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N2. J13 - Chateaubriant / SM Caen « B », samedi 10 décembre à 17H

Vladislav Molchan : "J’attends ma chance de montrer que je suis un joueur de Ligue 2"

Résumé

Quand on lui a rappelé qu’il était le deuxième russe à défendre les couleurs du Stade Malherbe après l’international Aleksandr Mostovoï (15 matches en 1994), Vladislav Molchan n’en revenait pas. "Mostovoï a joué à Caen ? Non. Je le connais, c’est un grand joueur (65 sélections avec l’équipe nationale)". On ne sait pas si le jeune défenseur central (22 ans) marquera autant l’histoire des « Rouge et Bleu » que son illustre compatriote, acteur prépondérant du maintien en D1 en 1994 (ah ce but contre l’OM), toujours est-il qu’il s’accroche à son rêve de s’imposer un jour avec les professionnels du SMC.

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Depuis son arrivée au Stade Malherbe en 2020, Vladislav Molchan a été convoqué à deux reprises en Ligue 2, en octobre 2021, sans jamais entrer en jeu. ©Damien Deslandes
Depuis son arrivée au Stade Malherbe en 2020, Vladislav Molchan a été convoqué à deux reprises en Ligue 2, en octobre 2021, sans jamais entrer en jeu. ©Damien Deslandes
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Son arrivée en France : une intégration réussie

"La maîtrise de la langue ? J’ai pris des cours pendant quatre-cinq mois"

S’il s’est engagé avec le Stade Malherbe dans les derniers jours du mercato 2020, début octobre (cette saison-là, la date de clôture avait été décalée ; conséquence indirecte de la crise sanitaire), Vladislav Molchan a dû patienter quelques semaines supplémentaires avant de participer à ses premières séances. "Je suis venu une fois à Caen pour signer mon contrat puis je suis reparti en Russie en attentant mon visa", explique le jeune homme qui a fêté en septembre ses 22 « printemps ». S’il avoue qu’il ne connaissait rien au club « Rouge et Bleu » ni à la cité caennaise avant d’y poser ses valises, l’arrière central s’est très rapidement acclimaté à son nouvel environnement. "Après, j’ai habité à Saint-Pétersbourg, c’est presque l’Europe", compare le défenseur russe dont le quotidien est très axé autour du ballon rond.

"Je me sens très bien ici, dans cette ville. La vie est confortable, le club m’a logé dans un appartement, j’ai tout pour être bien et le plus important, c’est que je fais ce que j’aime", témoigne Vladislav Molchan dans un français quasi-parfait lui qui ne connaissait pas un mot de la langue de Molière avant de s’installer en Normandie. Bon, il a encore recours parfois à Google traduction mais le résultat n’en demeure pas moins bluffant. "J’ai trouvé un tuteur (un professeur), j’ai pris des cours pendant quatre-cinq mois". Maîtrisant également l’anglais, le n°5 des « Rouge et Bleu » n’hésite pas non plus à mixer les deux langues afin de mieux se faire comprendre.

Son parcours : de l’académie du Zénith au Stade Malherbe

"J’ai été surpris quand on m’a annoncé que je pouvais signer en France"

Avant de rejoindre le Stade Malherbe, Vladislav Molchan avait effectué tout son cursus dans son pays natal. Avec l’académie du Zénith, le défenseur central a même participé à la Youth League, la Ligue des Champions pour les jeunes. "J’ai bien aimé cette période, j’ai acquis beaucoup d’expérience, on a joué contre des grands clubs comme Benfica, Lyon qu’on a battu", se remémore-t-il. Déjà, à cette époque, le natif de Saint-Pétersbourg rêvait d’Europe à l’image de bon nombre de ses compatriotes même si, au final, ils sont peu à quitter la mère patrie.

"J’ai été surpris quand on m’a annoncé que je pouvais signer en France. C’est une grande chance", mesure le principal intéressé qui a aussi fait un passage par le Ienisseï Krasnoïarsk, en D2 russe (trois apparitions en 2020). "C’est très différent de Saint-Pétersbourg ou de l’Europe (la ville de Krasnoïarsk se situe en Sibérie orientale), il fait froid et le niveau de vie est assez bas", décrit Vladislav Molchan qui n’a pas souhaité s’épancher sur l’invasion russe en Ukraine. On ne va pas le lui reprocher, surtout qu’il est directement concerné avec des origines ukrainiennes par sa maman, Galina ; ses grands-parents vivent d’ailleurs toujours là-bas. Loin des siens (il est venu tout seul à Caen), le n°5 des « Rouge et Bleu » prend des nouvelles de ses proches tous les jours.

