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Ligue 2. Le jeune milieu relayeur se trouve en fin de contrat en juin 2020

Pape Gueye, un autre dossier chaud dans le mercato havrais

Résumé

Alors que deux autres renforts (un défenseur central et un joueur à vocation offensive) sont attendus d'ici la fin du mercato après les recrutements d'Umut Meraz et d'Ayman Ben Mohamed, l'état-major havrais - qui vient d'officialiser le transfert d'Alimami Gory - va devoir gérer le dossier Pape Gueye. A un an du terme de son contrat, le milieu relayeur n'a toujours pas prolongé. Et le spectre d'un scénario à la Harold Moukoudi, avec un départ libre sans la moindre indemnité pour un jeune issu de la Cavée Verte, resurgit du côté d'Océane.

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Sur le banc face à Ajaccio en ouverture du championnat à cause d'un pépin physique, Pape Gueye a derrière enchaîné trois titularisations. Le jeune milieu relayeur est l'un des piliers du onze de départ de Paul Le Guen.
Sur le banc face à Ajaccio en ouverture du championnat à cause d'un pépin physique, Pape Gueye a derrière enchaîné trois titularisations. Le jeune milieu relayeur est l'un des piliers du onze de départ de Paul Le Guen.
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La victoire du HAC sur la pelouse lensoise (3-1) a dû avoir une saveur encore un peu plus particulière pour Pape Gueye. C'est dans ce même Stade Bollaert il y a cinq mois (le 1er avril) que le milieu relayeur (20 ans) avait connu sa première titularisation en Ligue 2. Depuis, l'international U19 en équipe de France (une demi-douzaine de sélections en 2017) a fait son trou dans le collectif normand (10 titularisations pour deux entrées en jeu en l'espace de 12 journées). Annoncé depuis de longues années comme l'un des plus gros potentiels de la Cavée Verte, Pape Gueye a dû, toutefois, patienter (certains observateurs diront trop longtemps) avant d'avoir sa chance.

"Il faut que je lâche le frein à main. J'ai besoin de progresser dans l'agressivité"

Et c'est en fait le malheur de l'un de ses coéquipiers, en l'occurence Victor Lekhal, victime d'une rupture des ligaments croisés du genou droit fin mars avec l'Algérie, qui lui a permis de s'installer durablement dans le onze de départ. "C'est vrai que malheureusement, Victor a eu cette blessure. Et derrière, j'ai eu un peu plus de temps de jeu". Néanmoins, il paraît évident que cette promotion serait intervenue tôt ou tard. "Même quand je jouais moins, j'avais toujours des discussions avec Oswald Tanchot*. Il me répétait qu'il avait confiance en moi, qu'en continuant de travailler, j'allais intégrer le groupe".

Le changement d'entraîneur cet été avec l'arrivée de Paul Le Guen sur le banc havrais n'a fait que conforter son statut. Sa capacité à casser des lignes par ses projections ou à récupérer des ballons dans les pieds des adversaires (en témoigne l'ouverture du score de Tino Kadewere face à Troyes, le 9 août) font merveille. Cependant, l'intéressé se montre insatisfait. "Il faut que je lâche le frein à main. Je me suis amélioré mais j'ai besoin de progresser dans l'agressivité, de trouver des passes vers l'avant qui font mal à l'adversaire", souligne-t-il. "Pour mes matches, je me fixe des objectifs très élevés".

Trois options : prolongation, transfert ou départ libre 

Des prestations qui ne laissent pas insensibles aux quatre coins de l'Europe. "Les rumeurs ne m'intéressent pas", balaye-t-il. Problème pour les dirigeants havrais, Pape Gueye attaque la dernière saison de son premier contrat professionnel qu'il avait paraphé en juin 2017. Si la possibilité de le voir filer sous d'autres cieux avant la clôture du mercato apparaît mince (surtout depuis la fermeture du marche des transferts en Angleterre), le risque qu'il parte libre dans un an (et donc sans la moindre indemnité de transfert) est, elle, assez importante. Interrogé vendredi en conférence de presse, le n°24 des « Ciel et Marine » a botté en touche.

"mon avenir ? Ce sont mes conseillers et le club qui le gèrent"

"Je suis très content d'être dans mon club formateur", assure-t-il dans une gestuelle qui trahit un jeune homme mal à l'aise avec ce sujet. "Mon avenir ? Ce sont mes conseillers et le club qui le gèrent. Ils discutent pour savoir ce qu'il y a de mieux pour moi. On me tient au courant. Je suis focalisé à 100% sur mes matches. Je suis concentré pour faire toute la saison au HAC. Après, comme vous l'avait dit, tout peut se passer. Une prolongation ? Bien sûr, ça fait partie des éventualités".

Dans le cas contraire, le natif de Montreuil en région parisienne ne craint-il pas de vivre une mésaventure similaire à celle qu'a vécu Harold Moukoudi, son ex-partenaire(2). "C'est vrai qu'Harold se trouvait à peu près dans la même situation", concède Pape Gueye. Quoi qu'il en soit, Paul Le Guen, lui, n'envisage pas de s'en passer une seule seconde. "Je souhaite que Pape reste, qu'il prolonge, qu'on le fasse progresser comme d'autres l'ont fait avant nous", avait lancé le patron technique du HAC au moment de sa prise de pouvoir. "Après, il existe des considérations économiques. S'il y a une offre un peu hors marché, je suis capable de le comprendre". En football, plus que jamais, l'argent reste le nerf de la guerre.

(1)Le coach du HAC entre octobre 2016 et mai 2019.

(2)Pour avoir refusé de prolonger son contrat ou d'être vendu à l'étranger quand l'opportunité s'est présentée, Harold Moukoudi a été privé de compétitions par la direction havraise à partir du 1er janvier 2019 jusqu'au terme de la saison.

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