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Coupe de France. 3e tour - Hastings RCSMN (D1) / Bretteville/Odon (R2) 3-2, 2-4 tab

[INSIDE] Hastings aurait tellement mérité les maillots

Résumé

Au terme d'un match à rebondissements, Hastings RCSMN (D1), en dépit des deux divisions d'écart avec son adversaire, a poussé dans ses retranchements Bretteville-sur-Odon (R2) en étant seulement éliminé à l'issue de la séance des tirs au but (3-3, 4-2 tab). Malgré la déception légitime au regard du scénario de ce 3e tour de la Coupe de France, les joueurs de Jimmy Blaskevic ont fait honneur à leur nouveau club, né cet été de la fusion entre Rots et Cheux-Saint-Manvieu-Norrey. De la partie de pétanque le matin à la cruauté du dénouement final en passant par la causerie du coach, retour sur cette journée que les coéquipiers de Florian Puget ne sont pas près d'oublier.

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Partie de pétanque le matin, causerie du coach Jimmy Blaskevic, préparation dans les vestiaires... Le club d'Hastings RCSMN nous a ouvert les portes de son 3e tour de la Coupe de France.
Partie de pétanque le matin, causerie du coach Jimmy Blaskevic, préparation dans les vestiaires... Le club d'Hastings RCSMN nous a ouvert les portes de son 3e tour de la Coupe de France.
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Avant-match

Pétanque, tennis-ballon et la Peña Baiona !

Pour ce rendez-vous historique, jamais aucune des deux structures composant cette fusion opérée durant l'intersaison (Rots et Cheux-Saint-Manvieu-Norrey) n'avait atteint le 3e tour de la Coupe de la France, la préparation débute par... une partie de pétanque autour du coach Jimmy Blaskevic ! Alors que ses joueurs ont été convoqués au Stade Benoît Costil trois heures avant le coup d'envoi pour partager un repas en commun, l'ambiance est détendue. Et musicale sous l'impulsion de Maxime Bouchaud dit « Fiston », le DJ attitré de l'équipe dont la playlist est pour le moins éclectique : du rap français à Céline Dion en passant par la Peña Baiona, pour le plus grand plaisir du président David James. Mais le football n'est pas très loin à l'image ce tennis-ballon improvisé par quelques joueurs après le déjeuner autour de la main courante.

"S'il y en un qui me dit qu'il ne croit pas qu'on puisse aller chercher les maillots, il a des c... et il se barre"

A 13 h 45, le ton devient plus sérieux. C'est l'heure de la causerie de l'entraîneur dans le club house où sont affichées les consignes tactiques. Des messages d'encouragement des absents du jour (blessés, non retenus) sont aussi accrochés dont celui Thomas Gilles, l'habituel capitaine qui prendra en charge l'échauffement quelques minutes plus tard. "Si là, tout de suite, il y en a un qui me dit qu’il est juste là pour passer un bon moment et qu’il ne croit pas qu’on puisse aller chercher les maillots (dévolus aux formations qualifiées pour le 4e tour), il a des c... et il se barre", lâche, plein de conviction, Jimmy Blaskevic.

"Ce ne sont pas que des paroles. Il faut rentrer sur le terrain en se disant qu’on a 50% de chance de passer, autant qu’eux (il le répète plusieurs fois)... Si vous y croyez, il va se passer quelque chose. C’est vous qui allez déclencher tout ça. Par contre, si vous subissez le match, si vous regardez jouer l'adversaire parce que c’est une R2, vous allez vous faire trimballer", met en garde le technicien qui aimerait tant que son groupe signe l'exploit. "C'est une histoire qu'on construit ensemble les mecs. On a déjà marqué l'histoire de ce club mais on peut encore écrire un nouveau chapitre. Si je suis là, c'est pour l'aventure humaine. Quand on va se croiser dans dix ans, j'ai envie qu'on se dise : « Tu te rappelles cette épopée ». On peut le faire, pour nos supporters, nos bénévoles, nos proches, notre président (David James) qui donne tout pour vous".

Le match

Six buts, trois penalties, trois expulsions...

Trois penalties, autant d'expulsions, six réalisations, des rebondissements à la pelle et au final, une qualification qui se décide lors de la séance des tirs au but. Les quelque 300 spectateurs qui s'étaient massés autour de la main courante du Stade Benoît Costil n'ont pas perdu leur dimanche. "Nous, on sait qu’on joue une R2, eux ne savent pas qu’ils affrontent une très belle D1", avait lancé Jimmy Blaskevic durant sa causerie. Les Brettevillais s'en sont vite rendu compte. Et pour cause, le chronomètre n'est pas déclenché depuis 60 secondes qu'Hastings RCSMN ouvre la marque par l'intermédiaire de Damien Delaunay (1-0). Difficile de rêver d'une meilleure entame. Toutefois, ce « derby » entre deux clubs quasi-voisins est (très) loin d'être terminé. Il bascule même dans l'irrationnel à la moitié de la première période.

"Nous, on sait qu'on joue une R2, eux ne savent pas qu'ils affrontent une très belle D1"

En l'espace de cinq minutes, l'arbitre siffle deux penalties, un de chaque côté, et dégaine un carton rouge ! Résultat, à la 25', les locaux - qui avaient concédé l'égalisation malgré la parade sur penalty de Florian Gueroult - mènent 2-1 mais se retrouvent à dix. Auteur du deuxième but d'Hastings, David Pupin dit « Patate » est prié de quitter prématurément le terrain. Une décision vécue comme une profonde injustice. En supériorité numérique, Bretteville-sur-Odon pense avoir fait le plus dur au retour des vestiaires grâce au deuxième et troisième but de Nicolas Duhaze (2-3, 61').

