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N1. J26 - Quevilly-Rouen / US Avranches, vendredi 19 mars à 18H à Diochon

En coulisses, l'US Avranches continue de se structurer

Résumé

Présence de quatre équipes dans les divisions nationales, construction d'un centre d'entraînement, modernisation du Stade René-Fenouillère… Si elle éprouve des difficultés cette saison en championnat avec une place de premier relégable au soir de la 25e journée, l'US Avranches, présent à ce niveau depuis 2014 (seul Boulogne-sur-Mer évolue en N1 depuis plus longtemps) poursuit sa mutation en interne afin de se construire un avenir.

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Semaine après semaine, le camp d'entraînement flambant neuf de l'US Avranches sort de terre.
Semaine après semaine, le camp d'entraînement flambant neuf de l'US Avranches sort de terre.
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Le seul club amateur à compter quatre équipes au niveau national

L'USAMSM ne se résume pas uniquement à son équipe fanion en N1. Leaders à l'arrêt prématuré des compétitions en mars il y a un an (à cause de la pandémie de la Covid-19), les U19 Avranchinais ont retrouvé les joutes du championnat de France après deux exercices à l'échelon régional. Conséquence, le club manchois, avec également sa réserve et ses U17, compte de nouveau quatre équipes évoluant dans les divisions nationales. Une performance loin d'être banale puisqu'il est le seul dans le monde amateur pour cette saison 2020-2021. "C'est une fierté et une récompense pour nos éducateurs. Ils font du super boulot. Ils sont aussi bons que ceux qui bossent dans les clubs pros", lâche, sans une once d'hésitation, le président Gilbert Guérin. "A moins d'accéder un jour à la Ligue 2, on est au plafond dans toutes les catégories (avec également des U18, U16 et U15 en R1)*. Il n'y a que notre « C » (R2) qui a raté la montée pour un point".

Ne pouvant rivaliser avec ses voisins rennais, caennais et havrais en termes de formation, l'USAMSM parvient, malgré tout, à tirer son épingle du jeu en attirant des jeunes qui n'ont pas été happés par les structures professionnelles. "On essaye de les faire progresser. L'avantage, chez nous, c'est que les jeunes jouent et avec des U17, des U19 et une réserve au niveau national, on propose une continuité à haut niveau", met en avant le dirigeants avranchinais. La section sportive du lycée Emile-Littré, la seule existante sur le territoire de l'ex-Basse-Normandie pour ce type d'établissement scolaire, constitue un atout non négligeable. Pour le club manchois, le défi consiste, désormais, à maintenir ce niveau de pratique sur le long terme. Une perspective qui n'effraie nullement Gilbert Guérin. "Hormis une ou deux années où une équipe est descendue, ça fait déjà un petit moment qu'on présente des équipes sur le plan national".

*Pour que la réserve d'un club accède en N2, l'équipe première doit évoluer, au minimum, en L2.

3,5

Le montant en millions d'euros, de l'investissement total sur les infrastructures de l'US Avranches : complexe d'entraînement + Stade René-Fenouillère.

> Sur l'enceinte avranchinaise, la Ville et la Communauté d'agglomération ont engagé 1 M€ avec la pose d'une pelouse hybride sur le terrain d'honneur à l'été 2019. Quelques mois auparavant, les vestiaires avaient été entièrement rénovés aux normes N1-L2. "Pour une petite ville comme Avranches, les collectivités ne pouvaient pas faire plus", souligne Gilbert Guérin. Le club manchois a mis, lui, la main à la poche à hauteur de 500 000 € pour l'agrandissement du siège, la construction du bâtiment VIP (l'USAMSM compte 140 entreprises-partenaires) et l'achat des panneaux LED (120 000 €).

Pour le camp d'entraînement, 2 M€ ont été nécessaires afin de le financer avec des subventions de la Région Normandie, du Département de la Manche, de l'Etat, de la FFF et du mécénat d'entreprise. L'USAMSM a également injecté 200 000 € provenant de son quart de finale de Coupe de France contre le Paris Saint-Germain (en avril 2017). "Cette somme correspond à la part de recette que nous avaient laissé les dirigeants parisiens", rappelle Gilbert Guérin qui envisage de baptiser l'un des cinq terrains au nom du PSG.

