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Match de préparation. SM Caen (L2) - Amiens (L2) 2-1 : le debrief

Le mercato, Kelian Nsona, les cinq changements, la défense...

Résumé

La volonté de Pascal Dupraz de conserver Yacine Bammou et Jessy Deminguet, les cinq remplacements, comme l'y autorise désormais le règlement, effectués par le coach savoyard, une défense caennaise (comme presque toujours) trop souvent prise dans son dos..., retrouvez le debrief du succès du Stade Malherbe aux dépens d'Amiens (2-1) à l'occasion du cinquième et avant-dernier rendez-vous de cette préparation.

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Pascal Dupraz, Kelian Nsona, Alexis Beka Beka et Anthony Weber, quatre des acteurs du dernier rendez-vous à domicile de la préparation du Stade Malherbe. ©Damien Deslandes
Pascal Dupraz, Kelian Nsona, Alexis Beka Beka et Anthony Weber, quatre des acteurs du dernier rendez-vous à domicile de la préparation du Stade Malherbe. ©Damien Deslandes
Corps

Le point tactique

Une défense trop souvent prise dans son dos

On ne sait pas ce qu'ils avaient mangé au déjeuner mais visiblement, les « Rouge et Bleu » ne l'avaient pas digéré au coup d'envoi ! Contre une équipe amiénoise en pleine reconstruction suite à sa relégation en L2, le Stade Malherbe a livré une entame catastrophique en concédant quatre situations chaudes dans les dix premières minutes ! Et sans un grand Rémy Riou dans ses cages, le club normand aurait pu (dû) être sanctionné. Comme (trop) souvent et depuis (trop) longtemps, la charnière centrale caennaise, qui souffre d'un cruel manque de vitesse dans cette configuration (Jonathan Rivierez - Anthony Weber), s'est fait prendre dans son dos. Et ce ne sont pas les nombreuses pertes de balle dans le cœur du jeu qui l'ont aidée.

"On a commis quelques erreurs qui ne nous ont pas été préjudiciables mais il va falloir qu'on se penche sur ces relances intempestives, cette sensation d'être fragile tout d'un coup, dès le début du match", pointe Pascal Dupraz. Si derrière, ils ont maîtrisé les débats pendant une heure ; une domination matérialisée par les deux buts de Yacine Bammou (29') et Kelian Nsona (38'), les partenaires de Jonathan Rivierez sont retombés dans leurs travers dans le dernier quart d'heure. Exploitant un mauvais alignement de la défense normande, Juan Otero, couvert par Hugo Vandermersch, a réduit la marque pour l'ASC (82'). Alors, bien sûr, les nombreux changements opérés en seconde période peuvent expliquer une certaine désorganisation mais à partir du 22 août, ces errements ne pardonneront pas.

Un homme dans le match

Compteur débloqué chez les pros pour Kelian Nsona

38'. Récupération de Prince Oniangué à proximité de la ligne médiane, prise d'appui de Nicholas Gioacchini sur Yacine Bammou puis service en une touche, d'un ballon au-dessus de l'arrière-garde picarde, Kelian Nsona. Lancé plein axe, ce dernier enchaîne avec un amorti de la poitrine, élimine Yohann Thuram, le portier amiénois, avec une facilité déconcertante avant de pousser le « cuir » au fond des filets. Une réalisation tout simplement somptueuse, que ce soit dans sa construction ou dans sa finition. "J'ai beaucoup aimé les deux buts que nous avons marqués (avec l'ouverture du score signée Yacine Bammou). Deux buts qui ne doivent rien à personne, avec du talent sur les deux mais aussi la combinaison de nos trois attaquants sur le second", souligne Pascal Dupraz.

Un but forcément particulier pour Kelian Nsona (18 ans), son premier chez les « pros ». "A d'Ornano en plus, le plaisir est encore plus grand", se félicite l'international en équipe de France jeunes (19 sélections en U17-U18). Présenté depuis longtemps comme un solide espoir du centre de formation « Rouge et Bleu », le « gamin » d'Ivry-sur-Seine, désormais à maturité sur le plan physique, semble avoir franchi un cap cet été. Quand il parle de son compère sur le front de l'attaque, Nicholas Gioacchini n'hésite pas à évoquer un profil "Ligue des Champions""Avec le coach, j'ai énormément travaillé le jeu sans ballon avec notamment les appels de balle", confie-t-il dans les couloirs de d'Ornano. "Quand je l'ai découvert, c'était un joueur en pied. Aujourd'hui, il prend beaucoup plus la profondeur", confirme l'entraîneur normand. Rapide, puissant, capable d'utiliser les deux pieds... Alors qu'il avait fait du recrutement d'excentrés une priorité durant ce mercato, Pascal Dupraz en a peut-être dénicher un à l'intérieur même de son effectif.

