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L1. J32 - SM Caen / Angers 0-1

Le monde du silence

Résumé

Comme avant la réception d'Angers, les joueurs caennais sont restés muets devant les micros après avoir concédé une énième défaite (1-0). Faute de s'exprimer sur le terrain, les partenaires de Prince Oniangué ont été invités par leur staff à ne plus communiquer devant les médias. Pas certain que cette interdiction les aide à devenir plus performants dans ce sprint final si mal embarqué.

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Alexander Djiku et Jonathan Gradit tête basse, Casimir Ninga prostré..., Faute de s'exprimer sur le terrain, les Caennais ont été invités à ne pas répondre aux journalistes.
Alexander Djiku et Jonathan Gradit tête basse, Casimir Ninga prostré..., Faute de s'exprimer sur le terrain, les Caennais ont été invités à ne pas répondre aux journalistes.
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La stratégie est aussi vieille que le ballon est rond. Pour se protéger d'un environnement médiatique jugé visiblement nuisible, le Stade Malherbe a instauré le silenzio stampa aux siens. Comme dans la semaine précédant la réception d'Angers, les coéquipiers de Prince Oniangué ont reçu pour consigne de ne pas répondre aux journalistes. Aucun d'entre eux ne s'est présenté en conférence de presse ni arrêté en zone mixte. Et il en sera de même pour les 15 prochains jours. "Ils vont rester dans une bulle", a fait passer comme consigne Rolland Courbis, l'un des deux seuls autorisé à communiquer avec son binôme du banc, Fabien Mercadal.

"On a vécu deux-trois articles le jour des matches qui peuvent nous pénaliser"

Pourtant, jeudi midi, quand il s'est présenté devant les médias, le consultant pour le groupe BFM-RMC (d'où la légère ironie de la situation) n'avait pas tenu tout à fait ce discours. "Les joueurs pourront toujours s'exprimer après le match", avait-il annoncé. Visiblement, en l'espace de 72 heures, les responsables caennais ont changé d'avis. Ou est-ce l'ex-coach de Rennes qui a tenté « d'endormir » son auditoire avec cette déclaration ? "C'est un choix du club. On veut se protéger de tout", a répondu Fabien Mercadal.

Se protéger de tout ? Mais se protéger de quoi ou de qui exactement ? "On a vécu deux-trois articles le jour des matches qui peuvent nous pénaliser", a poursuivi l'ex-technicien du PFC. Référence certainement à ce portrait de Gilles Sergent paru le matin du déplacement à Nîmes dans le quotidien L'Equipe. Un « papier » où le président du SMC n'est pas dépeint sous son meilleur visage. C'est un euphémisme. D'ailleurs, en réponse, le club normand a envoyé cinq jours plus tard à tous ses partenaires un courrier pour dénoncer le « côté excessivement partial » de cet article « notamment parce qu'il s'appuie sur des témoignages anonymes ».

Un communiqué interne en réponse à L'Equipe

Signé par Gilles Sergent en sa qualité de président du directoire, ce document défend également le bilan des dirigeants en place à travers plusieurs thématiques comme le centre de formation, les infrastructures, la dynamique partenariale, la création de la section féminine ou bien encore la signature d'une future convention avec des clubs amateurs de la région. Des résultats de l'équipe professionnelle en Ligue 1 (ou plutôt de son absence), il n'en est par contre presque pas question sauf pour rappeler « qu'ils ne sont pas ceux espérés en début de saison, et encore moins fin septembre ». Tu m'étonnes !

"Si on veut jouer le maintien, il va falloir vite rectifier certaines choses"

Ce silence imposé aux « Rouge et Bleu » ne serait pas non plus étranger aux propos de Brice Samba. A l'issue de la défaite face aux Crocos (J31. 2-0, le 6 avril), le gardien caennais avait dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. "Ce n'est pas parce qu'on a gagné à Monaco que notre contenu a été forcément bon. C'était un miracle. J'étais dans un bon jour. Je pense qu'on doit faire beaucoup plus. On ne va pas chercher les choses. On est solides mais on n'est pas dangereux. Si on veut jouer le maintien, il va falloir vite rectifier certaines choses".

A défaut de paroles, on attend désormais des actes de la part de ce Stade Malherbe qui réalise la pire saison de son histoire en Ligue 1. Si mathématiquement, tout reste possible pour la lanterne rouge normande avec deux longueurs de retard sur le barragiste et deux confrontations contre ses concurrents directs à venir (réception de Dijon le 28 avril suivi d'un déplacement à Guingamp une semaine plus tard), on a toutefois du mal à y croire. Comment une formation ne remportant que quatre matches sur 32, avec seulement 23 points au compteur et affichant un visage aussi pauvre depuis des mois pourrait se transformer dans les six dernières journées ? On aurait bien aimé poser la question aux principaux intéressés.

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