Tous ceux qui ont assisté à l’entraînement du BFC, lundi soir, n’auraient pas parié un kopeck sur le fait que Paul Aubel dispute l’intégralité de la rencontre contre l’OM. A la veille de ce 16e de finale, difficile d’imaginer, d’ailleurs, qu’il avait la capacité de fouler la pelouse de d’Ornano, ne serait-ce qu’une minute. "Je n’arrivais pas à courir, ni à poser le pied. Au bout d’un tour de terrain, je me suis arrêté. Pour rentrer du synthétique (de Pompidou, sur le complexe de Venoix, à Caen, où avait été délocalisée la séance) jusqu’au vestiaire, j’ai mis une demi-heure", raconte le n°10 des « Jaune et Bleu ». En cause, une blessure à son pied gauche contractée à quelques jours de cette affiche de gala. Vendredi, lors d’une opposition amicale face à l’ASPTT Caen, le meneur de jeu bayeusain a reçu un coup qui a réveillé une fracture du cinquième métatarse. Mais pour lui, il était impensable de rater ce rendez-vous d’une vie, d’autant plus qu’il avait été privé d’une précédente confrontation contre Marseille, déjà en Coupe de France, en 2020, à l’époque où il défendait les couleurs de l’US Granville.
"Pas question que ça recommence", s’est-il promis. "J’ai pensé à ma famille qui était déjà dans les tribunes il y a six ans et qui était de nouveau présente ce soir (mardi). Je ne pouvais pas la louper une deuxième fois juste pour une douleur". Paul Aubel a alors tout mis en œuvre pour être apte à 21 heures, utilisant des méthodes conventionnelles (glacer son pied tout le week-end, radio au service des urgences, consultation d'un étiopathe) et d’autres un peu moins… Par l’intermédiaire de son employeur, Lionel Duhamelet, également membre du comité directeur du club du Bessin, le milieu de terrain a, tout d’abord, été consulté à deux reprises un rebouteux, dont la seconde fois le matin du match ! Chacun est libre de croire ou pas dans les bienfaits de cette « médecine », toujours est-il que ce cadre de l’effectif d’Eric Fouda s’est largement mieux senti en sortant de son cabinet.
Sur les conseils de son coéquipier, Julien Marazzi
Afin de placer toutes les chances de son côté, Paul Aubel s’est aussi servi "d’une petite astuce" en "mettant un truc dans ma chaussette". Suivant les conseils de son coéquipier, Julien Marazzi, qui avait testé ce remède de grand-mère il y a quelques années, le n°10 du BFC a accroché un morceau d’escalope, qu’il avait été acheté au supermarché le jour même, sous son pied ! "Ça a fonctionné à l’échauffement. Je ne ressentais plus les vibrations", confie le principal intéressé. Toutefois, cette technique qu’on n’osera pas qualifier de médical a eu ses limites. "Avec le strap, ça brûlait trop. On l’a donc enlevé et j’ai appliqué de la crème chauffante". C’est surtout avec son courage que l’ex-Granvillais a participé à ce 16e de finale. "J’ai serré les dents". Bien entendu, il ne se trouvait pas à 100% de ses moyens physiques. "Dès que je prenais un appui extérieur, j’avais mal. Je ne pouvais pas repartir à gauche. Je suis un peu frustré même si ça n’aurait pas changé grand-chose au score. Mais je suis content de l’avoir joué".
A l’instar de tous ses partenaires, Paul Aubel a vécu un pur moment de bonheur devant les 20 000 spectateurs qui ont garni d’Ornano. "C’était un truc de fou", témoigne-t-il. "Dès qu’on récupérait un ballon, on avait l’impression d’avoir logé une frappe en pleine lucarne. A Henry-Jeanne, on ne se rend pas compte de l’ambiance, y compris contre Malherbe (7e tour. victoire 3-2). Mais dans un stade fermé comme d’Ornano, le bruit est assourdissant. Ça nous a donné du courage. On en avait besoin, vu le nombre de kilomètres qu’on a parcourus. On peut être fier de cette ambiance". Désormais, le milieu de terrain bayeusain va se soigner. Il pourrait être absent plusieurs semaines. "J’ai forcé, malheureusement aux dépens du championnat (le BFC reprendra le R1 le 24 janvier, par un déplacement à Cherbourg). Je ne sais pas quand je reviendrai. C’est douloureux, je ne peux plus marcher". Le jeu en valait bien la chandelle.






