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Avec Beauvais, le défenseur a affronté le Stade Malherbe, son club formateur, samedi

Tony Villeray : "Peut-être que j’ai besoin de quitter le cocon familial pour franchir un cap"

Résumé

Comme de nombreux jeunes à la fin de la saison dernière, Tony Villeray (21 ans), après 11 saisons à défendre les couleurs « Rouge et Bleu », a appris que l’aventure avec son club formateur se terminait. Son départ du Stade Malherbe, son rêve envolé de jouer à d’Ornano, son rebond… Le défenseur de la réserve caennaise nous a livré un témoignage rare mais hyper-enrichissant.

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Non conservé par le Stade Malherbe après 11 saisons dans son club formateur, Tony Villeray a rebondi à Beauvais en N2. ©Damien Deslandes
Non conservé par le Stade Malherbe après 11 saisons dans son club formateur, Tony Villeray a rebondi à Beauvais en N2. ©Damien Deslandes
Corps

Chaque mois, nous allons à la rencontre de l’un des espoirs du Stade Malherbe, qu’il soit un titulaire en puissance de l’équipe première, un joueur en quête de temps de jeu ou un jeune de la réserve à qui l’on prédit un bel avenir. On parle de foot mais pas que...

La décision : pas conserver par le SMC

"Les cinq derniers mois n’ont pas été évidents à vivre"

En fin de contrat amateur avec le Stade Malherbe au 30 juin, Tony Villeray s’est vu signifier par ses dirigeants qu’ils ne le conserveraient pas. "Ça fait un peu mal. Les cinq derniers mois n’ont pas été évidents à vivre", ne cache pas celui qui peut aussi bien être aligné en charnière centrale qu’en position de latéral gauche. "Forcément, ça te met une claque. A l’entraînement, tu n’es plus le même. Surtout qu’avec la Covid, tu es privé de match(1)". Une situation d’autant plus difficile qu’il y a un an et demi, le Caennais d’origine a touché du bout du doigt son rêve. "Juste avant que la crise sanitaire n’éclate, Pascal Dupraz me dit qu’il va me donner ma chance. Quand il me l’annonce, je suis comme un dingue".

Mais l’arrêt prématuré des championnats en France remet tout en cause dont la signature d’un premier contrat professionnel. "On me l’a laissé entendre mais avec les problèmes d’argent du club, on m’a proposé finalement de repartir en amateur". Malgré ce coup dur, Tony Villeray positive. "Je me dis que ce n’est pas grave. De toute façon, on ne m’a jamais rien donné". L’opportunité ne va, malheureusement pour lui, pas se représenter. "Tu passes d’une saison où au début tu penses signer pro à la fin où on t’indique que c’est terminé. Là, tu te dis que tu as dû louper un épisode". Toutefois, le défenseur ne se cherche pas d’excuses. "Ce n’est jamais de la faute des autres. Si aujourd’hui, je ne suis pas pro à Malherbe, c’est que je n’ai pas fait tout ce qu’il fallait pour. Peut-être qu’il ne m’a manqué que 1%".

(1)A cause de la crise sanitaire, le championnat de N2 où évoluait Tony Villeray avec la réserve du Stade Malherbe a été stoppé à la fin du mois d’octobre.

Le lieu qui le fait rêver : d’Ornano

"Depuis que je suis tout petit, c’est « the » truc"

Originaire de Caen, intégré à l’école de foot du Stade Malherbe dès 10 ans, ayant fait toutes ses classes sous le maillot « Rouge et Bleu »… Tony Villeray a rêvé d’évoluer à d’Ornano, le stade qui l’a fait vibrer dès son plus jeune âge. "Depuis que je suis tout petit, d’Ornano, c’est « the » truc", raconte, des étoiles plein les yeux, le défenseur. "Je me suis toujours dit : « Un jour, j’y serai, c’est certain »". S’il n’a jamais disputé la moindre minute en professionnel, le gaucher a eu l’occasion de fouler cette pelouse à une reprise. "Lors d’une opposition interne avec la réserve à l’époque des (Fayçal) Fajr, (Fred) Guilbert (saison 2018-2019, en L1). D’ailleurs, c’est à ce moment-là que j’ai compris que chez les pros, ça envoyait quand même".

