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L2. J18 - SM Caen / Guingamp 2-0

Et si avec le 3-5-2, Malherbe avait trouvé son système préférentiel

Résumé

"Les joueurs se sentent bien dans ce système". Contre Guingamp, Stéphane Moulin a reconduit le 3-5-2. Un schéma dans lequel les partenaires de Jessy Deminguet avaient déjà laissé entrevoir quelques signes encourageants à Auxerre le week-end précédent. La solidité de la défense, l'animation des couloirs, les promesses en attaque... Après le succès aux dépens de l'En Avant (2-0), le coach caennais a détaillé en conférence de presse les atouts de cette organisation.

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Un Ibrahim Cissé taille patron, un Hugo Vandermersch toujours aussi bluffant depuis son retour et une doublette en attaque Alexandre Mendy - Nuno Da Costa assez complémentaire, autant d'aouts du 3-5-2. ©Damien Deslandes
Un Ibrahim Cissé taille patron, un Hugo Vandermersch toujours aussi bluffant depuis son retour et une doublette en attaque Alexandre Mendy - Nuno Da Costa assez complémentaire, autant d'aouts du 3-5-2. ©Damien Deslandes
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Une défense qui gagne en solidité

Contre Guingamp, le Stade Malherbe a signé son sixième clean sheet de la saison ; le deuxième en quatre journées après Amiens (J15. 0-0, le 6 novembre), le deuxième avec une arrière-garde à trois centraux. Tout sauf un hasard. "Ça nous donne quelques garanties supplémentaires sur le plan défensif", confirme Stéphane Moulin. "Actuellement, on a besoin de se rassurer dans ce domaine et ce système nous le permet". Alors, bien sûr, tout ne fut pas parfait. "On aurait pu prendre un ou deux buts", reconnaît le coach caennais qui a dû noter que Jonathan Rivierez s'était fait prendre par deux fois. Sur la seconde (75'), sans un grand Rémy Riou dans ses cages, on ne tiendrait peut-être pas le même discours ce dimanche. "Guingamp a eu la balle du 1-1 mais Rémy fait l'arrêt qu'il faut au moment où il le faut".

Toutefois, globalement, le bloc caennais a dégagé un sentiment de solidité. "Guingamp n'a pas réussi à trouver la solution. Il a même fini par se caler sur notre système en fin de match. C'est de bonne augure. On parvient à faire déjouer l'adversaire", note le technicien des « Rouge et Bleu ». Si le SMC se montre plus costaud, c'est aussi parce qu'il s'est trouvé un patron en la personne d'Ibrahim Cissé. Arrivé dans les dernières heures du mercato et perturbé par une fracture du pied qui l'a éloigné des terrains pendant un mois, l'ancien dunkerquois semble avoir récupéré l'intégralité de ses capacités physiques. "Quand il nous a rejoints, il n'était pas prêt, comme de nombreux joueurs. Pour le bien de l'équipe, on leur a demandé de jouer à leur niveau mais il n'en était pas capable. Tous les problèmes qu'on a pu rencontrer nous ont forcés à précipiter leur rentrée. Aujourd'hui, ils récoltent les fruits de leurs efforts", se félicite Stéphane Moulin qui devrait pouvoir s'appuyer sur Adolphe Teikeu dans les prochains jours.

Des couloirs de plus en plus animés

"Ce nouveau système permet à chaque joueur de s'exprimer pour le mieux avec leurs caractéristiques", indique Stéphane Moulin. L'animation des couloirs ne fait pas exception à la règle. Des pistons au rôle prépondérant dans un schéma en 3-5-2. "Cela nous permet d'avoir des garçons sur les côtés qui apportent une énorme contribution au jeu offensif". En atteste, la passe décisive d'Hugo Vandermersch sur l'ouverture du score de Nuno Da Costa (14'). D'ailleurs, que ce soit le natif de Blandecques à droite ou Ali Abdi à gauche, ces deux éléments n'hésitent pas à se projeter. Il y a huit jours, à Auxerre (J17. 2-2), les deux partenaires avaient même été l'origine et à la conclusion de la seconde réalisation caennaise ; l'international tunisien amorçant l'action débouchant sur la tête du n°24 des « Rouge et Bleu ».

Si on ne doutait pas que cette organisation scierait aux qualités de contre-attaquant d'Ali Abdi, c'est surtout son homologue sur le côté droit qui se distingue. Rarement pris à défaut défensivement (pour ne pas dire jamais), toujours disponible et doté d'un QI foot au-dessus de la moyenne à l'image ce coup franc adverse qu'il empêche de jouer rapidement, Hugo Vandermersch a signé une grosse prestation contre l'En Avant. Revenu à la compétition avec le groupe « pro » il y a trois semaines, celui qui est issu du centre de formation est tout simplement bluffant. Rappelons qu'il a été éloigné des terrains six mois à cause d'une rupture des ligaments croisés à son genou gauche ! "Avec Hugo, on a un peu forcé le trait. Jamais il n'aurait dû revenir aussi tôt mais s'il y a un joueur dont on ne peut pas douter de l'investissement et de l'engagement pour son club, c'est bien lui. Il joue avec son cœur. Ce qu'il fait depuis son retour, c'est juste incroyable", ne tarit pas d'éloges l'entraîneur normand.

Des promesses en attaque

Dans l'imaginaire de l'observateur lambda, un schéma avec trois arrières centraux est souvent synonyme de frilosité offensive. Mais sur ses deux dernières sorties, le Stade Malherbe a prouvé que cela ne l'empêchait pas d'être dangereux. Bien au contraire. "On arrive à se créer des occasions. On aurait pu marquer cinq ou six buts. On a deux attaquants, des joueurs de couloir qui participent énormément au jeu offensif et toujours un ou deux milieux qui arrivent à se projeter ; ce qui signifie qu'il y a du monde dans la surface", relève Stéphane Moulin qui aurait apprécié un brin d'efficacité supplémentaire. Cependant, du côté du SMC, ce n'est pas l'heure de faire la fine bouche. Car avec la grave blessure de Mehdi Chahiri le week-end dernier (fracture du péroné avec déplacement de la cheville), les solutions devant ne sont plus légion, et surtout, le club caennais ne dispose d'aucun profil similaire dans son effectif.

Mais Nuno Da Costa, titulaire pour la troisième fois en championnat, seulement, a rappelé pourquoi les dirigeants « Rouge et Bleu » avaient voulu le relancer. Son but a récompensé un premier quart d'heure de haut niveau où le Cap-Verdien a fait preuve de justesse technique, de générosité dans ses courses et d'une activité intéressante à la perte du ballon. "Vous connaissez les circonstances de son arrivée (avec une blessure à un mollet) et le temps qu'il lui a fallu pour retrouver toutes ses cannes", rembobine le technicien normand. "Avec Alex, il forme une doublette assez complémentaire avec un joueur d'appui et un autre de profondeur, de percussion". D'ailleurs, contre Guingamp, Alexandre Mendy, auteur d'un formidable travail en pivot sur l'ouverture du score de son compère, n'a pas été en reste. Et le fait qu'il tire le second penalty après avoir manqué le premier quelques minutes plus tôt a plu à son coach. "J'adore. Il a pris ses responsabilités. Il a montré du caractère". Et le Stade Malherbe en a grandement besoin.

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