Après avoir fait la chasse aux œufs de Pâques, l'Avant-Garde et le FCR poursuivent leur course pour le fauteuil de leader de Régional 1. Dimanche, aux alentours de 17 heures, tous les suiveurs du football féminin normand attendront avec impatience l'issue de ce choc entre les deux meilleurs représentants du championnat. En tête avec un « petit » point d'avance, les Rouennaises s'avancent très prudemment à l'heure de se déplacer au Stade de l'IUT. "On sait que c'est un match difficile. Là-bas, tout sera fait pour nous déstabiliser", estime Stéphane Arnold, le coach des « Diables Rouges ». "Mais on ne ressent pas de pression particulière". Par rapport à son futur adversaire, l'AGC accuse une défaite supplémentaire, concédée justement sur le terrain rouennais. Le 16 novembre, Bruna Lefevre et ses coéquipières avaient perdu 3-1. Déçues du contenu proposé ; "On était passé à côté de notre match", déplore Benoît Sauveur, leur entraîneur, les Caennaises veulent inverser la tendance au match retour. "On a une revanche à prendre. Les filles attendent ce match avec impatience. On en parle depuis plusieurs semaines".
Depuis le début de cet exercice 2025-2026, les deux équipes se tiennent au coude à coude. Après avoir raté tous les deux leur départ, avec des défaites respectives contre La Mos pour l'Avant-Garde (6-5) et face à Evreux pour le FCR (2-1), les deux collectifs ne se sont pas lâchés d'une semelle. Quand l'un gagnait, l'autre lui répondait. Quand l'autre commettait une erreur, l'autre l'imitait le week-end suivant. De toute façon, les calculs sont simples ; l'AGC et le FCR n'ont commis que deux faux pas cette saison. Même si Stéphane Arnold met l'accent sur le côté « illisible » de ce championnat, les deux cadors se sont tout de même offert des cartons, à l'image d'un 9-0 des Caennaises aux dépens du FC Flers ou encore d'un 10-0 des « Diablesses » contre l'AS Cherbourg.
"Quand on a gagné à Alençon, les filles ont réalisé qu'elles étaient capables de fournir une grosse prestation"
Benoît Sauveur
Même l'US Alençon, sur la troisième marche du podium, qui réalise une très belle saison (à huit points de la deuxième place), n'a jamais été en mesure d'inquiéter les deux prétendants à la montée. "On a eu un déclic après notre défaite à Rouen justement, où l'on a gagné à Alençon (1-0), après un match très compliqué. Il s'est passé quelque chose dans l'équipe. Les filles ont réalisé que face à une grosse cylindrée, elles étaient capables de fournir une grosse prestation", rapporte Benoît Sauveur, le coach caennais, pourtant parti en début de saison avec l'ambition de prétendre à un Top 5.
L'attaque la plus prolifique contre la défense la plus hermétique
Aussi surprenant soit-il, l'Avant-Garde et le FCR se ressemblent au-delà des résultats. Nullement prédestinée à titiller le fauteuil de leader, l'AGC compose avec un collectif composé en grande majorité d'étudiantes et de six lycéennes. La moyenne d'âge se situe aux alentours de 18-19 ans, "avec 70 % de l'effectif qui découvre le niveau régional", avance Benoît Sauveur. Constat identique du côté des « Diablesses ». S'il est habitué à briguer les premiers rôles depuis trois saisons, le club rouennais a renouvelé son effectif l'été dernier. "Le groupe a été reconstruit à 80 %", admet Stéphane Arnold. "Je pense que j'ai quelques filles un peu plus expérimentées qu'à Caen, mais ça ne se joue pas à grand chose. Beaucoup de mes joueuses découvrent aussi le niveau R1. C'est positif, ça veut dire que le travail de formation commence à payer".
"Si on l'emporte, ça nous laisse un joker pour la fin de saison (...) Si l'AG Caen s'impose, rien ne sera fait"
Stéphane Arnold
Alors dimanche, dans les deux camps, il faudra conserver cette fougue de la jeunesse et ne pas trop réfléchir. Ce choc entre leaders constitue une finale avant l'heure. De part et d'autre du rectangle vert, les techniciens ont bien conscience que cette confrontation s'avérera décisive dans la course aux barrages d'accession en Division 3. "L'équipe qui gagne ne sera pas forcément championne, mais le résultat aura un impact plus ou moins grand sur la suite. Si on l'emporte, ça nous laisse un joker pour la fin de saison. Si on fait match nul, ça sera serré jusqu'au bout. Si l'AG Caen s'impose, il aura deux points d'avance sur nous, mais rien ne sera fait", calcule le technicien rouennais. Après ce duel au sommet, l'AGC affrontera Alençon ou encore la MOS durant les quatre dernières journées. Benoît Sauveur se veut encore plus pragmatique. "Notre calendrier est peut-être plus difficile, mais si on gagne dimanche, on peut aussi être inarrêtables. Si les Rouennaises gagnent, elles finiront premières".
A domicile, l'Avant-Garde bénéficiera du soutien de son public. Des messages en interne ont d'ailleurs été transmis afin de réunir un maximum de monde. Et pour enflammer leurs supporters, les Caennaises pourront également s'appuyer sur un secteur offensif chirurgical. L'AGC peut se targuer de compter sur la meilleure attaque du championnat avec déjà 89 buts inscrits, soit 33 de plus que le FCR. 40 % de ses réalisations ont été marquées par sa goleador « maison », Elise Martin Sassier (37 buts !). Dans l'histoire de ce championnat, seul QRM a réussi à franchir la barre des 100 buts en une saison ; celle de leur montée en D3 (2023-2024). Maëlys Soulier et ses partenaires disposent, elles, de la défense la plus solide de R1 avec seulement 19 buts encaissés, soit huit de moins que son prochain hôte. "Caen est une très belle équipe, jeune et joueuse. Leurs attaquantes sont cliniques mais on n'a pas peur", assure Stéphane Arnold. "Ce match ajoute une petite adrénaline supplémentaire, c'est excitant". De son côté, l'armada de Benoît Sauveur, avec ses 36 buts inscrits sur les cinq dernières journées, s'apprête à disputer le match le plus crucial de sa saison. Cela promet 90 minutes des plus électriques.
> Régional 1 Féminin. J17 - AG Caen (2e - 40 points) / FC Rouen (1er - 41 points), dimanche 12 avril à 15 heures au Stade de l'IUT.
Léa QUINIO






