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Ligue 2. L'ex-pensionnaire du centre de formation du SMC est prêté par Rennes

Un retour aux sources pour Jordan Tell

Résumé

Pour la troisième saison consécutive, Jordan Tell est l'objet d'un prêt sans option d'achat en Ligue 2. Après Valenciennes et Orléans, c'est au Stade Malherbe que cet attaquant (22 ans), sous contrat jusqu'en 2022 avec Rennes, pose ses valises. Un retour aux sources pour le Guadeloupéen, formé à Caen qui avait refusé il y a deux ans d'y signer son premier contrat professionnel, optant pour la proposition bretonne à l'époque.

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Juste avant de partir pour Rennes en 2017, Jordan Tell avait participé à cinq matches de Ligue 1 avec le Stade Malherbe dont celui du maintien sur la pelouse du Parc des Princes (J38. 1-1 le 20 mai 2017).
Juste avant de partir pour Rennes en 2017, Jordan Tell avait participé à cinq matches de Ligue 1 avec le Stade Malherbe dont celui du maintien sur la pelouse du Parc des Princes (J38. 1-1 le 20 mai 2017).
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Le Stade Malherbe a donc renoué avec l'un de ses ex. Un ex qui avait mis fin à leur histoire commune il y a deux ans en refusant de signer son premier contrat professionnel avec son club formateur, préférant succomber aux sirènes rennaises. "Il a eu une proposition d'un très gros club. Ce n'est pas le premier à l'avoir acceptée", le défend Frank Dechaume, l'un de ses éducateurs au SMC. Depuis cette rupture, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Surtout, plus aucun dirigeant normand de l'époque n'est encore en place (ni bretons d'ailleurs). Et ceux d'aujourd'hui, à moins d'une semaine de la fin du mercato, ne peuvent, de toute façon, pas se permettre de verser dans le sentimentalisme.

"Ce n'est pas parce qu'il était parti à rennes qu'il n'aime pas Caen"

A l'annonce de ce recrutement, certains supporters « Rouge et Bleu » ont pourtant grincé des dents sur les réseaux sociaux. "Ce n'est pas parce qu'il était parti à Rennes qu'il n'aime pas Caen. Car c'est tout le contraire. Je connais très bien le gamin, sa famille. Il est très bien entouré. Et pour moi, ce n'est pas anodin de le voir revenir", poursuit l'actuel manager général de La MOS (R1). Nul doute que les fans lui pardonneront facilement son infidélité précédente s'il inscrit une poignée de buts décisifs dans la course à la montée.

Car il ne faut pas s'y tromper, Jordan Tell, car c'est de lui dont il est question, possède un vrai beau potentiel. Ce n'est pas pour rien si le Stade Rennais, où il n'a certes pas réussi à s'imposer jusqu'à présent (six apparitions en L1 en 2017 pour un but), n'a pas voulu inclure une option d'achat dans ce prêt. "C'est un attaquant que les défenseurs n'aiment pas affronter. A la perte du ballon, il les harcèle, il leur fait mal", se souvient Grégory Proment qui l'a dirigé avec la réserve normande. "Il possède une qualité d'appel de balle extraordinaire". Frank Dechaume ne tarit pas non plus d'éloges sur son ancien protégé.

Son association avec Ngom paraît complémentaire

"C'est un attaquant très instinctif qui peut déclencher une frappe dès 30 mètres quand personne ne s'y attend. Il est attiré par le but. Il y est très adroit devant. Quand il jouait en U19, il se montrait décisif. Et quand il était absent, on le ressentait", détaille l'ex-responsable de cette catégorie au SMC. "C'est aussi un joueur capable de prendre les espaces, la profondeur, d'apporter de la vitesse". Bref, tout ce qui manque à ce Stade Malherbe-là. Sa future association avec Santy Ngom, débarqué, lui, de Nantes la semaine dernière, paraît complémentaire... tout du moins sur le papier. Toutefois, pour les voir ensemble sur un terrain, il faudra certainement patienter après la trêve internationale de septembre.

"Dès qu'il ressentait la moindre douleur, on aménageait son entraînement"

S'il n'a pas encore confirmé « ce fameux potentiel », c'est la faute à des blessures à répétition qui lui ont pourri une (grande) partie de sa jeune carrière. "Il a beaucoup été embêté au niveau des ischios", reconnaît Frank Dechaume. "Il a connu énormément de pépins sauf lors de sa dernière saison avec nous", précise Grégory Proment. "On avait passé un pacte. Dès qu'il ressentait le moindre douleur ou qu'il avait mal dormi, il devait me prévenir pour qu'on aménage son entraînement. Même si, au final, il n'a raté que très peu de séances".

Des ennuis physiques qui l'ont poursuivi après son départ de Normandie. Déjà prêté lors de l'exercice précédent en Ligue 2, à Orléans (sept buts pour deux passes décisives en 20 apparitions dont 12 titularisations), Jordan Tell avait été stoppé net en janvier par une blessure à la cuisse. Il n'avait plus rejoué derrière. Puis durant la préparation avec Rennes cet été, il a été victime d'une élongation au psoas dont il est à peine remis. "La seule véritable question avec Jordan, c'est sera-t-il capable d'enchaîner", s'interroge Frank Dechaume. Le président Fabrice Clément, le directeur sportif Yohan Eudeline et le coach Rui Almeida ont décidé de prendre ce risque.

Jordan Tell

> Né le 10 juin 1997 (22 ans) aux Abymes en Guadeloupe.

Attaquant. Droitier. 1,85 m pour 74 kg.

Parcours : Baie-Mahault (2003-2012, Guadeloupe), SM Caen (2012-2017, centre de formation-N3-L1), Rennes (août 2017-janvier 2018, L1), Valenciennes (janvier-mai 2018, L2, p), Orléans (2018-2019, L2, p).

International en équipe de France jeunes (U16-U20).

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