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Les jeunes footballeuses normandes viennent de vivre une aventure inoubliable

Parties sur les traces des Bleues, les U16 de l'AG Caen ont vécu un séjour anglais de rêve

Résumé

Après de longs mois de préparation en amont et une impatience grandissante, les U16 féminines de l'Avant-Garde caennaise sont parvenues à passer 5 jours en Angleterre pour aller vivre l'Euro féminin sur place. Au programme : un incroyable France-Italie (5-1), un sympathique Suède/Pays-Bas, des rencontres contre des joueuses britanniques et une ribambelle d'imprévus qui ont conduit les joueuses caennaises jusqu'au JT de TF1 et qui leur ont permis de côtoyer en chair et en os quelques unes des leurs idoles tricolores. Voici, en quelques paragraphes, le récit du séjour sportif le plus pétillant de l'été en Normandie.

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Les jeunes joueuses de l'AG Caen et leurs encadrants se sont faits entendre lors du duel entre les Bleues et les Italiennes, dimanche soir à Rotherham. ©AGC
Les jeunes joueuses de l'AG Caen et leurs encadrants se sont faits entendre lors du duel entre les Bleues et les Italiennes, dimanche soir à Rotherham. ©AGC
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Il y a des débuts de grandes vacances plus mémorables que d'autres et pour les U16 de l'Avant-garde caennaise, ce mois de juillet 2022 risque de rester gravé pour longtemps. Du vendredi 8 au mardi 12 juillet, 20 jeunes footballeuses du club et une poignée d'encadrants sont en effet partis à l'aventure dans le nord de l'Angleterre. Le pourquoi du comment de ce périple ? L'Euro féminin 2022 organisé au pays de Sa Majesté, bien sûr. "L'idée revient au père d'une de nos joueuses, Thibaut (Madelaine) qui a fait ses études à Sheffield", raconte Benoît Sauveur, le coach. "C'est lui qui m'a proposé le projet il y a un an en me disant que ce serait bien qu'on aille voir un match". De fil en aiguille, l'idée a fait son chemin et a vite convaincu les dirigeants du club et bien sûr les familles des joueuses de la mener à son terme.

 "Un journaliste de TF1 est venu nous interviewer à la fin du match, c'est un truc de fou"
Lilie, Défenseuse

Initialement pensé comme un jumelage finalement trop dur à réaliser, le road trip a tout de même permis aux joueuses caennaises de pratiquer le football sur place et bien sûr d'aller assister à des rencontres. Mais alors que seule l'entrée en lice des Tricolores contre l'Italie le dimanche 10 juillet avait été ciblée, la délégation normande a finalement aussi eu la possibilité d'assister au sympathique Pays-Bas/Suède de la veille. "Sur ce match, on ne pensait pas être aussi près de la pelouse", raconte la jeune défenseuse Lilie Guilloux-Chanu, plus qu'émerveillée par son séjour. "Ça m'a impressionné, il y avait beaucoup de monde, les Suédois et les Néerlandais ont mis une superbe ambiance". Une belle mise en bouche avant le feu d'artifice du lendemain.

Comme une vaste majorité des quelques supporters tricolores eux aussi présents au stade de Rotherham dimanche, Lilie, Bruna, Axelle et les autres n'imaginaient pas qu'elles assisteraient à un récital des Françaises lors du premier acte (5-0 à la mi-temps, 5-1 au final). "Moi j'étais dans un rêve, comme tout le monde au stade je pense", confie Lilie. "On a mis du temps à s'en remettre, on en a beaucoup parlé entre nous. On était derrière le but où les 5 buts français ont été marqués. Un journaliste de TF1 est venu nous interviewer à la fin du match, c'est un truc de fou, ça a pris une vraie ampleur". Conscientes des éclats de voix et des encouragements nourris que leur ont réservé les Caennaises toute la partie durant, Wendy Renard, Eve Périsset, Sakina Karchaoui et quelques autres Tricolores ont pris le temps de venir saluer leurs jeunes supportrices avant de jouer le jeu des selfies et des dédicaces après un passage par la case vestiaires. Vous avez dit classe ?

Un voyage riche en surprises et en rencontres 

Au final, bien que les deux rencontres, et notamment la première période éblouissante des Bleues, aient été délectables, le grand temps fort de ces quelques jours anglais est en fait venu d'un événement imprévu. "Sur la route pour rejoindre notre auberge le premier jour, on a décidé de s'arrêter à Ashby car on savait que les Bleues y avaient leur camp de base", relate Benoît Sauveur. "Par pur hasard, on est tombé sur une dame anglaise qui était dans son jardin qui connaissait la gérante du complexe où logeaient les joueuses. Elle nous a laissé l'adresse".  Bien que convaincus qu'ils se feraient refouler, les voyageurs caennais ont tout de même pris la direction du complexe hôtelier de Champneys Springs où ils ont fini par être autorisés à assister à 20 minutes d'échauffement. Un privilège. "Je suis choquée de ce qui s'est passé, c'était énorme, on a été interviewé par des journalistes, on est passé à la télé, c'était comme dans un rêve", confie Lilie Guilloux-Chanu. Même nos confrères du Parisien se sont penchés sur le voyage sportif des jeunes Caennaises.

"on est tombé sur une dame anglaise [...] qui connaissait la gérante du complexe où logeaient les joueuses"
Benoît Sauveur

Au-delà d'aller jouer les supportrices bienvenues pour des footballeuses françaises nettement abandonnées par leurs fans, les joueuses de l'AG Caen en ont donc aussi profité pour jouer au football sur place. "Nous avons disputé deux matchs, un contre une équipe de Barnsley qu'on a remporté 3-0 et un autre contre une formation qui s'est avérée être la sélection des meilleurs joueuses du Yorkshire", précise le coach. Menées 3-0 à la pause, les Caennaises ont finalement décroché un 4-4 salvateur avant de perdre aux tirs au but. Anecdotique. "Les filles en face avaient un gabarit énorme, un gros niveau", confie Lilie Guilloux-Chanu. "Quand on a égalisé, ça nous a procuré des émotions énormes. D'autant que moi, c'était mon dernier match avec le club car je vais rejoindre le Stade Malherbe".

Quand il a imaginé ce séjour à la fois sportif et culturel, Thibaut Madelaine ne pouvait certainement pas penser une seule seconde qu'il avait visé aussi juste pour marquer durablement les jeunes footballeuses. "On a pu échanger nos contacts avec quelques joueuses qu'on a affronté", poursuit Lilie. "Il y a une joueuse de Barnsley avec qui on parle sur les réseaux et l'Avant-Garde accueillera d'ailleurs l'équipe en France l'année prochaine". Si elle aura garni les rangs malherbistes d'ici là, inconcevable pour la jeune défenseuse de 15 ans de ne pas venir assister à la rencontre ce jour-là. "Les filles ont vécu des émotions fortes, elles ont pu découvrir un autre football, une autre culture", se réjouit Benoît Sauveur. "Certes, on aurait aimé être logés dans des familles, ça aurait été un peu plus riche, les filles auraient davantage parlé anglais mais ça n'enlève rien au fait que ce séjour aura été exceptionnel". Avis aux amateurs pour s'embarquer en Nouvelle-Zélande et en Australie pour le Mondial l'été prochain !

Aurélien RENAULT

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