Parcours, course à la qualification, souvenirs olympiques... En partenariat avec la Région Normandie, la rédaction de FOOT NORMAND a décidé de mettre à l'honneur les athlètes de la Team Normandie. Paris 2024 désormais dans le rétroviseur, tous se projettent sur les Jeux Olympiques et Paralympiques de Los Angeles, en 2028.
Son parcours
"Une fois que j’ai posé mes fesses sur un poney, je n’en suis jamais redescendu"
Sébastien Cavaillon n’est pas du tout issu d’une famille de cavaliers. Pourtant, l’athlète de 43 ans a débuté à l’âge de huit ans, en Île-de-France, grâce à la proximité d'un centre équestre à côté de chez lui. "Mes parents ne pratiquaient pas du tout l’équitation, mais nous habitions dans un appartement en région parisienne, à Vélizy-Villacoublay (Yvelines). Il y avait un poney-club de l’autre côté de la forêt. Je m’y suis rendu et, une fois que j’ai posé mes fesses dessus, je n’en suis jamais redescendu". Plusieurs décennies plus tard, l'Eurois d'adoption s’impose comme l’un des meilleurs Français en concours complet. "Avant, on avait tout de suite une approche sportive de la pratique. Aujourd’hui, c’est l’inverse, on commence par le loisir avant d’évoluer vers la compétition", reprend le membre de la Team Normandie depuis cette saison. "Dans ce poney-club, on faisait des compétitions, mais pas nationales. J’ai alors évolué vers d’autres structures pour continuer ma progression".
Arrivé à l’AC Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) en 1997, Sébastien Cavaillon a alors 14 ans. C'est dans cette structure qu'il découvre le concours complet. Quatre ans plus tard, il décroche son premier titre en championnat de France des clubs. Entre 2002 et 2004, le cavalier part pour le Polo Club de Paris, proche de l’hippodrome de Longchamp, puis passe son BPJEPS (diplôme d'éducateur) au Haras de Jardy en 2006 avant d’aller terminer sa formation à Chantilly (Oise), la capitale du cheval, chez l’ancien membre de l’équipe de France, Frédéric de Romblay. Époque où il débute sur la scène internationale. Le moment est ensuite venu de penser à lui, à son avenir et à voler de ses propres ailes. "J’ai commencé par louer des boxes dans une écurie privée en Normandie. Ils se sont remplis au fur et à mesure, je me suis fait ma clientèle. Et puis j’ai rencontré ma compagne, Julie Bordenave, qui est de Pau. Elle m’a rejoint, elle a terminé ses études dans le domaine des assurances, et puis l’opportunité de s’installer ensemble au Haras de Montmal au Bec-Hellouin (Eure) s’est présentée en 2012". Le voilà alors chef d’entreprise en plus d’athlète.
Son modèle économique et sportif
"Plusieurs chevaux m’ont permis d’aller vers le très haut niveau"
Il faut préciser que dans le domaine équestre, le modèle économique et sportif est totalement différent des autres sports. Dans leur haras, Sébastien Cavaillon, sa compagne, ses deux employés et son apprenti, sont occupés sept jours sur sept. "La structure est une écurie. Les propriétaires mettent leurs chevaux en pension chez nous, ils prennent des cours, du coaching en compétition, viennent en stage. Ensuite, on a une partie commerce où les chevaux sont là pour être valorisés, c’est de l’élevage. On les accueille, on les entraîne et on les fait progresser pour augmenter leur niveau et leur faire prendre de la valeur". Avec 25 à 30 « pensionnaires » en permanence sur son domaine, le planning est rythmé, d’autant que l'éleveur doit aussi trouver le temps de s’entraîner avec les chevaux qu’il monte en compétition. "On n’a pas de jour off", rigole le cavalier dont la vie est rythmée par sa passion, et donc son métier.
