Tristan Blanchard, l’entraîneur des féminines du Stade Malherbe, est passé un peu par toutes les émotions lors de ce 16e de finale de la Coupe de France à Venoix. Le jeune entraîneur a en effet vu son équipe mener par deux fois, avant de se faire rejoindre et d’assister à une séance de tirs au but à couper au couteau. "J’ai vécu des montagnes russes sur l’ensemble de ce match, comme dans la séance de penaltys", témoigne le coach caennais. "On souhaitait commencer fort, on marque dès la troisième minute, le plan de jeu est respecté, le scénario semble idéal. Puis on commet cette petite erreur à la 16’ et on se fait égaliser". Mais le technicien sait qu’il peut compter à tout moment sur la réactivité de ses joueuses. "Ce groupe a une force mentale incroyable. Les filles sont restées dans le projet, dans nos ambitions. On marque sur une erreur adverse et on savait qu’en deuxième période, notre adversaire chercherait un jeu plus direct. On a accepté de ne plus avoir le ballon, on voulait jouer le contre, mais malheureusement, elles égalisent juste à la fin".
C’est donc aux tirs au but que les « Rouge et Bleu » ont décroché leur qualification. Et là non plus, ça n'a pas été de tout repos. "À un moment, c’était en notre défaveur, au bout du deuxième tir. Et puis on a le bonheur de se qualifier sur la dernière tentative, sans aller jusqu’à la sixième tireuse". Une séance où la gardienne du SMC, Emmeline Mainguy a brillé pour remettre sa formation dans le droit chemin. "Quand on rate notre deuxième tir, Émmeline stoppe la frappe qui suit. Ça nous laisse dedans, et puis après, avec son expérience, elle la joue un peu à l’intox". En effet, si elle n’a pas stoppé l'ultime tentative adverse qui est partie au-dessus, la portière a pris un avantage psychologique sur les joueuses de La Roche-sur-Yon, validant cette qualification. "Personnellement, je la sentais bien cette séance. Parfois, on a le feeling et celle-là, je le sentais vraiment bien", affirme l'ultime rempart. "J’étais à deux doigts de sortir le premier, je sors le deuxième, après je l’ai joué un peu à l’expérience. J’ai pris mon temps, j’ai tapé les poteaux…"
Quand Emmeline Mainguy s’inspire du handball
Emmeline Mainguy a donc su faire douter ses adversaires. "Les joueuses n’ont pas forcément beaucoup d’expérience dans ce domaine, qui est super important, qui peut être décisif. Les faire cogiter deux minutes de plus, ça peut faire la différence. J’ai vu qu’elles n’avaient pas l’air sereines". Du haut de ses 37 ans, la gardienne avoue s’inspirer de l'une de ses homologues d'un autre sport, le handball avec Hatadou Sako. La gardienne malherbiste a rencontré cette international française, lorsque cette dernière évoluait au FC Metz entre 2022 et 2024, lors d'une table ronde avec d’autres spécialistes du poste. "Une fois que j’arrête mon premier tir, j’extériorise, j’en rajoute un peu comme fait Hatadou. Elle extériorise toutes ses parades. J’ai fait comme elle, montrer un peu les crocs, bomber le torse. Je voulais montrer à mes adversaires que ça serait compliqué". Résultat, un autre arrêt et un tir au-dessus envoient le SMC en 8e de finale. Atteindre les 16e était déjà historique, passer le tour suivant pousse un peu plus loin le curseur de la performance.
D’autant qu’en 8e de finale, le destin a voulu que le tirage au sort offre une chance à Tristan Blanchard et à « ses » filles de rejoindre les quarts de finale. Seul autre club de D3F encore en lice, c’est l’AS Châtenoy-le-Royal que les coéquipières d'Eva Lauret affronteront dans un duel de Petits Poucets. Seul bémol, il faudra se déplacer en Saône-et-Loire. "Il y avait peu de probabilité que ça arrive... Au moins, il y aura un représentant de D3 en quart de finale, c’est bien pour mettre en lumière ce championnat", indique Tristan Blanchard. "On aurait aimé le vivre avec nos supporters qui ont été là ce dimanche, on espère revivre ces émotions en quart". En attendant, il faudra organiser un déplacement pas évident dans la banlieue de Chalon-sur-Saône. Ce qui n'inquiète pas du tout Emmeline Mainguy : "Mes coéquipières préféraient tomber sur une grosse équipe, mais moi, je préfère jouer une D3 pour passer un tour de plus. On se déplace, mais on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre". Vu la confiance que semblent animer les Caennaises, pourquoi pas ne pas avoir aussi la crémière ?
Florian POLTEAU-GOMEZ






