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A la veille de la reprise de l'entraînement du Stade Malherbe

Arnauld Lucas : "Stéphane met les hommes au cœur de son projet"

Résumé

Demain (vendredi 18 juin), le SMC ouvrira un nouveau chapitre de sa riche et longue histoire avec à sa tête Stéphane Moulin comme entraîneur. Tout au long de la semaine, FOOT NORMAND vous propose une série d'articles pour mieux connaître le coach mais aussi l'homme. Après L'analyse tactique de Stat Malherbe, les témoignages des techniciens normands qui ont croisé sa route et le point de vue décalé d'Harold Barbé, Arnauld Lucas, entraîneur des gardiens et membre du staff du SCO pendant dix ans, nous parle du futur coach des « Rouge et Bleu ».

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Arnauld Lucas (deuxième en partant de la gauche), à l'époque du SCO, en compagnie du futur staff du SMC : Stéphane Moulin, Serge Le Dizet, Benoît Pickeu et Patrice Sauvaget. ©DR
Arnauld Lucas (deuxième en partant de la gauche), à l'époque du SCO, en compagnie du futur staff du SMC : Stéphane Moulin, Serge Le Dizet, Benoît Pickeu et Patrice Sauvaget. ©DR
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Difficile de trouver meilleur témoin qu'Arnauld Lucas pour évoquer Stéphane Moulin. L'entraîneur des gardiens a collaboré pendant dix ans à Angers avec le nouveau coach du Stade Malherbe. Seul Serge Le Dizet, l'un de ses adjoints, fait aussi bien. Avec le natif de Paris, ce Manchois (il est né à Sainte-Mère-l'Eglise et possède encore de solides attaches familiales dans la région) a partagé tous les succès du SCO depuis 2011 : la montée de Ligue 2, la finale de la Coupe de France en 2017, les six maintiens consécutifs en Ligue 1... Alors, forcément, au moment de dresser le portrait de l'ancien technicien des « Noir et Blanc », Arnauld Lucas ne tarit pas d'éloges. "C'est un grand professionnel, un grand perfectionniste, un passionné de foot. Je ne sais pas combien de matches il regarde, c'est un truc de fou".

"Stéph est très calé tactiquement. Il est capable de répondre à un problème en plein milieu d'un match"

Durant sa décennie à ses côtés, l'ex-portier de Cherbourg (entre 1990 et 1997, en D3-National) a été marqué par l'approche tactique de Stéphane Moulin. "Stéph est très calé. J'ai énormément appris avec lui. Il est capable de répondre à un problème en plein milieu d'un match que ce soit en faisant bouger son bloc ou en procédant à un changement. Il a une faculté d'adaptation assez remarquable". Adaptation, quand il s'agit de parler de l'homme aux 416 rencontres à la tête d'Angers, ce terme revient régulièrement dans les propos d'Arnauld Lucas.

"Stéph fait également en fonction de ses joueurs. Entre ses premières années avec les pros et les dernières, on ne jouait plus du tout de la même façon. Notre groupe a changé, nos joueurs n'avaient plus les mêmes caractéristiques". C'est pourquoi cette étiquette d'entraîneur « défensif » que certains observateurs lui collent volontiers est totalement erronée selon le responsable des gardiens. "Au fil des saisons, avec le recrutement, notre effectif a évolué techniquement, tactiquement. Sur nos deux-trois premières années, on n'avait pas une équipe pour jouer avec le ballon, donc on était un peu plus physique, avec des profils plus athlétiques, on marquait beaucoup sur coups de pied arrêtés. Même si notre équipe ne ressemblait plus du tout à ça, cette image nous est restée. D'ailleurs, c'était drôle de lire les présentations de nos matches".

Son staff : un atout précieux pour Stéphane Moulin

Toutefois, peu importe les éléments à disposition, l'adversaire en face, le contexte de la rencontre, Stéphane Moulin ne déroge pas à quelques principes de base. "Pour lui, le foot, c'est une équipe avant des individualités", souligne Arnauld Lucas qui garde une part de mystère autour du projet de jeu du technicien (on le comprend). "C'est à lui de le dévoiler devant son groupe". Pour le Normand, ce qui ressort en premier chez l'ex-entraîneur du SCO, c'est "son côté humain". "Il met vraiment les hommes au cœur de son projet". Les joueurs bien entendu et aussi les membres de son staff. A Caen, il sera accompagné, rappelons-le, de ses adjoints Serge Le Dizet et Patrice Sauvaget ainsi que du préparateur physique Benoît Pickeu, le frère cadet d'Olivier, le président du SMC.

"Entre les membres du staff, il existe une relation qui va au-delà du cadre du travail. C'est vraiment une deuxième famille"

"Entre nous, il existe une relation qui va au-delà du cadre du travail. C'est vraiment une deuxième famille. On est soudés comme jamais. Il n'y a aucun tiraillement. Il n'y a pas besoin de discuter pendant trois heures pour se comprendre", lance l'ancien portier de Cherbourg. Indubitablement un atout à l'heure de s'intégrer dans un nouvel environnement. "C'est un gain de temps. Ça ne peut être que bénéfique vis-à-vis de l'effectif. Les joueurs le ressentent". Un staff où chacun a un rôle très précis : Serge Le Dizet s'occupe de l'aspect défensif, Patrice Sauvaget des spécifiques attaquants. Les deux adjoints ont également en charge la vidéo alors que Stéphane Moulin anime quasiment toutes les séances.

Après trois dernières saisons chez les « Rouge et Bleu » plus que pénibles sur tous les plans (sur comme en dehors du terrain), Stéphane Moulin est particulièrement attendu. Peut-être presque trop. Ce contexte n'inquiète pas spécialement Arnauld Lucas. "Ça ne fait pas peur à Stéph. Je ne pense pas que ça va changer quoi que ce soit dans sa façon d'être ou de manager. Vous savez, à Angers, ce n'est pas parce qu'on était installés depuis longtemps qu'il n'y avait pas de pression liée aux résultats. On se battait pour le maintien en Ligue 1 tous les ans. On était taillés pour aller au charbon tous les samedis, c'est un peu dans notre ADN. Et si à un moment, Caen se retrouve dans le dur, il ne paniquera pas". Tant mieux car plus que jamais, c'est de sérénité dont le Stade Malherbe a besoin.

Pourquoi Arnauld Lucas n'a pas suivi le reste du staff au SMC ?

Alors que Serge Le Dizet, Patrice Sauvaget et Benoît Pickeu ont accompagné Stéphane Moulin au Stade Malherbe, Arnault Lucas ne les a pas imités. Pourtant, alors qu'il se trouvait sous contrat en CDI avec Angers, l'entraîneur des gardiens est désormais libre de tout engagement. "Si je ne fais pas partie du voyage, c'est pour une raison simple : il y a quelqu'un en place avec Eddy (Costil) et je ne vois pas pourquoi il bougerait". S'il reconnaît "un petit pincement au cœur" car il aurait aimé "faire partie de l'aventure", le Manchois se déclare très heureux pour ses ex-collègues. "Ils méritent d'avoir un beau projet et je pense que celui de Caen leur convient parfaitement. Me concernant, c'est la vie, peut-être que ça se fera un jour ou peut-être pas".

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