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Bilan mercato

En janvier, mercato rime avec galère pour le Stade Malherbe

Résumé

"Recruter à Caen, ce n'est pas simple et vous le savez. Ça ne l'a jamais été". Quand il a prononcé cette déclaration, Fabien Mercadal ne croyait pas si bien dire. Blessure d'Aly Ndom à peine arrivé, incapacité à engager un excentré droit, transfert de Frédéric Guilbert à Aston Villa (prêté dans la foulée jusqu'à la fin de la saison au club normand)…, le Stade Malherbe a vécu un mercato d'hiver pour le moins pénible. Durant ce mois de janvier qui a pu lui paraître interminable, les occasions de se réjouir pour l'Etat-major « Rouge et Bleu » se sont faites rares.

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Pour le président Gilles Sergent, l'entraîneur Fabien Mercadal et le directeur sportif Alain Cavéglia, ce mercato d'hiver a confirmé les difficultés du Stade Malherbe à se montrer attractif. ©Photo d'archives
Pour le président Gilles Sergent, l'entraîneur Fabien Mercadal et le directeur sportif Alain Cavéglia, ce mercato d'hiver a confirmé les difficultés du Stade Malherbe à se montrer attractif. ©Photo d'archives
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Et aucun excentré droit n'a débarqué !

Harrison Manzala, Fousseni Diabaté, Floyd Ayité, Samuel Grandsir…, voici une liste (non exhaustive) d'une poignée de noms qui ont circulé dans les médias pour renforcer le couloir droit de l'animation offensive « Rouge et Bleu » (avec plus ou moins de véracité, enfin plutôt moins que plus d'ailleurs !). Pour ce poste, Fabien Mercadal avait identifié un profil bien particulier : rapide, percutant, capable d'éliminer en un contre un… En bref, tout ce qui a fait défaut à son équipe sur la phase aller. Cible n°1 dans l'ultime ligne droite, Nicolas Benezet n'est jamais arrivé. Guingamp, club avec lequel il se trouve sous contrat jusqu'en 2020, n'ayant pas voulu renforcer un concurrent direct dans la lutte pour le maintien ; ce qui peut largement se comprendre.

De quoi s'interroger légitimement sur la pertinence de la politique de recrutement caennaise. "Ça ne servait à rien d'engager un joueur histoire de faire un joueur. L'idée, c'était d'apporter une plus-value au groupe. Si vous prenez quelqu'un qui n'a pas joué depuis un an, ça ne sert à rien. On est en février et le championnat se finit à la mi-mai", se défend Alain Cavéglia, le directeur sportif du SMC. Qui plus est, certains profils qu'il avait ciblés n'ont pas été validés par le coach normand (Paul-Georges Ntep, Jirès Kembo-Ekoko). "On n'allait pas se précipiter pour se faire plaisir pendant une semaine et le regretter derrière", lance l'ex-technicien du PFC.

"Quoi qu'il arrive dans ton recrutement, tu feras toujours des erreurs"

Sous le feu des critiques des supporters après les deux derniers mercatos, Alain Cavéglia est revenu sur le contexte caennais. "Vous savez comment ça s'est passé cet été, Fabien (Mercadal) n'est arrivé qu'à la mi-juin. On a pris du retard. Ce n'est pas une excuse. Je le prends pour moi, ce n'est pas un problème. Quoi qu'il arrive dans ton recrutement, tu feras toujours des erreurs. Même dans les grands clubs, il y en a. On en a fait et on en fera d'autres. Celui qui n'en commet jamais, je ne le connais pas".

Une course à handicaps

Surface financière plus que limitée, situation sportive extrêmement précaire, concurrence d'écuries de Ligue 1 bien mieux armées (Strasbourg, Reims)… En matière de marché des transferts, le Stade Malherbe semble souffrir incontestablement d'un manque d'attractivité. "Il y a des joueurs qu'on avait envie de faire venir mais on n'a pas pu compte tenu de nos moyens", reconnaissait Fabien Mercadal. "Il faut trouver le bon rapport qualité-prix". "Notre classement actuel ne plaide pas en notre faveur", ajoute Alain Cavéglia.

Un DS de nouveau en première ligne depuis le départ cet été, suite au changement de direction, de Xavier Gravelaine qui avait mis la main sur la politique sportive du SMC. Résultat, alors que tous ses rivaux ont recruté cet hiver, certains de manière spectaculaire (Monaco a enrôlé huit éléments, Guingamp cinq), le club normand s'est retrouvé bredouille au 1er février. Un mal qui ne date pas d'aujourd'hui. Si on remonte d'un an en arrière, Patrice Garande avait attendu vainement un renfort pour l'aile droite de son attaque.

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Après les résiliations de contrat de Christian Kouakou et Jeff Louis, la direction caennaise a poursuivi la cure d'amaigrissement de son effectif. A six mois de la fin de son bail, Chaker Alhadhur a été laissé libre pour signer à Châteauroux (L2) ; une équipe où il avait déjà été prêté la saison dernière. Alors qu'il avait paraphé son premier contrat « pro » en juin 2018 (un an + deux en option), Issa Marega a résilié son engagement d'un commun accord avec le club normand. Que ce soit pour l'international comorien ou pour le jeune défenseur central (20 ans) - qui a rejoint le Cercle Bruges (D1 belge) - aucun des deux n'avait été utilisé par Fabien Mercadal. Rentré en 1/16e de finale de la Coupe de France à Viry-Châtillon ; sa première apparition depuis le mois d'avril, Jan Repas n'a lui pas trouvé de point de chute pour relancer sa carrière.

Disparu de la circulation depuis une prestation fantomatique contre Guingamp (le 20 octobre), Stef Peeters - lié au Stade Malherbe jusqu'en 2020 - a été prêté jusqu'à la fin de la saison avec option d'achat à Zulte Waregem (Jupiler Pro League). "De manière logique, Stef voulait avoir un temps de jeu supplémentaire (sept apparitions dont cinq titularisations). C'est un excellent joueur mais il a réalisé quelques performances qui ne reflétaient pas son niveau. Il a souffert d'un déficit de confiance. On a senti que ça lui pesait", confiait le patron technique du SMC. Débarqué en Normandie il y a un an et demi, le milieu relayeur belge n'est jamais parvenu à s'imposer malgré quelques bonnes prestations lors de l'exercice précédent (32 matches pour 21 titularisations toutes compétitions confondues, deux passes décisives, zéro but). Avec ces trois départs, le Stade Malherbe compte, désormais, 27 éléments dans son effectif professionnel .

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