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Pas question de manquer cette fois-ci l'entame de championnat en N3 pour l'EFC 27

Romaric Bultel (Evreux) : "Après deux ans de Covid, difficile de savoir où tu mets les pieds"

Résumé

Six matches, deux victoires mais surtout quatre défaites : tel fut le bilan de la pseudo-saison 2020-2021 de l'EFC 27 en N3. Si cela ne suffit pas à dresser un constat global et ne permet évidemment pas d'affirmer que les Eurois allaient lutter tout du long du championnat dans des eaux profondes, il reste évident que les footballeurs ébroïciens avaient légèrement manqué leur entame. Qu'à cela ne tienne, la seule formation à s'être imposé contre le leader, l'AG Caen, lors du dernier exercice a l'intention de revenir plus fort sur le devant de la scène avec un mot d'ordre dicté par son coach Romaric Bultel : le plaisir avant toute chose.

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Romaric Bultel veut repartir sur de bonnes bases avec son équipe d'Evreux. Le début de saison 2020-2021 quelque peu mitigé devrait servir de point d'ancrage pour mieux démarrer ce nouvel exercice.
Romaric Bultel veut repartir sur de bonnes bases avec son équipe d'Evreux. Le début de saison 2020-2021 quelque peu mitigé devrait servir de point d'ancrage pour mieux démarrer ce nouvel exercice.
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Romaric, votre équipe sort de sa première semaine de préparation dans l'optique de la reprise, dans quelles conditions avez-vous reçu vos joueurs ?

"On a repris lundi (12 juillet) et on aura entraînement quasiment tous les jours. On a programmé neuf matches de préparation parallèlement jusqu'à la reprise du championnat le 28 août. On y intercale également deux stages de cohésion. À Evreux, on n'a coupé que fin mai pour rester dans le jus et rester dans le rythme. L'idée, c'était d'éviter qu’il y ait une trop longue interrogation. Du coup, on a laissé les joueurs tranquilles, sans rien sur la période de juin. On leur a simplement donné un programme individuel pour début juillet, à hauteur de cinq à sept séances individuelles, histoire de se remettre en route".

Pourquoi avoir choisi de redémarrer si tôt ?

"C’est pour avoir sept semaines de prépa. On ne veut pas aller trop vite, ne pas trop charger afin que ça ne soit pas trop intense sur une courte durée. L’idée pour nous est aussi d'étaler la prépa sur sept semaines en y intégrant un certain nombre de matches. Concrètement, les matches de préparation, c’est là où on retrouve des sensations. La vérité du football, ça passe par des confrontations, par des oppositions, par des matches, et à l’arrivée, on préfère privilégier une longue prépa avec pas mal de matches surtout pour bien gérer les temps de jeu. Bien évidemment, les garçons ne prendront pas tous part aux neuf matches".

Il va certainement falloir faire attention au physique des joueurs, peut-être plus que par le passé...

"On souhaite être vigilant sur l'état de santé des garçons, c'est ce qui nous importe le plus"

"On veut pouvoir avancer gentiment et oui, il faire attention aussi aux garçons, c’est même la priorité pour nous. On souhaite être au contact des garçons, garder un maximum de proximité mais aussi être vigilant à leur état de santé, c’est ce qui nous importe le plus. La saison dernière, ça nous avait coûté notre début de saison. Nous avions mis en place une préparation plus courte mais beaucoup plus intensive et du coup, on a tout accéléré et tout cadencé. À l’arrivée, ça a pas mal pété parce qu’on était déjà en train de courir. Là, c’est la deuxième préparation en temps de Covid donc on est d’autant plus vigilant pour éviter de se retrouver avec une pénurie de garçons ou avec des joueurs qui ont des bobos".

En ce qui concerne l’effectif, vous êtes, semble-t-il, parvenu à conserver une bonne ossature vis-à-vis de la saison passée...

"Concrètement, on a cinq départs et deux garçons en attente qui sont en structures professionnelles à l’étranger et auxquels on souhaite des essais concluants pour pouvoir vivre leur rêve. Dans les cinq départs, on a Alexis Dumont qui est un jeune que l’on avait intégré et qui professionnellement ne pouvait pas continuer. Aziz Zeghoudi, qu’on avait fait signer un an, est rentré en formation sur Cergy. En termes de logistique, c’est devenu ingérable pour lui. On a trois garçons qui s’engagent à Villers-Houlgate : Omar Konté, Joel Tsogo Onomo et notre gardien Gaëtan Boisroux qui intègre en parallèle le pôle normand à Lisieux".

Il a donc fallu recruter pour compenser ces départs...

"On a quasiment fait du poste pour poste. Ikauar Mendes (attaquant) et Alexandre Lefebvre (gardien) arrivent du FC Rouen (N2-R1). On a aussi obtenu la signature d'Alexander Borja (défenseur central) qui évoluait dernièrement à Dieppe (N3). On a aussi le retour d'un jeune qui a été formé chez nous, Usmaan N'Diaye (latéral droit) qui revient du Racing Colombes (N3) par rapport à ses études. Enfin, dernièrement, on a fait venir deux excentrés d'Oissel (N3). Godfried Kitenge d'abord qui a joué au FCR, à Quevilly mais aussi en Angleterre. Marvin Emmanuel, ensuite, qui connaît bien le niveau N2-N3. Il a un fort potentiel, à la fois technique et sur le plan humain".

Il vous reste une solide ossature dans votre effectif, ça doit être une satisfaction ?

