Adama Diakité ne possède pas un parcours traditionnel, il sait ce qu’il a connu pour en arriver au Stade Malherbe, et s’oblige à tout donner sur un terrain. C’est pour cette raison qu’il ne se met pas de pression. "D'où je viens, je n'ai pas le temps d'avoir la pression, de ne pas être motivé. Je prendrais ça carrément pour un manque de respect envers ma famille. J'ai vraiment envie de tout donner, ne pas tricher". L’ailier gauche de 26 ans n’est donc pas un joueur formaté, ni dans le discours, ni dans le parcours. Il n’a pas connu les détections jeunes ni les centres de formation. Après avoir débuté à l’UJA Alfortville puis au CO Vincennes, il signe au Saran FC en 2019, à 20 ans, où il effectue ses premiers pas en National 3. Fini l’emploi dans une célèbre enseigne de fast-food, place au football. "Même quand j’étais chez Burger King, je travaillais et j'avais un petit contrat civique. Et j’étais vraiment heureux parce que je m'entraînais quatre fois par semaine, j'étais tranquille. Tout en étant performant, je commençais à voir la tournure que ça allait prendre". Mais aurait-il imaginé cette trajectoire ? Pas sûr.
S’ensuit une progression continue, la N2 avec le Bergerac Périgord FC, l’Angoulême CFC puis Trélissac FC. Ensuite, c’est le grand saut vers Clermont Foot, alors en Ligue 1. Seulement, il est envoyé immédiatement en prêt en deuxième division suisse au FC Biel-Bienne pour la fin de saison. De retour en Auvergne, il ne connaît pas les joies de l’élite et revient en Dordogne avant de signer à Villefranche-Beaujolais, pour sa première expérience en N1, puis le Stade Malherbe tape à sa porte. "Ici, ça change de ce que j’ai connu avant, même à Clermont. Caen est un club avec une grande ferveur. Les gens qui viennent à l'entraînement, les supporters, il y en a beaucoup. C’est très professionnel, les kinés, le stade, les infrastructures… On est dans des conditions optimales pour performer". Et ces installations, notamment médicales, il a pu les tester, lui a passé du temps à l'infirmerie durant la préparation à cause d'une inflammation à un tendon rotulien qui n'avait jamais été vraiment été soignée. "Tu es blessé, tes collègues s'entraînent, tu restes en salle, tu bosses, c'est vraiment compliqué parce que quand tu signes dans un grand club comme le Stade Malherbe, tu as envie de prouver, de montrer de quoi tu es capable".
Il sait plus que quiconque ce qui attend Caen cette saison
À la vue de son parcours atypique, hors de question de se plaindre de quoi que ce soit. "Vu d’où je viens, j’ai toujours envie de prouver et j’ai envie de faire le mieux possible". Désormais dans une équipe avec des joueurs qui ont connu le très haut niveau et certains plus de son profil, Adama Diakité ne s'en fait pas une montagne et pense que l’addition de ces expériences fait l'atout de cette équipe caennaise version 2025-2026. "Ce ne sont pas les mêmes vécus, mais c'est ça qui fait la force de notre groupe. Il y en a qui ont joué très haut, Vinicius était au Brésil… C’est une force, parce que tout le monde va apporter son petit truc. Les gens d’en haut vont nous ramener de l'expérience et nous, les gens d'en bas, on sait qu'on ne va pas tricher. On sera là, on va tout donner". Son entraîneur Maxime d’Ornano essaie d’amener le plus de positif possible pour que l’ensemble du club se remette sur des bons rails, et Adama Diakité est sur la même longueur d’onde. Pour lui, le groupe vit bien, malgré des attentes élevées et une tension qui peut apparaître au moindre faux pas.
"On est un groupe positif, il n'y a vraiment pas le feu. On est tranquille, ce n'est que la troisième journée. On est tous positifs, on est tranquille, on bosse. On a un coach qui fait tout bien, on sait que ça va payer dans tous les cas". Et ce même face à des adversaires qui voient le Stade Malherbe comme un ogre de ce troisième échelon national et qui donnent tout face à lui. "Franchement, c'est difficile, parce qu'ils ont vraiment envie. C'est le match d'une vie pour eux de jouer face à Caen, et franchement, ce déplacement à Fleury sera très très compliqué. Je l'ai vécu un peu l’année dernière, quand tu joues contre une grosse équipe, c'est un match de coupe de France. Les joueurs, ils sont généralement bons, mais contre nous, ils sont vraiment forts parce qu'ils veulent montrer des choses. Il y a une surmotivation". Pour répondre à cet élan qui va leur faire face toute la saison, l’attaquant sait que l’équipe devra hausser son niveau de jeu, sous risque de déconvenue comme lors de la défaite à domicile contre Versailles (2-0). "On doit montrer qu'on est capable de performer, que ce soit à Fleury ou contre n'importe qui, il faut qu’on se donne à fond". Et visiblement, c’est son credo. Reste donc à confirmer les espoirs placés en lui.
> N1. J4 - Fleury (6e - 4 points) / SM Caen (9e - 4 points), vendredi 29 août à 19 H 30 au Stade Robert-Bobin.