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CDF. 8e tour - AF Virois (N3) / SM Caen (L2), samedi 19 novembre à Pierre-Compte

Derrière la locomotive Malherbe, où se situe le wagon virois dans le Calvados ?

Résumé

Le match du 8e tour de la Coupe de France contre le Stade Malherbe s'annonce autant comme un instant magique suspendu dans le temps qu'un vrai point de passage symbolique pour l'AF Virois qui ne cesse de progresser depuis dix ans. Sous l'égide du président Christophe Lécuyer et de l'entraîneur Cédric Hoarau, le club du Bocage s'est solidement implanté en National 3 au point d'y jouer désormais les premiers rôles. Au point de devenir sous peu la deuxième force départementale derrière les « Rouge et Bleu » ? 

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Après six journées de championnat de N3, l'AF Virois, toujours invaincue (5V-1N), occupe la deuxième place du classement à un point du leader, l'AG Caen, avec un match en moins. ©AF Virois
Après six journées de championnat de N3, l'AF Virois, toujours invaincue (5V-1N), occupe la deuxième place du classement à un point du leader, l'AG Caen, avec un match en moins. ©AF Virois
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Si c'est bien souvent le hasard des tirages qui crée les épopées en Coupe de France, laissons un temps de côté toute notion de chance ou de circonstances. Si l'AF Virois s'apprête à croiser la route du Stade Malherbe, c'est assurément la récompense d'un développement savamment pensé depuis de nombreuses saisons et non pas un simple « coup de bol ». Cette affiche symbolise à elle seule tous les progrès réalisés par le club bocain ces dernières années. "Je vis ma sixième saison au club et il n'a désormais plus grand chose à voir avec ce qu'il était à mon arrivée", confie celui qui est présentement assis sur le banc, Cédric Hoarau. "Il y a eu des changements de joueurs malgré une ossature stable, le club n'était pas à sa place par le passé même si monter en N3, c'est difficile".

"C'est difficile de définir la place du club dans le territoire. Ça ne tient pas qu'au classement de l'équipe première"

L'ancien coach de Bayeux et de La Maladrerie sait de quoi il parle, lui qui aura été un spectateur privilégié de la montée en puissance d'un club qu'il connaît depuis tout petit. La question qu'on se pose, c'est jusqu'où ces fameux progrès ont conduit l'AFV dans la hiérarchie du Calvados ? "C’est difficile de définir la place du club dans un territoire, ça ne tient pas qu'au classement de l’équipe première", avance d'emblée le président Christophe Lécuyer. "Il y a d’autres paramètres à prendre en compte comme le nombre de licenciés, le nombre d’équipes, le niveau des jeunes...". S'il fallait seulement prendre en compte la seule équipe fanion, alors Vire serait juste derrière Malherbe, au coude-à-coude avec l'AG Caen, mais comme le dit le dirigeant bocain, une telle analyse n'a guère de sens.

Vire est une ville excentrée, nettement moins bien connectée à la préfecture calvadosienne que ne le sont les autres sous-préfectures Bayeux et Lisieux, et pas vraiment mieux lotie que les villes du littorales où de nombreux clubs coexistent. L'AFV a aussi un certain nombre de désavantages par rapport à ses rivaux de la couronne caennaise comme la MOS, l'ASPTT Caen ou l'USON Mondeville pour ne citer qu'eux. "Nous, on a plus de difficultés à recruter que les clubs de Caen", admet le président. "Eux peuvent plus facilement aller recruter de bons jeunes, il y a énormément de joueurs et beaucoup de clubs dans les environs". Le club virois a toutefois vocation "à transformer ses faiblesses en force" comme le dit si bien le chef d'orchestre Lécuyer.

Un budget de 450 000 € pour presque 400 licenciés

Si la place de l'AFV dans le Calvados fut le sujet évoqué avec l'ancien président de Saint-Sever, ce dernier a une autre manière de considérer la place de son club sur le territoire normand. "Nous sommes excentrés dans le sud-ouest du Calvados, on est aussi aux confins de l’Orne et de la Manche", fait-il remarquer. "On a donc vocation à faire venir ici sans trop de difficulté des garçons qui vont accepter de faire 30 minutes de route. A ce niveau-là, c’est acceptable". Pas impossible donc pour Vire d'attirer des joueurs issus des proches bocages saint-lois et flériens "même si ce qui est vrai dans un sens l'est aussi dans l'autre". Et si elle ne peut pas s'imposer comme la deuxième force départementale derrière Malherbe, l'AFV peut décemment devenir une place centrale du football de l'ex-Basse-Normandie par sa situation géographique.