La décla

"Malgré le temps qui passe, je ne désespère pas de voir notre équipe se renforcer"

Sanctionné d'un encadrement de sa masse salariale par la DNCG, le Stade Malherbe se retrouve, jusqu'à présent, dans l'incapacité de recruter. Une situation censée évoluer quand le projet de reprise porté par Pierre-Antoine Capton sera définitivement conclu (d'ici le début du championnat). En attendant, Pascal Dupraz, arrivé en Normandie le 1er octobre, attend toujours son premier renfort ! "Pour l'instant, je suis l'entraîneur qui ne compte aucune recrue en deux mercatos (le SMC n'avait engagé personne cet hiver)", rappelle le coach savoyard. "Malgré le temps qui passe, je ne désespère pas de voir notre équipe se renforcer. Je l'ai suffisamment dit. Mais je m'aperçois que ça ne sert à rien de mettre la pression".

En attendant que d'éventuels renforts débarquent, le technicien caennais aspire à conserver ses meilleurs joueurs. "J'espère qu'on va garder Yacine Bammou, qu'on va garder Jessy Deminguet. J'espère qu'on va garder tout le monde". S'il veut prétendre à jouer un rôle en Ligue 2, le Stade Malherbe serait effectivement bien inspirer de garder ces deux éléments. Reste à savoir si sa réalité économique le lui permettra ?

Le chiffre

5

Conséquence indirecte de la pandémie de Covid-19 et d'un calendrier qui s'annonce particulièrement resserré dans les mois à venir, cinq remplacements, au lieu de trois auparavant, sont, désormais, autorisés par l'Ifab (l'International Football Association Board) ; l'organisme qui régit les lois du jeu. Ce sera le cas pour cette saison 2020-2021 en Ligue 1 et en Ligue 2. A deux semaines de la reprise (à Clermont, le 22 août), Pascal Dupraz s'est livré à un test grandeur nature contre Amiens en effectuant cinq changements en trois fois : Alexis Beka Beka (55'), Hugo Vandermersch et Malik Tchokounté (67'), Adama Mbengue et Herman Moussaki (77').

"Je voulais voir ce que ça donnait", lance le coach savoyard. "Je l'ai dit aux garçons : Des équipes bénéficieront de cet avantage du règlement. Pour d'autres, faire rentrer cinq joueurs pourrait causer leur perte. Au Stade Malherbe, nous attendons que nos remplaçants soient des impact-player, qu'ils nous amènent quelque chose de positif, que ce soit des acteurs de fin de match". Lors de l'ultime match de préparation face au Mans (samedi 15 août, au MMArena, à huis clos), le technicien des « Rouge et Bleu » devrait de nouveau procéder à cette expérience.

Infirmerie

Petit pépin physique au mollet pour Anthony Gonçalves

A défaut de recrue, Pascal Dupraz peut s'appuyer sur un effectif au grand complet... ou presque. A l'exception de Caleb Zady Sery, absent de longue durée (pubalgie) et attendu pour la fin du mois, un seul forfait ce week-end : Anthony Gonçalves. Ayant dû écourter sa séance la veille de la confrontation contre Amiens, l'ex-Strasbourgeois souffre d'un léger pépin physique au mollet. "Rien d'alarmant. On n'a pas voulu prendre de risque", ne s'inquiète pas Pascal Dupraz. Tous les autres joueurs non convoqués (Younn Zahary, Loup Hervieu, Johann Lepenant, Godson Kyeremeh...) ont été mis à disposition de la réserve (vainqueur de Cherbourg, N3, 4-2, en amical).

Benjamin Jeannot (sur penalty), Ayoub Jabbari et Azzedine Toufiqui ont d'ailleurs marqué (Corentin Cal est le quatrième buteur caennais). "On voulait leur donner du temps de jeu", explique le coach savoyard. "Vous avez vu que les deux derniers rentrants n'ont joué que 15 minutes (Adama Mbengue et Herman Moussaki ont effectué leur apparition sur la pelouse de d'Ornano à la 77'). On a beaucoup de joueurs. Il faut leur en donner. Tout le monde le comprend. Et si ce n'est pas le cas, le joueur en question n'a rien à faire dans notre groupe...". Pour le plus grand plaisir de l'entraîneur normand, il n'y en a visiblement aucun.

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