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L2. J7 - SM Caen / Pau, samedi 11 septembre à 19H au Stade Michel-d'Ornano

Les premiers pas de Stéphane Moulin sous la loupe de Stat Malherbe

Résumé

Alors que le championnat de Ligue 2 reprend ses droits ce week-end, Stat Malherbe a décortiqué l'équipe caennaise de Stéphane Moulin lors des six premières journées. S'il est possible de se faire une première impression des idées prônées par l’ex-technicien angevin, il convient toutefois d’être prudent au regard du faible échantillon à disposition.

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Avec 1,2 buts inscrits en moyenne par match depuis le coup d’envoi de la L2, le Stade Malherbe de Stéphane Moulin présente la septième attaque la plus prolifique du championnat alors qu’il ne se procure que 0,88 expected goals* par rencontre (14e de L2). ©Damien Deslandes
Avec 1,2 buts inscrits en moyenne par match, le Stade Malherbe de Stéphane Moulin présente la septième attaque la plus prolifique du championnat alors qu’il ne se procure que 0,88 expected goals* par rencontre (14e de L2).
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Avant la confrontation face à Ajaccio (J4. défaite 2-0, le 25 août), Stéphane Moulin a indiqué qu’il était difficile d’évaluer une équipe avec si peu de recul. D’autant plus qu’une performance reste toujours à contextualiser en fonction du niveau de l’opposition et des dynamiques de match. On peut difficilement lui donner tort. Avant le déplacement en Corse, avec trois succès en quatre sorties pour leur club favori, certains supporters « Rouge et Bleu » étaient animés d'une grande confiance. Une confiance réduite à peau de chagrin après le revers, logique, contre l’ACA et le partage des points rapportés de Nîmes (J6. 0-0, le 28 août). Clairement, la valeur d’une formation ne peut être jugée après seulement quatre ou six journées.

Néanmoins, on a tous constaté que les coéquipiers de Prince Oniangué proposaient un spectacle radicalement différent de celui observé pendant de très nombreux mois avec Pascal Dupraz aux commandes puis Fabrice Vandeputte. Alors que les prestations malherbistes avaient perdu en consistance dans le jeu, aujourd’hui, avec l’impact de ce nouveau staff, elles ont gagné en cohérence. En un minimum de temps, Stéphane Moulin est parvenu à transférer ses convictions à un effectif à l’écoute. La filiation avec la manière de jouer du SCO ces dernières années est évidente. Le projet de jeu du SMC s’inscrit clairement dans cette lignée.

45,6% de possession en moyenne

Sur le plan offensif, si l’on compare les données statistiques entre les deux équipes, elles sont très proches :

> faible possession de balle

présence très faible dans le dernier tiers du terrain

utilisation modérée du jeu long

faible nombre d’attaques placées

réelle efficacité sur les contre-attaques

Par rapport à Angers, au Stade Malherbe, les ingrédients sont quasi-identiques. On retrouve un collectif bien en place, organisé, raisonnable, positionné le plus souvent dans un schéma en 4-2-3-1. Avec une possession en moyenne de 45,6% (sur les six premières journées, Caen n’a dépassé qu’une seule fois la barre des 50%), le football proposé n’est pas un football de position mais qui cherche à être explosif, notamment une fois le ballon récupéré.

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Comparatifs des statistiques entre Angers (période 2015-2021) et le SM Caen (sur les six premières journées).

Jusqu’à présent, l’efficacité est au rendez-vous. Avec 1,2 buts inscrits en moyenne par match depuis le coup d’envoi de la L2, le club normand présente la septième attaque la plus prolifique du championnat alors qu’il ne se procure que 0,88 expected goals* par rencontre (14e de L2). Comme le SCO, le SMC n’attaque pas n’importe comment, n’importe où ni n’importe quand. En moyenne, le Stade Malherbe ne perd que 95 ballons par match, soit le septième meilleur bilan de L2.

