Dans son illustre carrière sur les bancs normands, Vincent Laigneau en a trop vu pour imaginer poser ne serait-ce qu'un genou à terre alors que le mois de février vient à peine de commencer à dérouler ses jours. Si son US Alençon est embourbée dans la zone rouge de son groupe de National 3 et que sa trajectoire laisse augurer du pire, le technicien reste convaincu que ce n'est pas la relégation en Régional 1 qui attend le club ornais. "Il faut bosser, il faut y croire, il faut renverser cette tendance et la confiance va revenir", veut croire l'entraîneur de 62 ans. "Elle peut revenir rapidement si on a une dynamique de résultats". Alors que le cap de la mi-saison vient tout juste d'être franchi, le discours est clair chez Vincent Laigneau : "Je suis inquiet, mais pas pessimiste car je suis un bagarreur !" En substance, ce discours semble déjà s'être propagé dans son équipe. "Je sens un groupe concerné et impliqué malgré les résultats qui ne suivent pas", estime l'attaquant Elyass Dhoifirou. "On est dans une spirale négative, mais personne ne lâche et personne ne lâchera !"
L'inquiétude évoquée plus tôt par Vincent Laigneau vient d'un constat implacable : l'US Alençon ne s'est pas encore imposée au stade Jacque-Fould cette saison, en six tentatives. Or, il semble dur d'imaginer une équipe d'un quelconque championnat aller décrocher son maintien sans jamais s'imposer devant son public. "Je connais bien ce club, je suis là depuis 12 ans et c'est la première année où on n'a toujours pas gagné à domicile", déplore le coach. "C'est quelque chose qu'on n'a jamais vécu et oui, ça affecte le groupe, ça affecte tout le monde". Comment expliquer alors que l'USA plafonne à 11 points pris en 14 journées et stagne dans la zone de relégation ? "C'est la première saison où, à l'intérieur du groupe de l'US Alençon, on a autant de difficultés au niveau des absents pour des blessures ou suspension, souvent au même poste. Ça nous a mis dans une situation délicate". Au niveau de sa ligne défensive, l'ancien entraîneur de l'AF Virois n'a par exemple jamais pu compter sur toutes ses forces vives depuis l'entame du championnat.
Au moment où la chance tournera...
Dans son malheur, parce que le négatif a souvent tendant à attirer le négatif dans le monde du sport, l'US Alençon n'est pas non plus vernie en termes de réussite. Si l'équipe a mérité son sort lors de certaines défaites, elle a parfois été trahie par les dieux du football. "Guingamp, Fougères, Vitré et Milizac, ce sont des matches qu'on aurait dû remporter", estime Vincent Laigneau. "On pourrait compter quatre victoires de plus, mais c'est une fois encore lié à ce phénomène de groupe". Le manque de chance n'explique d'ailleurs pas tout si l'on se fie à l'analyse d'Elyass Dhoifirou. "Je ne dirais pas que c'est de la malchance, je dirais plutôt que si ça arrive plusieurs fois, c'est qu'il y a quelque chose qu'on doit mieux gérer", glisse l'ancien Flérien. "C'est un mélange de détails, un manque de concentration et c'est à nous de progresser là-dessus. Je pense que le coach nous fera travailler là-dessus pour qu'on ne se fasse plus avoir et qu'on puisse gérer nos matches jusqu'à la fin".
Privée de victoire depuis le 18 octobre, l'US Alençon commence à trouver le temps long et pour tenter de trouver un second souffle, la période de transferts hivernale a apporté quelques modifications au groupe. Reparti à l'ASPTT Caen (R1) pour raisons personnelles, Nicolas Camillo n'a pas été remplacé. Arrivé pour solidifier la défense, Yoann Dumay, joueur formé à Strasbourg, s'est malheureusement rapidement blessé et devra attendre pour enchaîner tandis qu'aux cages, Lucas Vovard a débarqué du Stade Malherbe pour épauler Arthur Duval et le challenger. "Le premier travail que j'ai mis en place depuis janvier, c'est aussi de resserrer ce groupe-là et de faire en sorte que mes blessés soient mieux soignés et réintègrent le groupe", précise Vincent Laigneau. "Je crois totalement au maintien", assure Elyass Dhoiforou. "Il va se gagner avec du caractère et je sais qu'il y en a dans cette équipe. J'y crois parce qu'on a des joueurs qui ne lâchent rien et qui ont une revanche à prendre sur cette deuxième partie de championnat". "J'ai dit à des gens autour de moi qu'on jouera notre maintien contre Brest au dernier match et on aura notre chance ce jour-là", clame Vincent Laigneau. Rendez-vous est donc donné le 16 mai prochain.
> N3. J16 - FC Lannion (3e - 24 points) / US Alençon (13e - 11 points), samedi 14 février à 18 heures au Stade René Guillou.