"Je ne me lève pas le matin en me disant : « il faut que je sois deuxième derrière Malherbe ». Moi, Ce qui m'importe, c'est que mon club avance"

Ses progrès sur la scène départementale, le club virois les a opérés avec justesse, via une stratégie bien élaborée et étalée sur plusieurs saisons. La communication, le rapport avec les entreprises locales, les relations avec les collectivités territoriales sont autant d'éléments qui ont été développés et qui permettent aujourd'hui à cette association comptant près de 400 licenciés de fonctionner avec un budget proche des 450 000 €. "C'est à nous de mettre les partenaires dans le circuit", expose Christophe Lécuyer, très en phase avec la réalité du terrain. "On est sur un territoire où le modèle économique ne repose pas sur un ou deux partenaires extrêmement importants comme c'est le cas dans d'autres clubs. Je n'ai pas un seul partenaire à 100 000 €, on en est même très loin, mais il n'est pas interdit d'espérer que ça puisse arriver dans le futur".

Quid alors des ambitions ? Quid alors d'une montée en National 2 que bien des supporters appellent de leurs vœux ? Alors que le complexe de Pierre-Compte connaîtra bientôt d'importantes évolutions qui devraient aider le club à poursuivre sa progression, Christophe Lécuyer persiste et signe : "Je ne me lève pas le matin en me disant : « Il faut que je sois deuxième derrière Malherbe ». Moi, ce qui m’importe, c’est que mon club avance". "On est en train de se pérenniser en N3, ce qui n'est pas une mince affaire dans le Calvados", répond pour sa part Cédric Hoarau. "Je pense qu'on a rattrapé un club comme Saint-Lô. Pour moi, il y aura une opportunité un jour de monter en National 2, je ne m'en suis jamais caché". Dès cette saison alors que les partenaires d'Axel Flucher pointent à la deuxième place avec un match en moins ? Si tel était vraiment le destin virois, il n'y aurait alors plus grand monde pour douter de l'immense poids pris par le récent hôte des finales régionales dans le paysage normand.

> Coupe de France. 8e tour - AF Virois (N3) / SM Caen (L2), samedi 19 novembre à 18 heures au Stade Pierre-Compte.

Aurélien RENAULT

Des acteurs presque tous implantés sur le territoire 

Parmi les débats politiques qui animent le bassin virois, la question de l'attractivité de la ville, notamment chez les plus jeunes, revient souvent à l'ordre du jour. Peut-on alors aisément convaincre un jeune footballeur de délaisser la dynamique métropole caennaise pour la plus petite et plus calme cité du Bocage ? La question peut prêter à sourire mais elle est d'importance. "Pour moi, c’est fondamental que les joueurs s’installent à Vire", affirme le président Christophe Lécuyer. "Je n’en fais pas une condition sine qua non... mais presque. Je leur conseille vivement d’habiter ici".

Sur ce plan-là, le journaliste de profession aligne également les victoires puisque son club a parfaitement su progresser pour aider ses joueurs à s'implanter dans le capitale du Bocage. L'une des dernières recrues estivales, l'ex-Malherbiste Luca Boudonnet est ainsi l'un des derniers à avoir déménagé dans le sud-ouest du Calvados. "Sur 23 joueurs composant le groupe de l'équipe première, je n’en ai que trois qui ne vivent pas à Vire", avance le président qui souhaite ardemment que dans leur vie à l'AFV, les footballeurs s'imprègnent de l'ambiance locale qui peut se muer en véritable force sur le terrain. "Le fait d’être à 40 minutes nous permet plus facilement de les installer à Vire que si on n’était qu’à 20 minutes de Caen. Si c’était le cas, ils ne vivraient pas ici". Encore une faiblesse que les têtes pensantes du club ont su transformer en force.

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