"J’ai débuté le haut niveau en 2009, mais cela dépend aussi beaucoup du cheval qu’on a sous la selle. J’ai eu la chance d’en monter plusieurs qui m’ont permis d’aller vers le très haut niveau", confie l'Eurois. Dans une discipline où la connexion s’avère primordiale entre l’homme et sa monture, Sébastien Cavaillon semble avoir trouvé en Elipso de la Vigne, le complice qui peut l’emmener loin. "Il a été sélectionné comme réserviste aux Jeux de Paris 2024 puis a décroché la médaille de bronze au Championnat d’Europe en 2025". Chose étrange dans cette discipline, un cavalier parle toujours de la qualification de son cheval, même s’ils forment un duo inséparable en compétition. Des épreuves qu’il faut d’ailleurs appréhender de plusieurs manières puisque le concours complet se compose de trois disciplines. "C’est un triathlon", détaille l'athlète. "Il y a le cross, le saut d’obstacles et le dressage. Quand Elipso est arrivé dans mes écuries, il avait cinq ans, il faisait du saut depuis un an. J’ai tout de suite décelé qu’il présentait les aptitudes pour être un cheval de très haut niveau en concours complet".
Son chemin vers Los Angeles 2028
"Après deux présélections, l’idée est de ne plus être réserviste"
L’histoire des Jeux Olympiques se refuse pour le moment à Sébastien Cavaillon. Il a « seulement » été présélectionné pour les Jeux de Tokyo 2020, avec une autre jument, Sarah d'Argouges, puis ceux de Paris en 2024, avec Elipso de la Vigne donc. Le cavalier et son cheval, âgé aujourd’hui de 12 ans, visent désormais Los Angeles 2028. "Après deux présélections, l’idée est de ne plus être réserviste. Elipso avait 11 ans en 2024, mais le staff de la Fédération a estimé qu’il était encore trop jeune. En compétition internationale, un cheval peut concourir jusqu'à 18-19 ans environ", précise le membre de la Team Normandie. "Sur les grandes échéances, c’est le staff fédéral et le chef d’équipe qui décident. Mes deux présélections montrent que j’arrive à performer régulièrement sur des compétitions nationales et internationales". Le souci pour un cavalier, c’est de gérer son physique, mais également celui de sa monture. "Le but, c’est de rester performant tout en veillant à ce que la santé de mon cheval demeure elle aussi au top, en parallèle de la mienne évidemment. Il faut trouver le bon dosage pour être compétitif sur la durée et ne pas risquer la blessure stupide ou la contre-perf'. Ensuite, si la dynamique est bonne, on doit donner envie au staff fédéral de nous sélectionner".
Et pour atteindre cet objectif, il faut également trouver un équilibre dans la progression. Car avec des compétitions qui ont lieu de mars à octobre et ces « triathlons » imposés aux chevaux, ces derniers ne disputent que six épreuves dans l’année. "On monte plusieurs chevaux sur les compétitions. On a le droit jusqu’à six par événement. Cela nous permet de progresser en tant qu’athlète". Victorieux mi-mai du Grand National CCE au Lion d’Angers (Maine-et-Loire) puis du Concours Complet International de Vittel (Vosges) mi-juin, Sébastien Cavaillon n’a monté « que » deux chevaux lors de ces week-ends. "Au Lion, j’ai débuté avec Elipso, avec lequel j’ai réalisé mes meilleures performances avec lui, c’est le tirage au sort qui veut ça. Parfois, on chevauche les autres avant, ça permet de reconnaître les parcours". Attention également, car il faut savoir ménager les montures sur la durée. "En fonction du calendrier des compétitions, c’est comme pour les triathlètes, on a une phase de préparation et de récupération". Et pour espérer aller aux JO en Californie dans deux ans, Sébastien Cavaillon devra tout planifier pour rester performant avec Elipso et taper dans les yeux des décideurs de la Fédération française d’Equitation.
Florian POLTEAU-GOMEZ

Sébastien Cavaillon
- Née le 7 juillet 1983 (43 ans)
- Discipline : équitation - concourt complet
- Club : SCEA Equicomplet Bec-Hellouin (Eure)
- Eleveur, cavalier et chef d'entreprise
Palmarès
- Vainqueur du Grand National CCE au Lion d‘Angers et du Concours Complet International de Vittel (2026)
- 3e aux Championnat d’Europe au Mans (2025)
- Vainqueur du concours complet du Haras du Pin (2025)
- Réserviste JO Paris (2024) et Tokyo (2020)
- 3e CCI 4*- S Bramham (2024)
- 10 podiums (dont 2 pro-élite)






