Est-ce que le Stade Malherbe rivalise avec le PSG sur le recrutement des jeunes en Ile-de-France ?
"On essaie. Tout dépend des critères que l’on prend en compte. Sur le plan financier, ça n’a jamais fait partie de notre politique de mettre beaucoup d’argent pour attirer un gamin. Par contre, au niveau des infrastructures, des moyens humains et de la qualité de la formation, on a du répondant. Notre chance, c’est que quand les familles viennent nous rendre visite, elles découvrent un club de l’intérieur avec un centre de formation de Ligue 1".
Existe-t-il des exemples de joueurs, sollicités par les deux clubs, qui ont préféré rejoindre le centre de formation caennais plutôt que celui du PSG ?
"Tout à fait. Sur trois dernières générations, les 2011, 2012 et les 2013, on a fait signer quatre ANS à des garçons (Accord de non-sollicitation) qui disposaient aussi d’une proposition du PSG, et pas seulement…"
"On a fait signer quatre ANS à des garçons qui disposaient d'une proposition du PSG"
De quels atouts disposez-vous pour les séduire ?
"Déjà, on essaie toujours d’avoir un temps d’avance. Il faut savoir que pour ces garçons à très gros potentiel, on les suit depuis un an, un an et demi (avant la première signature). On noue des relations avec les familles, on invite les jeunes sur des tournois... Ça compte énormément. Et puis les familles sont convaincues par notre projet : sportif, scolaire et sociétal".
Depuis l’arrivée de la famille Mbappé à la tête du Stade Malherbe, cet aspect sociétal est souvent mis en avant par les dirigeants…
"Au-delà du sportif, le club a toujours eu la volonté de former des hommes, avant même l’arrivée de nos nouveaux propriétaires. Mais là, le club veut aller encore plus loin sur cet aspect, avec plus de stages, plus d’interventions dans le domaine artistique, culturel… Nos propriétaires veulent que quand les garçons sortent du centre, ils soient estampillés d'une sorte de label Malherbe. Bien sûr, ils veulent former le footballeur, tout en insistant encore plus sur le citoyen de demain".
La relégation de l’équipe première en National ne constitue-t-elle pas un handicap pour recruter des jeunes joueurs à fort potentiel ?
"Pour certaines familles, On est moins attractif qu'hier quand on était en Ligue 2"
"Cela dépend des familles. Certaines accordent beaucoup d’importance à la visibilité de l’équipe première. Du coup, elles regardent la division dans laquelle on évolue et le classement, car ça reste la vitrine du club. Forcément, pour celles-ci, on est moins attractif qu’hier, quand on était en Ligue 2, mais on parvient à contrebalancer avec d’autres atouts".
On imagine que le nom du propriétaire du SMC, Kylian Mbappé en fait partie…
"Bien évidemment que l’un des meilleurs joueurs du monde soit notre propriétaire, c’est un atout. Ça rassure des familles. C’est une sorte de garantie. Même si les résultats ne suivent pas aujourd’hui (de l’équipe fanion), le nom de Kylian Mbappé est synonyme d’ambition pour elles. Le club reste ambitieux. La preuve, le centre de formation est resté en catégorie 1(1), avec un cahier des charges assez lourd à respecter".
(1)Les centres de formation sont classés en trois catégories : Prestige, 1 et 2. En National, en se basant sur la rapport des centres de formation 2024-2025, trois clubs disposent d'une structure en catégorie 1 : Dijon, Sochaux et le SM Caen.
De quels moyens dispose le centre de formation du Stade Malherbe ?
"Malgré la descente, les actionnaires ont laissé le centre au cœur du projet du club. C’est le plus important. Il bénéficie d’un budget équivalent (estimé autour des 2,5 M€), axé sur les infrastructures et les moyens humains. Ainsi, le centre reste toujours attractif. La qualité de notre formation n’a pas baissé. Il suffit de voir le nombre de jeunes qui sont sélectionnés en équipe de France(2). On a aussi un garçon, Oumar Sidibé qui nous rejoindra la saison prochaine (il évolue actuellement avec les U17 du Racing Club de France) et qui participe au Mondial U16 de Montaigu (Vendée) avec la Côte-d’Ivoire en étant surclassé d’un an. Et on a une grosse génération 2011 qui arrive. Elle a remporté le tournoi de l’US Mer, la référence dans la catégorie U14. On ne l’avait pas remporté depuis des années".
(2)Actuellement pensionnaires du centre de formation du SM Caen, Osmane Ndiaye (U16-U17), Soan Ameline (U16-U17-U18), Loan Martot (U16-U17) et Idrissa Dia (U16-U17) ont connu des sélections dans les différentes équipes de France jeunes, même s’il convient de préciser qu’aucun d’entre eux n’a été appelé en 2026, certains à cause de blessures. A l’inverse, Julien Keka, déjà licencié au club, Ethan Michel, actuellement à l’INF Clairefontaine et qui le rejoindra la saison prochaine, tout comme Exaucé Ngalula, membre du Pôle Espoirs à Lisieux, faisaient partie de la dernière liste de l’équipe de France U15, au mois de mars.
> Coupe Gambardella. Quart de finale - SM Caen / Paris SG, dimanche 5 avril à 15 heures au Stade Michel-d'Ornano.
Propos recueilli par Mathieu BILLEAUD