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C'est dans la salle de musculation du centre de formation du Stade Malherbe où il a passé de nombreuses heures pendant sa convalescence que nous avons retrouvé Vladislav Molchan. ©Damien Deslandes

Sa blessure : fauché par une rupture des ligaments croisés

"Je me suis entraîné pendant une semaine après ma blessure"

Le 1er octobre 2022. Vladislav Molchan n’est pas près d’oublier cette date. C’est en effet ce jour-là que le défenseur russe a goûté de nouveau aux joies de la compétition, avec la réserve (N2), sur la pelouse de Blois "six mois et deux semaines" après sa rupture des ligaments croisés comme il le rappelle avec une grande précision. "Avant mon entrée, j’ai ressenti un peu de stress mais une fois sur le terrain, ça s’est très bien passé. Et en plus, on a gagné (3-2)", confie celui qui a remplacé Emmanuel Ntim, lui aussi de retour de blessure à l’époque, à la pause comme cela avait été convenu au préalable.

Six mois auparavant, l’ancien élève de l’académie du Zénith avait donc été gravement touché au genou droit sur une séance. "C’est arrivé à la réception d’un saut alors qu’on travaillait les coups de pied arrêtés", raconte Vladislav Molchan qui ne s’est pas rendu compte de la gravité de sa blessure immédiatement. Et pour cause ! "Derrière, je me suis entraîné encore pendant une semaine !", lâche le n°5 des « Rouge et Bleu ». Autant dire que le principal intéressé a été étonné quand le diagnostic définitif est tombé. "Je pensais que ce n’était rien de grave". Mais loin de se laisser aller, Vladislav Molchan n’est pas resté inactif, profitant de sa convalescence pour renforcer le haut du corps. "J’ai pris un peu de muscle, je fais quatre kilos de plus (84 kg). Je me sens plus costaud". Pour ceux qui l’ont connu avant, visuellement, la différence est assez flagrante.

Son avenir : s’imposer avec le Stade Malherbe

"Mon objectif, c’est de faire carrière en Europe, si possible en France"

Vladislav Molchan portera-t-il un jour les couleurs de l’équipe première du Stade Malherbe ? C’est la question que se pose de nombreux observateurs du club caennais. Depuis son arrivée en 2020, l’ex du Zénith se contente d’apparitions avec la réserve (N2) ; formation avec laquelle il s’entraîne quotidiennement. Avant sa rupture des ligaments croisés, il a été convoqué à deux reprises dans les « 18 », en octobre 2021, s’asseyant sur le banc contre Le Havre et Dunkerque sans entrer en jeu. "Il y a eu le Covid puis ma blessure", rappelle le jeune homme qui, il est vrai, n’a pas bénéficié de circonstances favorables. Sans préjuger de son niveau ou de son futur niveau, en interne, on loue en tout cas son engagement et son exemplarité.

Alors qu’il se trouve sous contrat professionnel jusqu’en 2024 avec le SMC, Vladislav Molchan - qui estime avoir retrouvé 100% de ses capacités physiques - n’a pas perdu espoir. "Mon objectif, c’est de faire carrière en Europe, si possible en France car j’aime bien le style de jeu". Avec le club caennais ? "J’y crois toujours. J’attends ma chance de montrer que je suis un joueur de Ligue 2". C’est tout le mal qu’on peut lui souhaiter.

> N2. J13 - Chateaubriant (6e - 17 points) / SM Caen « B » (13e - 10 points), samedi 10 décembre à 17 heures au Stade de la Ville en Bois.

Vladislav Molchan

 

Vladislav Molchan

Né le 21 septembre 2000 (22 ans) à Saint-Pétersbourg, en Russie.

Défenseur central. Gaucher. 1,90 m pour 84 kg.

Parcours : Zénith Saint-Pétersbourg (jusqu’en 2020, équipes de jeunes, RUS), Ienisseï Krasnoïarsk (février-septembre 2020, D2, RUS), SM Caen (2020-…, L2-N2)

Sous contrat jusqu’en 2024.

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