Des amis d’enfance
"J’en ai passé des week-ends chez Félix, à jouer au foot, aux jeux vidéo"
Et si Félix Legras et Benjamin Morel étaient destinés à travailler ensemble. Ce n’est peut-être qu’un signe mais ces deux jeunes hommes sont nés le même jour, le 10 juin 1987, à Caen ! Ça ne s’invente pas. Au-delà de ce clin d’œil amusant, les deux techniciens, désormais réunis dans le staff de l’Avant-Garde, sont avant tout des amis d’enfance. "Avec Félix, on se connaît depuis qu’on a l’âge de 8-9 ans", rembobine l’ancien coach hérouvillais. "J’en ai passé des week-ends chez lui, à Colombelles, à jouer au foot, aux jeux vidéo. On est même partis plusieurs fois en vacances à Granville, chez les grands-parents de ses cousins (dont Léo Hamel, qui évolue à l’ASPTT)". La passion du ballon rond les a toujours liés. "On a démarré le foot à Mondeville en même temps. Chez les jeunes, on a souvent joué ensemble avant que Ben ne prenne son envol", rapporte celui qui vient d’être promu manager général de l’AGC (lire ci-dessous).
Depuis qu’ils ont décidé chacun d’embrasser la carrière d’entraîneur il y a quelques années, Félix Legras et Benjamin Morel se sont encore plus rapprochés. "Félix, c’est certainement la personne de mon répertoire que j’appelais le plus dans la semaine, au minimum, une fois par jour", confie l’ex « pro » à Malherbe, Clermont ou en Slovénie. "On aimait bien échanger sur nos idées, sur nos problématiques de coach au quotidien, sur nos préparations de match... En nous confrontant à une vision différente, ça nous permettait de progresser". A noter que ce n'est pas la première fois que les deux amis d'enfance collaborent. "Quand Ben était joueur à l'Avant-Garde (en 2018-2019), on se partageait la catégorie U11-U10. On peut presque dire que c'est moi qui l'ait lancé comme éducateur", s'en amuse Félix Legras. "Je l'avais déjà été dans certains de mes clubs précédents, mais c'est vrai que c'est la première fois que j'avais la responsabilité d'une équipe la semaine et le week-end pour les matchs", précise son binôme.
L’origine de leur association
"Il fallait que Félix soit d'accord à 100%, qu'il n'émette aucune réticence"
Si, aujourd’hui, Félix Legras et Benjamin Morel sont associés à l’Avant-Garde, c’est notamment par le biais d’un homme : Cyril Deloffre. Depuis leur expérience en commun la saison dernière à la JS Douvres (R2), celui qui préside le club caennais depuis six mois a toujours eu la volonté de rapatrier son ancien coach à ses côtés. Déjà cet été, des contacts avaient eu lieu dans ce sens. "Quand Cyril a appris que je démissionnais d’Hérouville, il m’a contacté de nouveau pour me demander si ça pouvait m’intéresser de venir", raconte Benjamin Morel qui clarifie un point très important à ses yeux. "Je n’ai pas attendu d’avoir un autre projet pour partir d’Hérouville. Ce n’est qu’après que ma démission soit officialisée (le 20 janvier) que j’ai reçu cette sollicitation de l’Avant-Garde. Quand je suis quelque part, je m’investis à 100%, je n’ai jamais joué sur deux tableaux". Voici la réponse pour ceux qui s’interrogeaient sur la rapidité du timing entre son départ d’une structure et son arrivée dans la suivante.
Toutefois, pour s’engager en faveur de l’AGC, il y avait une condition non-négociable aux yeux de l’ex-entraîneur de l’AS Villers : "Il fallait que Félix soit d’accord à 100%, qu’il n’émette aucune réticence. Jamais, je ne me serais imposé ou j’aurais forcé ma venue". Au contraire, Félix Legras, historique de la maison « Bleue et Blanche », y a vu une belle opportunité de poursuivre le développement de « son » Avant-Garde. "Avec Ben, on a envie de vivre de notre passion, mais surtout de la partager et de la transmettre aux joueurs et de façon globale, à tout l’environnement du club. C’est ce qui doit animer tout le monde au quotidien". Si cette organisation ne s’est pas encore généralisée dans le monde du football, les deux techniciens sont convaincus qu’un binôme à la tête d’une équipe, ça peut fonctionner. "Ça se voit de plus en plus", relève Benjamin Morel, prenant pour exemple les frères Théault, Tony et Robin, à Vire (N3). "Notre duo ressemble beaucoup à celui mis en place à Dives. Aux côtés de Philippe (Clément), l’historique, il y a Julien (Le Pen) qui a apporté des compétences supplémentaires", ajoute Félix Legras.

