Avec 17 points récoltés en l'espace de huit journées, une deuxième place à trois longueurs du leader angoumoisin et une série en cours de six victoires consécutives toutes compétitions confondues, l’US Avranches et ses supporters ont de quoi être comblés de leur premier quart de saison. Depuis leur défaite à Locminé (J5. 1-0) à la mi-septembre, Coupe de France et championnat confondus, le club du Sud-Manche a inscrit la bagatelle de 19 buts sans en encaisser le moindre. Sa récente victoire 3-0 chez l'Aviron Bayonnais d'Alexandre Raulin, l’une des « écuries » les plus en vue dans ce championnat, a conforté cette dynamique. Au-delà des chiffres, le coach Cédric Hengbart retient surtout les progrès accomplis depuis la reprise estivale. "Je suis satisfait de l’évolution entre le mois de juillet et aujourd’hui", se félicite-t-il. "Dans l’intensité de travail, dans ce qu’on met en place dans les séances, je trouve que l’équipe réagit et répond bien, elle progresse. Et ça se traduit directement par des résultats positifs sur le terrain". Une satisfaction qu'il s'accompagne d’un premier avertissement en direction de ses joueurs : "On n’a pas de marge de relâchement, parce qu’on a un groupe jeune qui peut vite s’enflammer".
Pour expliquer cette progression, Jessy Pi souligne d’abord la continuité dans le travail avec un entraîneur qui effectue sa deuxième saison sur le banc avranchinais. Les joueurs restés au club connaissent ses attentes et les recrues sont venues compléter les qualités de l’effectif en place. "Souvent, on dit qu’un projet met trois ans à prendre forme. La deuxième année, tu gardes ceux que tu voulais et les nouveaux arrivent pour bonifier un peu plus l’ensemble", glisse le capitaine du navire « Bleu et Blanc ». Le milieu de 33 ans voit aussi dans le recrutement une réponse aux manques identifiés lors de l'exercice précédent. "Le coach a engagé des joueurs à son image, des joueurs de ballon, des garçons qui ne se cachent pas, qui viennent demander et qui sont capables de prendre la profondeur. Il a analysé un peu ce qui nous manquait l’année dernière et, pour le moment, ça se passe plutôt bien".
"On dépend moins de l'adversaire que la saison dernière"
cédric Hengbart
Sur le terrain, cette évolution permet à l'US Avranches version 2026-2027 de mieux maîtriser ses rencontres. À Bayonne, le pressing haut et le marquage presque individuel demandés par le staff ont été appliqués avec efficacité. Surtout, le collectif manchois semble disposer de davantage de solutions pour faire basculer les matches en sa faveur. "La saison passée, on les gagnait un peu plus à l’arrache", admet Cédric Hengbart. "Cette année, on est quand même proactifs. J’ai une équipe qui est capable d’avoir le ballon, d’avoir la possession. J’ai une équipe qui est capable aussi de défendre pendant 45 minutes son but sans paniquer. J’ai une équipe qui est capable de jouer sur les transitions. J’ai plusieurs choix et je trouve que ça nous donne des forces". Cette capacité à dicter le tempo et les progrès affichés se résument finalement en une seule phrase : "On dépend moins de l’adversaire que la saison dernière".
Pour briguer la montée : viser la barre des 60 points
La solidité avranchinaise se construit également dans le vestiaire où l'on retrouve un détonant mélange entre des jeunes de moins de 25 ans et quelques trentenaires historiques. Entre les deux générations, personne ou presque. Cependant, autour des cadres expérimentés, les plus jeunes ont trouvé leur place, sans que les différences de parcours ne divisent le groupe. Jessy Pi insiste lourdement sur cette qualité dans les relations, qu’il juge déterminante. "La force de ce groupe, pour le moment, c’est qu’il y a énormément de respect des jeunes envers les anciens, mais énormément de respect aussi des anciens envers les jeunes. Il n’y a pas de clan, c’est tout le monde ensemble. Les jeunes sont à l’écoute, ils nous respectent, aussi de par notre carrière. Mais, en contrepartie, ce n’est pas parce qu’ils n’ont pas joué en Ligue 1 que je ne les écoute pas. Je les respecte énormément". Pour le milieu de terrain, la série sans but encaissé récompense également cet état d’esprit. "Ça se ressent sur le terrain. Si on ne prend pas beaucoup de buts, c’est parce qu’au-delà du talent, il y a une équipe qui a envie de ne pas en prendre. C’est un groupe, un collectif, une force..."
"Quand il commencera à faire froid, qu'il y aura de la pluie, du vent et qu'on perdra un match, c'est là qu'on verra la force du groupe"
Jessy Pi
Avec de telles bases, l’US Avranches regarde inévitablement vers le haut. Et Cédric Hengbart ne compte pas attendre davantage pour assumer les ambitions du club. "Nos objectifs ont toujours été en haut du classement. On ne s’en est jamais cachés : l’objectif du président et du club, c’est de remonter en Ligue 3 dans les deux ans", clame-t-il. "Quand on dit dans les deux ans, ça peut très bien être la première année". L'ancien entraîneur de Blois place sans détour son équipe parmi les prétendants, aux côtés notamment d’Angoulême et de Bayonne, tout en rappelant que Saint-Malo (8e) reste armé malgré son retard. "S’il y a une possibilité de jouer la montée cette année, on la jouera. Et on la joue déjà, en fait". Pour entretenir cette ambition, il n'y a pas 36 solutions pour l'ex-Malherbiste: "Une montée, ça se joue à 60 points. Peu importe ce qu’il y a devant et derrière, l’objectif, c’est d’être dans le rythme de deux points par match. Aujourd’hui, on y est. Tant qu’on y sera, on ne sera pas très loin de la montée". Pour rappel, seul le premier de chaque poule grimpera dans l'ascenseur direction le monde « pro ».
Jessy Pi accueille également cette deuxième place avec satisfaction, tout en attendant de voir comment son équipe traversera les passages moins favorables. La saison dernière, l'US Avranches comptait déjà 16 unités après huit journées avant de ralentir brusquement. Ce souvenir invite l'ancien Caennais à la vigilance. "On est tous très contents d’être là, à trois points du premier, Angoulême", lance-t-il. "Maintenant, l’effectif a énormément changé, il y a eu beaucoup de nouveaux joueurs, donc on ne se connaît pas encore dans la difficulté. C’est quand les mauvais résultats commencent à arriver qu’on voit comment un groupe réagit. Pour le moment, on n’en a pas encore connu. Bon, si on n'en connaît pas jusqu’à la fin de la saison, je signe tout de suite !" La réaction après le nul contre Dinan (J4. 0-0, samedi 12 septembre) et la défaite à Locminé offre déjà un premier signe encourageant. Mais le capitaine sait ce qui attend les siens : "Quand il commencera à faire froid, qu’il y aura de la pluie, du vent et qu’on perdra un match, c’est là qu’on verra la force du groupe, le caractère de l’effectif". La réception de Pontivy, ce samedi, peut déjà apporter des éléments de réponse sur la capacité de cette cuvée avranchinaise à briller sur la durée.
> N1. J9 - US Avranches (2e - 17 points) / Pontivy (14e - 5 points), samedi 7 novembre à 18 heures au Stade René-Fenouillère.
Aurélien RENAULT






