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Alors que son équipe première s'est complètement relancée en R1...

Sans renier ses racines, La MOS veut tendre vers l'élite

Résumé

Pour la première fois de son histoire, La MOS a décroché le label élite de la Fédération française (concernant les catégories U6 à U19). Une distinction qui constitue la concrétisation de la nouvelle politique de formation instaurée depuis trois ans par le manager général Frank Dechaume et son bras droit Medhi Hocianat.

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En présence de Joël Bruneau, le maire de Caen, mais également de Pierre Leresteux, le président de la Ligue de Normandie, La MOS a reçu le label élite de la FFF. Seuls 65 clubs l'ont obtenu cette saison.
En présence de Joël Bruneau, le maire de Caen, mais également de Pierre Leresteux, le président de la Ligue de Normandie, La MOS a reçu le label élite de la FFF. Seuls 65 clubs l'ont obtenu cette saison.
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En ce samedi du mois de novembre, toute la famille de La MOS, joueurs, éducateurs, dirigeants, s'était donné rendez-vous au Stade Joseph-Déterville. Il faut dire que l'occasion était belle. En présence de Joël Bruneau, le maire de Caen, mais également de Pierre Leresteux, le président de la Ligue de Normandie, La Maladrerie Omnisports a reçu le label élite de la FFF (lire encadré Le label élite, c'est quoi ?). Une première dans l'histoire du club présidé par Thierry Deslandes ! En France, ils sont seulement 65 à l'avoir obtenu cette saison (ils s'ajoutent à ceux qui l'ont validé en 2018 et en 2017).

Quel chemin parcouru depuis juin 2017 et la nomination de Frank Dechaume comme manager général. "Il y a trois ans, le club n'avait que le label espoirs, soit le plus petit niveau", rappelle Medhi Hocianat, le responsable du pôle formation, arrivé en même temps que l'ex-entraîneur des U19 du Stade Malherbe. Une distinction qui vient récompenser la nouvelle organisation mise en place par ce duo en termes de formation (voir le tableau ci-joint). "Historiquement, La MOS est un club de masse (environ 600 licenciés après en avoir compté jusqu'à 750). Tout en conservant cette philosophie du football pour tous, on a décidé de faire évoluer ce modèle pour pouvoir faire du loisir comme de l'élite", lance en préambule Frank Dechaume.

Le label élite, c'est quoi ?

Pour Mylène Pannier, conseillère technique régionale à la LFN : "Le label, c'est la reconnaissance de la structuration de votre club au niveau des jeunes (des U6 aux U19). C'est un outil de diagnostic pour les clubs qui leur permet de procéder à un état des lieux, de voir ce qui fonctionne et ce qui peut être amélioré".

Valable pour une durée de trois ans, le label comporte quatre volets (associatif, éducatif, sportif et encadrement-formation) ainsi que trois niveaux de distinction (espoir, excellence et élite, de la moins à la plus élevée). "Ce sont comme des étoiles au Guide Michelin", compare Medhi Hocianat, le responsable du pôle formation de La MOS. En Normandie, 17 clubs l'ont actuellement* dont la moitié devra le renouveler en 2020 en présentant un nouveau dossier.

*Alençon, Avranches, Bayeux, Bois-Guillaume, SM Caen, Dieppe, Evreux, Flers, Gisors, Granville, La Maladrerie, Le Havre AC, Mondeville, Pacy-Ménilles, Quevilly-Rouen, FC Rouen, Saint-Lô.

Un projet transversal pour l'ensemble des catégories

Aujourd'hui, peu importe votre niveau de pratique, à La MOS, des débutants aux U15, vous avez la possibilité de taper dans le ballon rond. Et vous pouvez même y revenir quelques années plus tard puisque depuis cette saison, une équipe senior loisir a vu le jour (en remplacement de la C qui évoluait en District). Une formation où se mélangent différents types de public. "Par l'intermédiaire d'une association caennaise, Aroéven, on fait notamment jouer des migrants ; ce qui répond au volet social cher à notre ancien président, Jean-Claude Guillouf (et actuel président d'honneur)", indique le manager général maladien.

