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N2. J8 - SM Caen « B » / FC Rouen, samedi 25 septembre à 16H à l'annexe 3 de Venoix

Théo Barré : "Mes parents ont fait de nombreux sacrifices personnels et familiaux"

Résumé

Invité surprise de la préparation estivale du Stade Malherbe, Théo Barré (20 ans) a depuis regagné les rangs de la réserve où il poursuit son ascension vers le haut niveau sans faire trop de bruit. L’investissement de ses parents, sa double fracture tibia-péroné quand il avait 13 ans, sa reconversion comme latéral droit… Partez à la découverte de ce pur produit du centre de formation caennais.

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©Damien Deslandes
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Les personnes qui comptent : ses parents

"Mon père a trouvé un emploi à Caen pour me récupérer après les entraînements"

Si Théo Barré s’est entraîné pendant toute la préparation avec le groupe de Stéphane Moulin, il le doit en grande partie à deux personnes, ses parents : Christelle et Jean-Philippe. "Ils ont fait de nombreux sacrifices personnels et familiaux pour que j’en sois là", se montre extrêmement reconnaissant celui qui évolue, aujourd’hui, au poste de latéral droit. Petit retour en arrière. Après des débuts à Condé-sur-Noireau et un passage par La Selle-la-Forge, ce Normand pure souche, alors âgé de 13 ans, réalise un essai concluant à l’ASPTT Caen. "Ce qui m’a ouvert les portes de section foot au collège Jean-Moulin". Problème, toute la famille Barré (avec la petite sœur, Manon) vit du côté de Condé. Pour permettre à leur fils de jouer sa carte à fond, Christelle et Jean-Philippe n’hésitent pas à vendre leur restaurant. "Mon père a trouvé un emploi sur Caen. Comme ça, il a pu m’emmener tous les jours au collège et me récupérer après les entraînements", raconte Théo. Deux heures de trajet aller-retour qu’ils ont effectué quasi-quotidiennement durant trois ans. Pour la petite histoire, depuis que leur fils a obtenu son permis de conduire, le couple Barré tient un nouvel établissement, sur Argentan.

Le moment qui aurait pu faire basculer sa carrière : une double fracture tibia-péroné

"On m’a dit que pour le foot, ça va devenir compliqué"

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la carrière naissante de Théo Barré n’a pas toujours ressemblé à un long fleuve tranquille. En termes de blessure, le jeune homme a déjà mangé son pain noir. Alors qu’il vient d’arriver à l’ASPTT Caen, le natif d’Argentan est victime d’une double fracture tibia-péroné. "C’était pendant un match contre Mondeville, sur une passe, ma jambe est en extension et le gars en face me ramasse", se souvient parfaitement Théo Barré. Résultat : un plâtre de la fesse au dernier orteil, un fauteuil roulant en guise de nouveau compagnon et six mois de rééducation. Mais le joueur du Stade Malherbe n’est pas au bout de ses malheurs. A peine remis, il fait une rechute quelques semaines plus tard. "En sautant une marche de 50 cm au collège, ça a pété. Un interne du CHU m’avait fait reprendre le sport un peu trop tôt". Une deuxième blessure similaire qui aurait pu compromettre son rêve d’être footballeur professionnel. "Comme mes fractures étaient déplacées (il s’est fait poser une broche et cinq vis), on m’explique que pour le foot, ça va devenir compliqué, je risque des séquelles". Au total, Théo Barré restera éloignée des terrains durant une saison.

Théo Barré

> Né le 10 janvier 2001 (20 ans) à Argentan (Orne).

Latéral. Droitier. 1,65 m pour 60 kg.

Parcours : Condé-sur-Noireau, La Selle-la-Forge, ASPTT Caen, SM Caen.

Son poste : latéral droit

"Le coach Ballon m’a dit qu’il trouvait que j’avais les caractéristiques"

A l’image de nombreux latéraux modernes, Théo Barré est un ancien excentré. "Je peux toujours y jouer, je n’ai pas perdu mes réflexes", lâche-t-il avec le sourire. C’est lors d’un tournoi avec les U17 que le Normand a reculé d’un cran sur le terrain. "Il n’y avait pas d’arrière droit. Le coach Ballon (Matthieu) m’a dit qu’il trouvait que j’avais les caractéristiques pour ce poste". Une décision qui ne l’a pas forcément dérangé. "Je suis quelqu’un qui aime les efforts, me projeter rapidement, peut-être un peu trop d’ailleurs, prendre des risques. Latéral, c’est juste partir de plus loin. Il faut savoir bien défendre, bien attaquer, multiplier les courses et mettre de l’intensité". En regardant son but, marqué avec les U19 en 2018, ils ont eu un bon aperçu de cette description (voir ci-dessous). Alors que le SMC ne regorge pas de spécialiste dans ce rôle, Théo Barré espère représenter une option sur le long terme aux yeux de Stéphane Moulin.

Sa particularité : il mesure 1,65 m

"Aujourd’hui, je fais de ma taille un atout"

Contrairement à d’autres sports collectifs, pas besoin d’être un golgoth pour pratiquer le foot à haut niveau. Théo Barré en constitue le parfait exemple. Du haut de son 1,65 m, ce garçon issu du centre de formation « Rouge et Bleu » a su se frayer un chemin vers les sommets. "Je pense, qu’à un moment, ma taille a pu être un inconvénient. Avant, sur les longs ballons aériens, sur les renversements à l’opposé, j’étais souvent en difficulté pour défendre", ne cache pas le principal intéressé qui s’inspire de Jordi Alba, l’arrière gauche du FC Barcelone et de l’équipe nationale d’Espagne, au gabarit similaire au sien. Mais depuis deux ans, Théo Barré a énormément progressé sur ses points faibles grâce au travail entrepris sous la coupe de Fabrice Vandeputte, l’entraîneur de la réserve caennaise. "Aujourd’hui, je fais de ma taille un atout en jouant sur mes qualités : ma vitesse, mon endurance, ma capacité à répéter les efforts… Mon objectif, c’est d’écœurer l’attaquant en face de moi, de le pousser à défendre au maximum pour qu’il n’ait plus de jus pour attaquer".

Une nouvelle vie de « pro » : l’intégration au vestiaire

"Symboliquement, c’est vrai que c’est un moment très fort"

Alors qu’il était prévu qu’il intègre la préparation du groupe professionnel dès le début, un pépin physique à un genou qui a nécessité une infiltration a failli tout remettre en cause. "Je ne m’attendais pas du tout à être rappelé. Je pensais reprendre avec la réserve", confiait Théo Barré il y a quelques semaines. "Avec les jeunes, on se connaît tous. Je m’entends bien aussi avec les anciens comme la Gonz (Anthony Gonçalves) et le peintre". Un surnom attribué à Yoann Court "car il ne sait pas jouer au ping-pong ni à la pétanque. Tout ce qui est manuel, ce n'est pas trop pour lui (rire)". En rejoignant temporairement le groupe dirigé par Stéphane Moulin, le natif d’Argentan a pu humer le parfum du vestiaire des « pros ». "Symboliquement, c’est vrai que c’est un moment fort". Mais pas encore son nom sur le casier, privilège réservé aux joueurs professionnels (il est sous contrat amateur). "Ce n’est pas l’objectif principal. L’objectif, c’est de jouer, le reste viendra ensuite. Je préfère jouer et être amateur que signer pro et ne pas disputer la moindre minute". Un état d’esprit qui pourrait bien le conduire à son objectif.

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