Mais pas question de rendre les armes pour Hastings. Surtout qu'en quatre minutes, le pensionnaire de R2 se retrouve à neuf (76') suite à deux expulsions (pour un second avertissement à chaque fois) ; ce qui a le don de mettre en colère Eddy Lemarchand (on peut le comprendre), le coach des visiteurs, qui doit lui aussi passer de l'autre côté de la main courante. Les acteurs de cette rencontre complètement folle ne sont pas au bout de leurs émotions. A deux minutes de la fin du temps réglementaire, M. Alexandre Palin, décidément très en vue (certainement un peu trop), désigne de nouveau le point de penalty, pour la troisième fois de l'après-midi, la deuxième en faveur des hommes de Jimmy Blaskevic. Le capitaine Florian Puget ne tremble pas (3-3, 89') et offre à son équipe les tirs au but. A bout de force, ses partenaires voient deux de leurs tentatives stoppées par Stephen Follerot, le portier adverse. Et si « l'homme en noir » s'emmêle les crayons dans ses comptes, sifflant la fin alors qu'il restait encore, au minimum, un tir, c'est bien Bretteville qui arrache son billet pour le 4e tour.

L'après-match

La satisfaction d'avoir donné une belle image du club

"Votre plus belle victoire, c'est de rendre fier vos proches et les supporters". Pendant sa causerie, Jimmy Blaskevic avait fixé le cap. Et ses garçons ont parfaitement respecté la consigne. Car s'ils ont été éliminés, impossible de leur formuler le moindre reproche tant ils ont été au bout d'eux-mêmes. En témoigne, le capitaine Florian Puget qui a fini avec le crâne ouvert après un duel aérien un peu trop musclé. D'ailleurs, Eddy Lemarchand, l'entraîneur de Bretteville, ne s'y est pas trompé en venant féliciter un par un ses adversaires à la sortie du terrain. "C'est rare mais je ne suis même pas déçu", avouait son homologue d'Hastings. "Après ce match, je n'en veux pas un qui n'ait pas le sourire. D'ailleurs, ce n'est pas une défaite. On l'avait annoncé, chez nous, personne ne nous bat. On n'a pas vu la différence de niveau entre les deux équipes". Pourtant, deux divisions les séparent.

"Votre plus belle victoire, c'est de rendre fier vos proches et les supporters"

Forcément, il y a de quoi nourrir des regrets, notamment à cause de cette expulsion précoce de David Pupin. "Dommage qu'on ait passé 70' à dix", déplorait Jimmy Blaskevic. Désormais, il souhaite que ce parcours en Coupe de France laisse un héritage. "On a battu le record d'affluence du club. Sur le terrain, c'était un régal. On leur avait demandé de faire vibrer les spectateurs, leur famille. Maintenant, on veut que les gens reviennent pour les matches de championnat". La D1 : le prochain objectif d'Hastings RCSMN avec à moyen terme le projet d'accéder en R3.

"On a le potentiel, on a tout pour y aller même si c'est loin d'être simple", prévient le président David James. "La D1, c'est un championnat qui n'est pas facile (avec cette saison, six descentes pour deux montées sur une poule comprenant 14 équipes), il y a beaucoup de réserves de clubs régionaux. Ça bataille, ça mailloche". Dans cette optique, l'élimination en Coupe de France, en dépit de la déception à chaud, n'est peut-être pas une si mauvaise nouvelle que ça. "Vous savez, la coupe, c'est énergivore. Il faut bien rester concentré sur ce qui nous anime", avait prévenu Jimmy Blaskevic la semaine précédant ce 3e tour. Avant d'ajouter dimanche soir : "J'espère qu'on ira chercher le R3 avec ce groupe génial". C'est tout le mal qu'on leur souhaite.

Une fusion où tout le monde est gagnant

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La nouvelle entité Hastings RCSMN compte désormais trois équipes seniors et 65 licenciés.

Difficile de rêver mieux qu'un 3e tour de la Coupe de France pour lancer une nouvelle aventure. Alors que les deux entités s'étaient déjà rapprochées via leurs écoles de foot respectives, regroupées sous l'entité Thue et Mue jusqu'à présent, Hastings Rots et Cheux-Saint-Manvieux-Norrey ont définitivement fusionné cet été. Et le moins que l'on puisse affirmer, c'est que la greffe a parfaitement opéré. Il faut dire que chacun avait des atouts dans son jeu ; la dynamique sportive d'un côté, les installations de l'autre. Résultat : Hastings RCSMN, de son appellation désormais, dispose de trois équipes seniors pour 65 licenciés (en D1, D2 et D4, chacune évoluant dans un stade différent : la première à Rots, la réserve à Saint-Manvieu et la « C » à Cheux). "C'est une belle réussite", se félicite le coach Jimmy Blaskevic. "On n'aurait pas misé dessus. On y a passé deux mois en contactant chaque joueur des deux clubs".

Cette fusion a aussi permis d'apporter un second souffle à l'école de foot. "L'objectif, c'est de la labelliser", dévoile le président David James qui table, dès cette saison, sur 120 jeunes, des U7 aux U15. Pour atteindre cet objectif, une équipe d'éducateurs a été constituée autour d'Anthony Lavallée, le responsable, avec, entre autres, Théo Brumand, qui est en train de passer son BMF en apprentissage, Ugo Gravent et Jocelyn Kranjc, qui a travaillé à La Réunion et à la PSG Academy. Un partenariat est également sur le point de se nouer avec La MOS (R1).

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