrice Clément et se cherchait des hommes et femmes de bases pour porter son projet, Emilie Giffaut, joueuse du FC Flers alors âgée de 21 ans prospectait de son côté pour une nouvelle aventure. "Sur ma dernière année à Flers, j’étais joueuse et éducatrice et j'étais un peu essoufflée", confie l'actuelle milieu de terrain du SMC. "Le club m’avait confié des garçons mais ne prévoyait pas de me donner une équipe première. On peut dire que le projet à Malherbe est tombé à pic, c’était une belle opportunité pour moi". Alors qu'elle avait côtoyé sa future joueuse tandis qu'elle intervenait sur le BMF (Brevet de Moniteur de Football), l'entraîneure Anaïs Bounouar avait tout de suite décelé qu'elle serait un atout considérable tant dans son équipe que pour la structure. "Elle m'a très vite dit qu'elle souhaitait que je vienne en tant que joueuse et en tant qu'éducatrice, c'était un souhait pour elle d'avoir des filles à qui elle peut transmettre ce qu'elle veut pour la section".

"Le projet à Malherbe est tombé à pic, c'était une belle opportunité pour moi"

Il n'est donc pas usurpé de dire que le Stade Malherbe et Emilie Giffaut se sont parfaitement trouvé. Désormais, l'Ornaise partage son temps au club entre l'équipe première où elle est l'une des principales cadres et son rôle d'éducatrice auprès des U16 Féminines ; un poste qui l'occupe 15 heures par semaine. "Je mène quatre séances par semaine avec ma section ainsi que les matches le samedi", précise cette passionnée de football. "La particularité, c'est qu'on joue contre des U15 garçons qui évoluent en deuxième division de district. On est très content car ça nous permet d'avoir face à nous une adversité intéressante".

Comme une majorité de joueuses, Emilie Giffaut a commencé le football au sein d'équipes mixtes. Dans une famille imprégnée par le ballon rond, elle a d'abord suivi son grand frère avant de développer une passion profonde pour ce jeu. "Le football, j'ai toujours vécu ça comme un plaisir mais à un moment donné, je me suis dit que j'aimerais multiplier les instants où je peux jouer au football", explique celle qui a la particularité d'avoir fréquenté les sections sportives de Brécey et du lycée Jean-Rostand de Caen. "Mon passage à Brécey, c'était vraiment top", se souvient-elle. Un moment décisif de sa vie de sportive qui a largement concouru à lui offrir l'aisance balle au pied qui est aujourd'hui la sienne et sa capacité à digérer de multiples séances d'entraînement hebdomadaire. 

Se jauger et passer un cap en Coupe de France

Véritable pilier du Stade Malherbe, Emilie Giffaut a été de tous les matches cette saison et n'a manqué qu'une titularisation contre Evreux (J6. 2-1, le 7 novembre) où elle s'est « contentée » d'entrer en jeu. Dotée d'une belle technique et d'une excellente vision de jeu, elle est principalement utilisée comme milieu de terrain, dans un rôle de sentinelle, en charge de guider sa défense. "J’ai toujours joué dans un poste axial", confie-t-elle. "Ce qui ressort, je pense, c’est ma qualité technique à ce poste-là. Avec Anaïs, j’ai joué aussi défenseure centrale". Capable aussi d'armer des frappes lourdes, l'ex-joueuse de L'Aigle sait la charge qui pèse sur ses épaules en termes de jeu. Une mission qu'elle prend à bras-le-corps avec grand plaisir, sans aucune pression. "Anaïs a choisi ses joueuses au milieu de terrain pour produire du jeu et avoir la possession du ballon. L'idée pour nous, ce n'est pas de balancer sinon les joueuses au milieu ne servent plus à rien". Contre des oppositions pas toujours homogènes, Emilie Giffaut et les Caennaises ne perdent jamais leur but : jouer et surtout bien le faire.

"On se sait attendues. Peu importe le match qu'on joue, les équipes en face ont envie de nous faire perdre"  

Ce dimanche, le Stade Malherbe va basculer dans de l'inédit avec un déplacement au CA Paris, pensionnaire du Régional 1 d'Île-de-France ; un niveau réputé supérieur à celui de la Normandie. Habituées à se tester contre des formations bretonnes, Emilie Giffaut et ses partenaires vont découvrir le savoir-faire francilien. "Comme nous, les filles du CA Paris sont invaincues en championnat (huit victoires en autant de matches) donc ce sera l'occasion de nous jauger", estime la Malherbiste de 24 ans. "L’objectif en Coupe de France, c’est d’aller le plus loin possible. On aimerait bien rencontrer des formations qui évoluent à un niveau supérieur au nôtre". Pour atteindre cet objectif, il va falloir sortir un grand match.

Qu'à cela ne tienne, aussi attrayante que soit la parure de la Coupe de France, l'objectif tout désigné pour le SMC reste bel et bien de se rapprocher de la montée en D2. Emilie Giffaut ne s'en cache pas mais estime que le chemin reste long. "On se sait attendues chaque week-end et peu importe le match qu’on joue, les équipes en face ont forcément envie de nous faire perdre. On n'est toutefois pas les seules à avoir des ambitions, les filles de Quevilly ont aussi annoncé viser les barrages et on ne les a pas encore jouées". En R1 comme en Coupe de France, le Stade Malherbe possède en Emilie Giffaut un vrai leader, avide de nouveautés et de progression, une joueuse en quelque sorte à son image. "Je me suis toujours dit que si je pouvais accéder au haut niveau, j’y serais allée volontiers", expose l'ancienne pensionnaire de La Ferté-Frênel. "Ça ne s'est jamais présenté mais comme je l'ai dit, le Stade Malherbe est arrivé au bon moment. Suivre l'équipe dans son ascension, ce serait parfait".

> Coupe de France Féminine. 1er tour fédéral - CA Paris (R1) / SM Caen (R1), dimanche 21 novembre à 14 H 30.

Le Havre, Alençon, QRM et Rouen Plateau-Est sont sur le pont

En Normandie, il n'y a pas que le Stade Malherbe qui va essayer de se frayer un chemin jusqu'en 1/32e de finale de la Coupe de France ce week-end. Actuelles deuxièmes de leur groupe de Division 2, les joueuses du Havre vont effectuer leur entrée en lice sur le terrain de Valenciennes, pensionnaire du Régional 1 des Hauts-de-France.

Rescapés comme le SMC des tours régionaux, QRM et Rouen Plateau-Est n'ont pas été logés à la même enseigne à l'heure du tirage au sort. Alors que Quevilly-Rouen partira avec la faveur des pronostics à domicile devant Beauvais (R1), les Rouennaises devront pour leur part se déplacer chez une formation de D2, Lens. De leur côté, pour leur baptême du feu à ce niveau de la compétition, les Alençonnaises du duo Jérémie Monnier et Emmanuel Mauger devront faire fort pour se qualifier. C'est en effet sur le terrain d'une équipe de D2, Orléans, qu'elles vont goûter pour la première fois aux 1/64e de finale de la Coupe de France.

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Aurélien RENAULT

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