Attaquant de l’US Granville depuis presque un an, Kenny Herbin a quitté le club du président Benjamin Bahu pour l’US Avranches, le voisin manchois qui fréquente la même poule de National 2. Mais loin de lui l’idée de partir d'une équipe en difficulté pour une autre plus stable, qui viserait plus haut à moyen terme. C’est avant tout une question de confiance qui l’a amené à bouger en milieu de saison. Victime d’une pubalgie depuis la fin de l'exercice 2024-2025, l’attaquant grand format, 1,93 mètres sous ses cheveux blonds, n’a pu effectuer de préparation estivale avec le collectif alors dirigée par Matthias Jouan. Et comme la formation granvillaise était dans le dur, il a serré les dents, a évolué plusieurs fois blessé, avant de devoir s’arrêter en octobre. "J’ai joué parce qu’il n’y avait pas beaucoup de joueurs disponibles. Mais en octobre, je n’en pouvais plus. J’avais trop mal. Donc j’ai dit stop". Peu de temps après, à la fin du mois de novembre, l’US Granville, lanterne rouge au classement, s'est séparée de son coach, nommant à sa place début décembre Grégory Scaffa, ancien adjoint de David Carré à QRM.
Le nouvel entraîneur a pris le pouls de son effectif, et rapidement, a eu une conversation avec Kenny Herbin. "Après environ un mois, un mois et demi d’arrêt, j’ai repris quand le nouveau coach est arrivé. Il est venu me voir en me disant qu’il avait besoin de joueurs prêts". Ce qui n’était pas le cas de l’avant-centre de 29 ans. "Il m'a expliqué qu’il allait recruter un°9 et que je devais trouver une opportunité pour partir… Même si après, il m'a précisé que si je revenais bien physiquement, je jouerais". Cette ambiguïté dans le discours, l’ancien joueur du Goal FC ne la comprend pas. "Je suis parti en vacances de Noël, j’ai eu le président de Granville au téléphone, Benjamin Bahu, je m’entends super bien avec lui. Mais je lui ai indiqué que je ne pouvais pas être un second choix même si le coach avait changé d'avis et voulait maintenant que je reste. À ce moment-là, j’avais déjà des contacts avec d’autres clubs". Conseiller sportif (non salarié) auprès de l'US Granville, Clevid Dikamona a essayé, lui aussi, de le raisonner. "Je lui ai répondu que ce qu’il ne comprenait pas, c’est que je n’avais pas d’envie d’ailleurs à la base, mais que comme j’ai discuté avec d’autres dont Avranches, je ne voulais plus rester".
L’US Avranches, une évidence sportive et aussi logistique
Malgré de bonnes séances d’entraînement et un Grégory Scaffa qui semble avoir changé d’avis, Kenny Herbin ne ressentait plus le feeling. "Je ne voulais pas vivre ce que j’ai vu avec d’autres joueurs. Si tu restes avec un coach qui ne te veut pas au départ, tout peut être amplifié… C’est dommage parce que je me voyais finir ma carrière à Granville, là où il y aussi mon frère (Anthony, gardien). Ce n’est pas une question de contexte. Quand je suis arrivé l’an dernier, Granville était déjà en difficulté, donc j’ai connu cette situation, ce n’était pas un problème pour moi. Grégory Scaffa a toujours été honnête avec moi, on s’est respecté, on a parlé, mais je ne me voyais plus continuer". L'attaquant répond alors favorablement à la sollicitation de l’US Avranches. Une destination qui l’arrange d’un point de vue logistique puisque depuis qu'il a posé ses bagages en Normandie, c’est là qu’il s’est installé avec femme et enfants. "On ne va pas se mentir, tout s’est parfaitement aligné", témoigne Kenny Herbin. "C’est un club qui n’a rien à faire en National 2. C’est une autre dimension. Je place Avranches au même rang que Cannes, Bordeaux ou Nîmes, des clubs qui doivent évoluer en National".
Kenny Herbin a donc intégré le 6 janvier l'effectif de Cédric Hengbart. "Avant, on a parlé cinq minutes d’argent et cinq jours du projet", rigole l'avant-centre au bout du fil. "C’est un club ambitieux, je me suis engagé sur un an et demi plus une année en option, ça laisse du temps pour s’adapter. À Granville, on était beaucoup plus dans l’urgence des résultats". Celui qui a été formé à Valenciennes aspire donc désormais à plus de stabilité, lui qui a déjà connu dix clubs dans sa carrière avant l’USAMSM. "J’ai un profil un peu différent des autres. Je fais en sorte de garder les ballons devant, de marquer des buts. Je peux aussi prendre la profondeur s’il le faut". Et à peine arrivé au sein du club du Mont-Saint-Michel que son nouvel entraîneur lui a offert un cadeau : une entrée en jeu contre Strasbourg Coupe de France samedi dernier. "J’ai joué presque une demi-heure. C’était une expérience incroyable, car je n’avais jamais connu de parcours comme ça, et je n’avais jamais affronté un club de Ligue 1. Qui plus est européen !" Kenny Herbin semble s’être adapté très vite à son nouvel environnement et il compte bien lui rendre la confiance accordée.
> N2. J15 - US Avranches (9e - 18 points) / US Granville (16e - 7 points), vendredi 16 janvier à 19 H 30 au Stade René-Fenouillère.
Florian POLTEAU-GOMEZ






