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L2. J18 - Auxerre / SM Caen, mardi 5 janvier à 20H au Stade de l'Abbé-Deschamps

Yoann Court - Alexandre Mendy : des débuts aux trajectoires opposées

Résumé

Pour espérer accrocher le Top 5 en mai, le Stade Malherbe aura besoin d'un Yoann Court et d'un Alexandre Mendy, deux de ses recrues du dernier mercato, au meilleur de leur forme. Si le milieu offensif s'est déjà rendu indispensable dans le collectif de Pascal Dupraz, l'avant-centre brille, jusqu'à présent, par son inefficacité. Décryptage de leurs performances avec Stat Malherbe.

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Si Yoann Court est un titulaire indiscutable du collectif caennais,Alexandre Mendy pourrait retrouver le onze de départ après avoir été suspendu contre Sochaux avant Noël. ©Damien Deslandes
Si Yoann Court est un titulaire indiscutable du collectif caennais,Alexandre Mendy pourrait retrouver le onze de départ après avoir été suspendu contre Sochaux avant Noël. ©Damien Deslandes
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Arrivés à une semaine d’intervalle fin septembre-début octobre, dans un mercato estival qui s'est prolongé jusqu'à l'automne à cause de la pandémie de la Covid-19, Yoann Court et Alexandre Mendy, partenaires à Brest la saison dernière (l'avant-centre était prêté par Bordeaux), se sont engagés sans indemnité de transfert avec le Stade Malherbe. Une aubaine pour le club normand ?

Yoann Court sur un côté, c'est mieux

Une des valeurs cachées d’un effectif réside dans la polyvalence de ses joueurs. C’est un des atouts du groupe malherbiste cette saison et Yoann Court en constitue le parfait exemple. Le n°13 des « Rouge et Bleu » a la capacité d'évoluer à la fois sur le côté gauche, dans l’axe ou à droite au milieu de terrain. Depuis le début de la saison, il a occupé tous ces postes mais on l’a senti plus à l’aise à droite, lui le gaucher, car c’est là où sa qualité de centre peut se révéler létale comme contre Amiens (J6. succès 1-0, le 3 octobre). Pour sa deuxième sortie avec le SMC, il avait délivré une merveille de centre enroulée pour Nicholas Gioacchini (voir vidéo ci-dessous).

Le dynamisme de l’ex-Brestois lui a permis d’être vite adopté par les supporters caennais qui l’ont élu meilleur joueur de leur équipe préférée à deux reprises, en octobre et en novembre. Yoann Court n’hésite pas à mouiller le maillot avec et sans ballon. Ses tacles rageurs et spectaculaires en sont une preuve. Il est le milieu de Ligue 2 qui tacle le plus depuis le coup d'envoi du championnat (1,33 par match). C’est un presque sans faute pour l’ancien pensionnaire du centre de formation de l’Olympique Lyonnais dont les compétences collent parfaitement aux codes du projet de jeu de Pascal Dupraz. Quitte à avoir beaucoup de déchets, la recrue normande cherchera quasi-systématiquement à jouer vers l’avant : seulement 17% de ses passes vont vers l’arrière. Aucun milieu de terrain de l'antichambre de l'élite ne fait mieux !

Alexandre Mendy, déjà maladroit avant Malherbe

La mesure des expected goals est un bon indicateur pour juger de l’adresse d’un footballeur. En mesurant la probabilité d'une opportunité de marquer pour chaque tir, on est en mesure de comparer les performances d’Alexandre Mendy face aux cages par rapport autres attaquants de Ligue 2 depuis le début de la saison.

Après 17 journées et 576' disputées sous le maillot « Rouge et Bleu », le n°19 du Stade Malherbe voit son compteur toujours vierge pour un nombre de buts attendus (traduction française du terme expected goals) de 3,03. Dans ce championnat, c’est l’attaquant le plus maladroit devant Gaëtan Courtet de l’AC Ajaccio qui totalise un écart défavorable de - 2,25. Loin devant, Mickaël Le Bihan caracole en tête de ce classement avec un écart favorable de + 6,37 (13 buts inscrits contre 6,63 attendus). L’impression visuelle de maladresse du néo-Caennais est renforcée par le ratio occasions manquées/tirs qui est très élevé puisque l'ex-Bordelais n’a frappé que 13 fois au but et raté donc des occasions très qualitatives, c’est-à-dire des tirs très proches des cages adverses.

Graphique des attaquants maladroits en Ligue 2.png

Selon les expected goals, Alexandre Mendy aurait dû marquer trois buts sur les 15 premières journées.

Tentatives d'Alexandre Mendy sur les 15 premières journées

Lors de la présentation d’Alexandre Mendy, Yohan Eudeline louait les qualités physiques d’un joueur "très adroit devant le but". Sans vouloir remettre en cause la parole du directeur sportif du SMC, les recruteurs caennais n'ont pas dû étudier en profondeur les lignes statistiques de leur nouveau poulain. En regardant d’un peu plus près le début de carrière de l'international guinéen, son rendement dans le dernier geste apparaît comme très médiocre avec 25 réalisations marquées pour 31 expected goals soit un écart défavorable de six buts. Au moment de conclure ses actions, Alexandre Mendy montre des signes de fébrilité et sa malchance ou sa maladresse ne date pas d’hier. Lors de sa saison précédente sous les couleurs du Stade Brestois par exemple, il avait inscrit quatre buts pour 7,2 expected goals soit un écart déjà défavorable de - 3,2 ! Son manque de réussite était (hélas) déjà prégnant.

Travailler sur ses préférences motrices

Dans un projet de jeu où les occasions sont rares (le Stade Malherbe n'avait tiré au but que 8,2 fois par match pour 13 réalisations en 15 journées), la transformation de ses opportunités en but est primordiale. La réussite des hommes de Pascal Dupraz dans la surface adverse est vitale s'ils souhaitent jouer le Top 5 jusqu'en mai. Cette saison, Alexandre Mendy ne cadre que 30,8% de ses tirs ; ce qui le classe au 49e rang parmi les 61 attaquants de L2 ayant disputé plus de 500' cette saison (il cadrait 32,6% de ses frappes à Brest). Mais que le principal intéressé se rassure, son manque de justesse n’est pas irréversible même à 26 ans.

Ancien éducateur-entraîneur à l’AG Caen, Damien Della Santa est expert en préférences motrices et membre de la cellule attaquant de la Fédération Française. Pour augmenter la qualité des frappes, il évoque comme levier la prise de connaissance du joueur de ses préférences motrices car beaucoup d'entre eux tirent au but en étant à l’opposé de leurs préférences motrices sur quasiment tous leurs échecs. Lorsque l’on visionne les échecs d’Alexandre Mendy à Brest ou au SMC, on remarque quelques similitudes de positionnement entre les épaules et les angles de passe. "Il nous suffit qu'Alexandre Mendy soit un peu plus verni, un peu plus prompt, un peu plus chanceux, un peu plus spontané, trouvez l'adjectif qui vous convient le mieux, pour qu'on compte encore plus de points", lançait Pascal Dupraz après la rencontre contre Troyes. Sans compter sur tous ces facteurs, un travail sur les préférences motrices pourrait déjà être un élément d'amélioration des futures performances du Franco-guinéen.

> L2. J18 - Auxerre (4e - 31 points) / SM Caen (7e - 26 points), mardi 5 janvier à 20 heures au Stade de l'Abbé-Deschamps.

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