"On est toujours dans ce projet ébroïcien, axé sur la jeunesse et le local avec un apport tant technique qu'humain des recrues"

"On a toujours nos cadres, oui. L’ossature est importante parce qu’on conserve 18 joueurs du groupe, on y intègre trois U19 (le gardien Lucas Lambert, les attaquants Mi-José Ilunga et Mamadou Lam), qui sont du cru, qui sont formés chez nous. On est toujours dans ce projet, à la fois ébroïcien, à la fois axé sur la jeunesse et sur le local avec un apport tant technique qu'humain des recrues. On est clairement dans ce fonctionnement. On est sur un projet qui implique d’être dans une forme de continuité. L’important, c’est de fidéliser, d’avoir un esprit, d’avoir une mentalité qui est propre à nous. On essaie de gommer tout ce qui n’est pas très bien et de bonifier ce que l’on sait déjà faire de bien. On veut jouer avec nos vertus. Voilà pourquoi on veut s’inscrire sur la durée, laisser un héritage".

Parmi vos recrues, on imagine forcément qu'Alexandre Lefebvre va endosser le statut d'un titulaire dans les cages...

"L’idée est qu’on ait un recrutement stratégique. Ici, Alexandre, c’est un garçon qui a connu le N2, qui connaît les exigences de cette division, qui a été au contact de ce niveau. Il fait partie de ces jeunes joueurs qui ont bourlingué en R1, qui connaissent un tout petit peu le championnat N2 mais qui ont rarement gouté au N3. Ce sont des garçons à fort potentiel et qui ont envie de croquer à pleines dents, qui ont soif, qui ont faim. Quand on leur dit « Venez croquer dans le gâteau N3 », ils vous répondent : « Moi, le gâteau N3, je veux le manger tout entier ». Ils sont motivés, déterminés. Alexandre a fait le choix de quitter le FC Rouen après 17 années. Il avait besoin d’un nouveau projet et il avait envie d’avoir une casquette de titulaire. Intrinsèquement, peut-être qu’il avait les mêmes qualités, voire de meilleures, que ceux qui sont en place mais à ce poste-là il faut avoir de l’expérience, il faut avoir un CV, il faut quand même avoir une certaine maturité et il pense qu’il va obtenir ça ici. Nous, on lui donne la possibilité de se distinguer".

Au regard du contexte, arrivez-vous dans ce championnat de N3 avec des ambitions concrètes et chiffrées ?

"Quand tu sors de deux ans de Covid, j’ai du mal à concevoir que tu puisses savoir où tu mets les pieds. Tu ne connais pas la forme de chacun, tu ne connais pas le niveau de chacun... Bien jouer au foot, c’est bien, mais tu ne prends pas forcément de point, il faut être efficace. Notre intérêt et la priorité encore une fois, c’est le bien-être des joueurs. Ce qu'on veut, c'est bien démarrer avec une forme physique optimale, sans pépins physiques, sans problématique de ce côté-là. On souhaite disposer de joueurs épanouis qui retrouvent le goût du foot, le goût de l’effort et qui sont physiquement en capacité de répondre présent, c’est la première étape. La deuxième, c’est de bien démarrer, peu importe où ça nous emmènera". 

Vous ne souhaitez pas revivre le même début que la saison passée (2V-4D)...

"Notre priorité, c'est de démarrer tambou battant en se mettant rapidement à l'abri, en envoyant un message fort de solidité"

"Pour avoir une dynamique positive, la confiance se doit d’être optimale. Si tu es dans le doute, dans l’incertitude, automatiquement, tu vas galérer et ça a été notre cas l’année dernière. On a démarré sur un sentiment d’incertitude, les joueurs ne savaient pas s’ils pouvaient jouer, ne pas jouer et ensuite, on s’est mis dans un climat d’insécurité et une perte de confiance s'est installée. Notre priorité, c’est donc de démarrer tambour battant en se mettant rapidement à l’abri, en envoyant rapidement un message fort de solidité. Ce sont les équipes les plus solides qui vont au bout et c’est là qu’on doit gagner en caractère, en solidité et en efficacité. Une fois que tu auras passé le premier trimestre, tu pourras prétendre à parler. Mais le premier en octobre peut aussi être le dernier en mai et vice-versa. Il faut au moins jouer un tiers voire la moitié du championnat pour pouvoir prétendre au haut du panier. Nous, on va prendre des pincettes, on va bien se préparer. On veut d'abord recréer une dynamique positive".

Pour terminer Romaric, vous avez été accepté à la formation du DESJEPS comme Matthieu Chevreau (Saint-Lô) et Julien Le Pen (AG Caen). On imagine que ça va vous demander une organisation particulière pour jongler avec le N3 ?

"Ça fait six ans que j’essaie d’entrer dans cette formation donc tout est calé, tout est bien organisé. C’est une chance pour moi. Ça va m’aider et m’accompagner dans ma formation, dans ma progression. Mon souhait principal, c’est d’être dans les clous et d’être entraîneur de l’équipe N3 avec le diplôme. L’important c’est d’avoir de nouvelles compétences, de nouvelles connaissances et d’évoluer à titre personnel. Maintenant, je sais que ça va aussi m’handicaper car je sais qu’il y a une semaine par mois où je ne serai pas au contact du groupe. Cependant, j’ai une totale confiance en mes joueurs et en mon club, je sais que le relais sera pris. Je sais pertinemment que mon absence sera palliée et tant mieux. Cela leur permettra aussi à eux de travailler différemment tout en ayant un circuit bien logique à respecter. Me concernant, c’est un peu une année de transition qui s'annonce".

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Aurélien RENAULT

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