Après l'AS Villers qu'il a conduit en N2, la JS Douvres, le SC Hérouville, Benjamin Morel connaît sa quatrième expérience en tant qu'entraîneur. ©Damien Deslandes
Le fonctionnement de leur duo
"Il faut toujours que quelqu’un prenne la décision finale, mais elle est souvent le fruit d’une réflexion collective"
Si Félix Legras et Benjamin Morel sont associés, c’est l’ex-Hérouvillais qui est officiellement le coach de l’Avant-Garde sur cette phase retour. Pour sa part, son prédécesseur se voit confier des missions plus larges avec cette casquette de manager général. "On servira de référents pour le président (Cyril Deloffre) dans des domaines différents. Pour tout ce qui est lié au terrain, au jeu, il se tournera vers Ben. Me concernant, je me chargerai du développement sportif, de la gestion administrative et financière", énumère l’éducateur historique de l’AGC. Les autres membres du staff, eux, conservent leurs prérogatives avec Karim Ahmed Yahia en tant que responsable des gardiens et Sébastien Mazure comme adjoint. "Séb a noué des liens avec les joueurs, ils l’apprécient, il leur apporte énormément", met en avant Félix Legras qui continue, pour sa part, d’être présent à toutes les séances et d’assister à tous les matchs depuis le banc de touche.
Se pose dès lors la question de savoir qui tranchera pour choisir un système, titulariser un joueur, effectuer un changement ? "Bien sûr, il faut toujours que quelqu’un prenne la décision finale, mais elle est souvent le fruit d’une réflexion collégiale. Avant que Ben ne soit là, mes choix étaient souvent influencés par mes discussions avec Séb. Ce qui est important, c’est de ne pas rester enfermer sur une idée, une position, une conviction… Chacun avance ses arguments. C’est ce qui permet de progresser", explique celui qui possède le plus d’ancienneté à l’Avant-Garde. Une cohabitation qui n’inquiète nullement Benjamin Morel. "Avec Félix, on a une vision du foot similaire, pour ne pas dire identique. Je pense qu’on est très complémentaires".
Leurs ambitions pour cette saison
"Si des favoris n’assument pas leur statut, on saisira les opportunités qui se présenteront"
Avec cet organigramme renforcé, l’Avant-Garde est-elle capable de se mêler à la lutte pour la montée en N3, un an après avoir été reléguée de cette division ? Après 12 journées, les coéquipiers de Romain Gosnet (4e) accusent sept longueurs de retard sur leur voisin de l’ASPTT (2e), première équipe en position d’accéder à la division supérieure*. "On veut espérer quelque chose le plus longtemps possible pour vivre une deuxième partie de championnat passionnante. On reste des compétiteurs", avance Benjamin Morel qui se projette déjà sur le moyen terme. "En arrivant dès cet hiver, le but est de préparer au mieux la saison d’après où l’objectif de la montée sera plus naturel". "Maintenant, si des favoris n’assument pas leur statut, on saisira les opportunités qui se présenteront", assure Félix Legras. En jetant un coup d’œil au calendrier, il n’a échappé à personne qu’une confrontation 100% caennaise est fixée à trois journées du terme du Régional 1 (le 9 mai). Si d’ici cette date, l’Avant-Garde revient à portée de fusil de l’ASPTT, ce derby promet d’être bouillant.
*Leader de la poule A, la réserve de l’US Granville n’est pas éligible à la montée en N3. L’équipe première du club manchois n’évoluant au mieux qu’en N2 la saison prochaine, il faut au minimum deux divisions d’écart.
Mathieu BILLEAUD
Une promotion pour Félix Legras

Dans les prochains mois, l'Avant-Garde du manager général Félix Legras va être dotée de nouveaux bureaux administratifs. Le club espère aussi que son terrain synthétique sera changé à l'horizon 2027. ©Damien Deslandes
En plus de ses responsabilités avec l'équipe première, qu'il partage désormais avec Benjamin Morel, Félix Legras a été promu manager général de l'Avant-Garde. Si dans les faits, cet éducateur historique du club caennais agissait déjà dans de nombreux domaines, son champ d'action s'agrandit encore. "Je vais intervenir sur différents aspects comme la gestion du budget, une tâche qui revenait avant aux bénévoles. Je souhaite également accompagner le pôle féminin en m'appuyant sur Benoît Sauveur (le coach de l'équipe en R1). Pour chaque pôle, on a des référents à l'image de Pierre Tanguy, qui a très bien développé notre école de foot. On veut se structurer encore plus", rapporte le manager général alors que son club va être doté de nouveaux bureaux administratifs cette année. Les dirigeants de l'AGC espèrent également que le synthétique du Stade de l'IUT sera changé à l'horizon 2027.