"Quand les gens regardent jouer nos U15, nos U18 ou nos seniors, ils se disent : « Ça, c'est la Mos »"

En parallèle de cette section loisir, ce club de quartier a développé un véritable projet transversal englobant l'ensemble des catégories. "Si on s'en donne les moyens, on peut très bien faire de la formation dans un club amateur", affirme Frank Dechaume. De la plateforme vidéo interne pour revisionner ses matches pour les U19 et les seniors* à la séance supplémentaire le samedi matin pour les joueurs non retenus le week-end (une idée empruntée à Francis De Taddeo, l'ex-directeur du centre de formation du SM Caen) en passant par la structure médicale (médecin, kinésithérapeute, osthéopathe…), La MOS a poussé très loin les détails de cette politique.

"On essaie d'avoir une ligne directrice avec un climat d'apprentissage et un modèle de jeu associé pour chacun de nos cinq pôles (Animation et Découverte, Académie, Pré-Formation, Formation et Seniors). L'idée, c'est que quand les gens regardent jouer nos U15, nos U18 ou nos seniors, ils se disent : « Ça, c'est La Mos ». Je veux qu'on reconnaisse un style de jeu estampillé La MOS. En arrivant chez les seniors, nos gamins doivent disposer des billes nécessaires pour pratiquer le jeu qu'on souhaite". Pour cela, un staff d'éducateurs, "possédant des préceptes communs", a été constitué et des responsables de pôles nommés. "On a formé en interne en faisant passer des diplômes. Et puis en complément, on a cherché des personnes qui correspondaient à nos besoins".

La création d'une section sportive dans un lycée

Et le club du président Thierry Deslandes commence à récolter les premiers fruits de cette politique. Des U14 aux U18, toutes les équipes fréquentent la plus haute division régionale (R1). Loin d'être anodin dans une Normandie réunifiée. "C'est absolument essentiel de maintenir ces niveaux-là pour faire de la qualité", martèle Frank Dechaume. Surtout, de plus en plus de jeunes formés sur place garnissent les rangs des équipes seniors des « Rouge et Gris ». "Dans notre réserve (R3), qu'on considère comme la dernière étape de notre processus de formation, ils représentent 50%. Pour cette équipe, on affiche une moyenne d'âge de 21 ans", souffle Medhi Hocianat. "On veut former des joueurs pour notre équipe première (R1) mais aussi pour les clubs professionnels à proximité, et en particulier le Stade Malherbe", ajoute Frank Dechaume.

"en ouvrant cette section sportive, je pense qu'on fera grandir la région en matière de qualité"

Un prestigieux voisin dont La Maladrerie ambitionne de devenir l'un des partenaires privilégiés dans un avenir à court terme principalement à travers son projet de création d'une section sportive dans un lycée. Une structure qui n'existe pas à ce jour sur le bassin caennais. "On considère qu'on se trouve au maximum de nos possibilités. Aujourd'hui, si un jeune caennais veut s'entraîner cinq fois par semaine et qu'il n'est pas pensionnaire du centre de formation du SMC, il doit s'expatrier au lycée Littré à Avranches", regrette Frank Dechaume et Medhi Hocianat. Avant d'ajouter. 

"D'ailleurs, c'est un dossier qui peut concerner plusieurs clubs de l'agglomération, pas uniquement La MOS. En ouvrant une section sportive, je pense qu'on fera grandir la région en matière de qualité, en N3, en R1... Peut-être qu'un club pourra enfin être capable de pérenniser une équipe en U17 et en U19 nationaux. C'est une anomalie que dans une ville comme Caen, seul Malherbe y parvienne. Plus il y aura de jeunes mieux formés, plus les clubs du secteur seront performants. Ça bénéficiera à tout le monde. C'est pourquoi je pense que le Stade Malherbe a aussi des choses à y gagner". Réponse dans les prochains mois.

*Début juillet, de nouveaux bureaux administratifs, deux vestiaires avec un accès direct au terrain d'honneur et une salle de musculation ont été inaugurés au Stade Joseph-Déterville. En phase d'aménagement, une salle spécifique pour la vidéo va également voir le jour.

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