En compagnie de son père, Mathieu, Tony Villeray s’est souvent rendu en tant que spectateur dans les gradins de l’enceinte normande. "J’ai aussi emmené ma petite sœur, Julie (11 ans). Même si ce n’est pas une grande spécialiste de foot, elle a trouvé ça incroyable". Forcément, dans ce stade, les souvenirs ne manquent pas. "Comme cette frappe de Grégory Proment du milieu de terrain contre Valenciennes qu’il expédie en pleine lucarne".

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Malgré la déception de ne pas avoir été conservé par le Stade Malherbe, pas question d'arrêter le football pour Tony Villeray. ©Damien Deslandes

Un club : un retour un jour à Malherbe

"Bien sûr que le parcours de Fred Guilbert m’inspire"

Si Tony Villeray n’a pas été gardé par le Stade Malherbe, comment réagirait-il si son club formateur revenait vers lui d’ici quelques années ? "C’est difficile de répondre même si, bien entendu, ça ne me laisserait pas insensible. Il y a beaucoup de facteurs à prendre en compte comme le temps de jeu. Je préfère jouer un échelon plus bas en étant titulaire que remplaçant à Caen". Le jeune défenseur peut toujours prendre exemple sur Fred Guilbert qui a vécu un cas de figure similaire(2). "Bien sûr que ça m’inspire. Pour l’instant, on a le même parcours. Fred a montré que ce n’est pas la fin du monde de ne pas être conservé par un centre de formation. Il ne faut pas oublier qu’il a joué dans le plus grand championnat du monde (en Premier League anglaise avec Aston Villa)".

(2)Non conservé par le centre de formation du Stade Malherbe en 2013, Fred Guilbert était revenu dans le club caennais trois ans plus tard, prêté par Bordeaux avant d’y retourné définitivement la saison suivante. Il y est resté jusqu’en 2019 et son transfert pour Aston Villa.

Son avenir : l’heure du rebond

"Mes parents ont fait trop de sacrifices pour que j’arrête maintenant"

Si le fait de ne pas être prolongé par le Stade Malherbe fut un coup dur à encaisser, Tony Villeray a tourné la page. "Obligé, sinon je vais vivre perpétuellement avec des regrets". Pas question de mettre un terme à sa carrière. "Mes parents (son père Mathieu et sa maman Tiphanie) ont fait trop de sacrifices, j’ai fait trop de sacrifices pour arrêter maintenant. Et puis, c’est ma passion depuis tout petit. Je suis un compétiteur, je vais rebondir. Je ne vais pas me précipiter sur la première offre que je vais recevoir. Je dois faire un choix intelligent. Ce n’est pas le moment de s’aventurer n’importe où", lance celui qui a reçu un coup de fil de… Croatie au début du mercato ! La suite, elle se déroulera à Beauvais en N2.

Ce nouveau départ va également marquer un changement de vie pour Tony Villeray, lui qui habitait encore chez ses parents avec sa petite sœur dans l’agglomération caennaise. "C’est vrai que je n’ai jamais quitté le cocon familial mais je suis prêt à partir. Peut-être même que j’en ai besoin pour franchir un cap". Réponse d’ici quelques mois.

Tony Villeray

 

Tony Villeray

> Né le 14 avril 2000 (21 ans) à Caen (Calvados).

> Défenseur central ou latéral gauche. Gaucher. 1,80 m pour 72 kg.

> Parcours : Hérouville, ASPTT Caen, SM Caen (2010 - 2021), Beauvais (depuis 2021, N2).

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