Un centre d'entraînement à faire pâlir des clubs « pros »

D'ici une poignée de semaines, l'USAMSM va se doter d'un camp d'entraînement flambant neuf sur une surface de sept hectares située sur la plaine de Saint-Martin-des-Champs (une commune rattachée à Avranches depuis le 1er janvier 2019). Si les terrains appartiennent à la Ville d'Avranches, le club manchois en a l'usufruit via la signature d'un bail emphytéotique d'une durée de 18 ans. Ce centre va abriter un bâtiment de 1 000 m2 comprenant cinq vestiaires dont un spécialement dédié à l'équipe première, une salle de musculation, un espace de soins (cryothérapie, salles pour les kinés, les médecins…), une boutique, des bureaux administratifs… "Tout comme un grand petit club", s'amuse Gilbert Guérin.

Ce complexe sera également équipé de cinq terrains dont un synthétique homologué, trois à quatre d'entre eux seront éclairés. S'agissant des pelouses en herbe, elles seront drainées et arrosées. Dans cette optique, un puits artésien (d'où l'eau jaillit spontanément ou par forage) a été creusé et une citerne d'une capacité de 15 000 litres a été installée. "On a entrepris une démarche écologique", annonce le président avranchinais d'un club qui a décidé de faire de son camp un véritable poumon vert à travers la plantation de 280 arbres, arbustes et haies. Une campagne de financement participatif a été lancée offrant la possibilité à des particuliers ou à des entreprises (sous la forme de mécénat) d'acheter « leur » arbre moyennant 99 €. "Ils sont partis comme des petits pains", se félicite le dirigeant normand. Comme il en avait été convenu avec la Ville, un chemin piétonnier a aussi été réalisé. Il permettra notamment aux enfants du quartier (le centre se trouve dans une zone pavillonnaire) de se rendre à leur école en toute sécurité.

Une SASP prochainement mise en place

Jusqu'à présent sous statut associatif, l'US Avranches va dans les prochains mois créer une SASP (Société anonyme sportive professionnelle) à l'image de son homologue de Concarneau. "C'est une obligation légale au risque d'être sanctionné par la DNCG (Direction nationale de contrôle et de gestion)", explique Gilbert Guérin. "On est en infraction par rapport au règlement depuis trois ans". La raison ? Le club manchois (37 salariés au total entre les joueurs, le staff et le personnel administratif) affiche, en moyenne, sur les trois dernières saisons une masse salariale supérieure à 1,2 M€. "Légèrement supérieure dans notre cas mais c'est l'une des conditions obligatoires", ajoute le président normand.

Toutefois, ce changement de statut ne devrait pas bouleverser le quotidien de l'USAMSM. "Je vais devenir président de la SASP et à mes côtés, il y aura un président de l'association. Celle-ci sera chargée de la partie amateur (avec notamment les équipes de jeunes)".

Stade René-Fenouillère : le projet d'acheter des tribunes modulables

En dépit de la pose d'une pelouse hybride et de la rénovation des vestiaires (lire Le Chiffre), le Stade René-Fenouillère est loin de répondre aux standards pour le monde professionnel. Alors, bien sûr, si, aujourd'hui, une montée en Ligue 2 n'est absolument pas d'actualité, le cahier des charges a déjà été étudié. Rien que la mise aux normes de l'éclairage nécessiterait un investissement, au minimum, de 600 000 €. Et quid de la capacité de l'enceinte avranchinaise ? "Il n'y a aucune obligation à ce sujet et de toute façon, je ne vois pas l'intérêt d'avoir un stade de 10 000 places quand tu sais que la moyenne des spectateurs en Ligue 2 tourne autour de 3 000 personnes. Il nous faut une capacité en adéquation avec la taille de notre ville (10 000 habitants)", prévient le président de l'USAMSM qui songe à acquérir des tribunes modulables sur le modèle du club de rugby de Lyon au début des années 2000. "Tu ne les montes que quand tu en as besoin (ex : pour une affiche de Coupe de France)".

Mais le développement de l'US Avranches ne passe pas forcément par une accession, dans un avenir plus ou moins proche, à l'étage supérieur. "Ce n'est pas notre ambition", assure Gilbert Guérin. "Nous, ce que l'on souhaite, c'est être professionnel dans une future Ligue 3 (qui se substituerait au N1)". La création d'une troisième division « pro » constitue un cheval de bataille pour le dirigeant manchois. "Ça avance. Je ne désespère pas d'y arriver". Et en général, quand le président de l'US Avranches veut quelque chose, il l'obtient.

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