Stéphane Moulin : "Je suis partagé entre du dégoût et de la colère"

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> Stéphane Moulin, entraîneur du SM Caen : "Je suis partagé entre du dégoût et de la colère. Je trouve cette manière de procéder dégueulasse. Ça me donne envie de vomir. Qu'on remette en cause mes compétences professionnelles, c'est une chose, j'y suis préparé mais là, on touche mon intégrité en tant qu'homme, sur un sujet aussi sensible*. C'est grave. Je ne le supporte pas. Et ça ne touche pas que moi mais aussi ma femme, mes enfants, ma famille, mes amis... Sans compter qu'après de telles accusations, la sécurité de mes proches et la mienne peut être menacée. Je peux vous assurer que mes valeurs sont très éloignées de celles que me prêtent ce Monsieur (Romain Molina). Surtout que ce Monsieur, je ne le connais pas, je ne sais pas qui il est, je ne lui ai jamais parlé. Du coup, je me sens obligé de me justifier. Lui, il lance des accusations gratuites comme quoi je serais raciste sans aucune preuve alors que moi, j'ai plein d'éléments à vous fournir pour démontrer le contraire.

"Face à de telles accusations, je ne peux pas laisser passer. Je dis stop. Je vais porter plainte"

Il parle de la formation. Mais vous savez qui est le directeur du centre de formation à Angers ? C'est Abdel Bouhazama. C'est moi qui l'ait fait venir, il a été mon capitaine à l'époque où j'entraînais Châtellerault. Pour quelqu'un qui soi-disant n'apprécierait pas les Maghrébins, c'est quand même assez exceptionnel. Vous croyez vraiment que si j'étais comme ça, j'aurais travaillé pendant dix ans avec un président d'origine algérienne (Saïd Chabanne), qu'il ne m'aurait pas viré avant, que j'aurais nommé comme capitaine Ismaël Traoré et Cheikh Ndoye à Angers, que j'aurais recruté à Caen des joueurs comme Ali Abdi et Mehdi Chahiri, que j'aurais lancé en pro Ilyes Najim et Steve Shamal. Vous savez, en matière de football, je ne m'intéresse qu'à une seule chose : le profil et la qualité des garçons, pas à leur couleur de peau.

Concernant le fait que je ferais « la chasse au Ramadan » à la sortie du centre de formation, c'est n'importe quoi. A Angers, les joueurs de confession musulmane effectuaient le Ramadan pendant la préparation sans aucun problème. Partout où je suis passé, j'ai toujours respecté les religions de tout le monde. La seule chose, mais je peux vous assurer que ça se passe comme ça dans tous les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2, on déconseillait aux joueurs le jour de la compétition, de disputer un match, de faire un effort à haute intensité s'ils ne buvaient ni ne mangeaient rien de la journée. Ce n'est même pas moi qui le dis, c'est le médecin. C'est une question de santé pour les joueurs. C'est dangereux pour eux. Et comme les joueurs sont intelligents, ils le comprenaient parfaitement. Et comme ils en avaient la possibilité, s'il y avait un match, ils décalaient leur Ramadan d'une journée. Face à de telles accusations, je ne peux pas laisser passer, je dis STOP. Je vais porter plainte".

*"Stéphane Moulin, il faisait la chasse au ramadan au centre. De l'avis de plusieurs joueurs, c'était très compliqué avec les Maghrébins et les Musulmans. Comme il disait : « Vous autres, vous là ». Tout le monde est au courant (...) Par derrière les joueurs, ils disent : « Regarde-moi ce facho »", a notamment déclaré Romain Molina, journaliste indépendant, dans un « space » sur Twitter (un live où ses followers pouvaient interagir, lundi soir.

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