Caleb Zady Sery n’est pas Angelo Fulgini

Des plans de jeu précis semblent être mis en place. Pour la réception de Nancy, une seule passe a été enregistrée entre Jonathan Rivierez et Prince Oniangué, les deux arrières centraux. Contre les Lorrains, on a senti l’envie réelle des Caennais de toucher rapidement entre les lignes leur n°10 : Caleb Zady Sery. Mais l’Ivoirien n’est pas Angelo Fulgini ; le joueur qui occupait ce poste avec le SCO la saison dernière. Il manque d’efficacité dans la partie haute du terrain et ne distille pas autant « de bonbons sucrés » par la passe que son homologue angevin. On peut même émettre l'hypothèse que si CZS continue d’enchaîner des prestations frustrantes, Stéphane Moulin abandonnera son 4-2-3-1, son schéma préférentiel, pour inverser son triangle au milieu en privilégiant la titularisation du trio Franklin Wadja - Johann Lepenant - Jessy Deminguet. Même si avec les recrutements de Mehdi Chahiri et Nuno Da Costa, le technicien normand dispose désormais de plus d'atouts dans son jeu.

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Passmap du SM Caen contre Nancy (J5. 1-0, le 21 août).

Sans ballon, on assiste à peu de pressing haut avec un indice PPDA (passes permises par actions défensives dans le camp adverse) de 12,2, soit le 16e de L2. Le collectif est privilégié aux duels avec un taux d’intensité (duels, tacles et interceptions par minute de possession adverse) dans ce domaine de 5,6, le 19e de L2. Afin de maintenir le bloc équipe face aux mouvements adverses, on enregistre un volume de courses important à l’image des 13,4 km parcourus par Jessy Deminguet face à Niort (J2. 1-0, le 31 juillet), deuxième meilleure performance individuelle, tous joueurs de Ligue 2 confondus depuis le début de la saison (derrière le Nîmois Julien Ponceau, 13,7 km).

A trois reprises dans le top 10 des équipes courant le plus

On peut d’ailleurs s’interroger sur le lien entre cet effort énergétique demandé aux joueurs et la cascade de blessés qui ont handicapé le SMC cet été. "En forçant un peu le trait de façon athlétique, le temps qu’ils s’habituent à ce qu’on souhaite, on savait qu’il y aurait un peu de dégât", a reconnu Stéphane Moulin, ce vendredi, en conférence de presse, avant de préciser. "Même s’il y a pas mal de blessures pour lesquelles on n’y peut pas grand-chose". Journaliste à beIN Sports, Samuel Ollivier a fait référence à l’écart supposé qu’il existerait entre les distances accomplies lors de l’exercice précédent et celles de cette saison. "L’équipe caennaise courrait en moyenne 100 km par match la saison passée et entre 130 et 140 sur les deux premières journées, contre Rodez et Niort", a avancé le journaliste.

Notre confrère s'est peut être un peu emballé même si le Stade Malherbe figure à trois reprises dans le top 10 des formations qui courent le plus sur un match : 123,5 km contre Niort (J2. succès 1-0), 121,8 km face à Nîmes (J6. 0-0) et 119,2 km contre Sochaux (J3. défaite 2-1). Par rapport à la moyenne de l'exercice passé (115,9 km), celui dont nous possédons les données, ces trois performances athlétiques sont supérieures. A noter qu'en 2020-2021, la plus faible performance était de 104,7 km. Une chose est sûre : après six journées, le Stade Malherbe, malgré des limites détectées (un manque de profondeur de banc en ce début de championnat qui sera de nouveau de vigueur pour la réception de Pau), a acquis des certitudes sur sa façon de jouer. Pour savoir si elles se confirmeront, il va falloir faire preuve d’un peu patience.

*Nombre de buts attendus par match au regard du nombre et de la qualité des occasions obtenues.

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Nombre de kilomètres parcourus par rencontre par le SM Caen lors de la saison 2019-2020.

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