Leur arrivée à l’US Avranches
"J'avais dit à Gilbert Guérin que je finirais dans son club"
Lorsqu’on leur demande ce qui les à conduit tous les trois à rejoindre l’US Avranches, la première réponse vient du capitaine Jessy Pi, et elle est directe : Xavier Gravelaine. "Après mon expérience à Dijon (L2), j’étais sans club, et Xavier est venu me sortir de mon canapé. Je suis venu et je suis resté. Je m’entraînais tous les jours physiquement, mais ce n’est pas pareil que collectivement". Pour l'ancien troyen, l’idée était de se relancer dans une région que sa femme et lui apprécient après son passage au Stade Malherbe (2019-2021). "Ça ne nous dérangeait pas de revenir". Depuis janvier 2024, ils y ont posé leurs valises. Jordan Adéoti est même surpris que son actuel capitaine n'évolue pas à un niveau plus élevé. "Quand je suis arrivé, je n’ai pas compris pourquoi il était là. Je pense qu’il pourrait rendre pas mal de services à des équipes de Ligue 2". À 32 ans, Jessy Pi est encore loin de la fin de carrière et espère pourquoi pas emmener le club du Mont-Saint-Michel dans la future Ligue 3 qui remplacera l’an prochain le National.
L’ex-international Béninois (47 sélections, 1 but) a, lui aussi, débarqué un peu par hasard cet été dans le Sud-Manche, après la fin de son contrat avec le Stade Lavallois (L2) et des contacts avec le FC Martigues (relégué sportivement en N1) qui n'ont pas pu aller au bout. "Je devais m’engager avec ce club s’il avait le feu vert de la DNCG, il ne l’a jamais eu. J’avais relancé quelques clubs de National, mais ça n’a pas abouti non plus. Puis Xavier m’a appelé et j’ai eu l’occasion d’avoir Cédric (Hengbart, l'entraîneur) au téléphone, de me renseigner sur les infrastructures et ce fut une très belle découverte". Entre les trentenaires, le chambrage n’est jamais loin. "Quand tu as vu qu’on était là aussi, non ?", rigole Emeric Dudouit. Ce dernier est le plus ancien présent des trois dans l’effectif de l’USAMSM, depuis l’été 2023 exactement. Le natif de Coutances fait aussi office de régional de l’étape. "Il est maire de la ville", plaisante Jessy Pi. "Moi, c’est le choix du cœur. Je connaissais très bien Gilbert Guérin, l’ancien président", explique le défenseur. "Je lui avais dit que je finirais dans son club. Ça s’est mal passé à Versailles et je suis venu, mais j’ai joué trop peu pour lui. Il est parti quelques mois plus tard (il est décédé en octobre 2023)".
L’esprit Malherbe à l’USAMSM
"Cette même ambition de créer quelque chose sur la durée"
Leurs parcours sont totalement différents, mais si les trois joueurs ont un point commun, c’est leur passage au Stade Malherbe. Emeric Dudouit, le Manchois, est le plus local des trois et est donc arrivé jeune au SMC. Passé par l’US Roncey Cerisy, l’ES Coutances puis le FC Saint-Lô, il a intégré le centre de formation caennais en 2005, à l’âge de 13 ans. Malheureusement pour le défenseur, s’il a gravi les échelons un à un, il n’a jamais évolué en équipe professionnelle et n’a compté que deux apparitions dans l’effectif de Ligue 1. Il est alors allé s’épanouir à Châteauroux (L2) à l’été 2012, au moment où Patrice Garande a pris la suite de Franck Dumas sur le banc. Mais ses sept années passées à Venoix l’ont forcément marqué. "J’étais au centre quand Cédric Hengbart évoluait en équipe première, on allait le voir jouer", témoigne l’intéressé. "Xavier était déjà là, Jean-François Fortin était président. Donc moi, je me retrouve aujourd’hui dans cette ambiance, même au niveau du discours ambitieux".
Jordan Adéoti, passé chez les « Rouge et Bleu » entre 2014 et 2017, évoque de son côté l’aspect sportif sérieux et constructif qui a avait fait la force du Stade Malherbe version Jean-François Fortin. "Il y a à Avranches cette même envie d’ambition, de créer quelque chose sur la durée, de cohérent, de structuré. On doit l'amener à être le deuxième club de Basse-Normandie. C’est aussi inhérent à notre métier, on a l’ambition de toujours aller plus haut". Jessy Pi, lui, n’a pas connu « l’esprit Malherbe » que Jean-François Fortin avait contribué à créer à Caen avant son départ forcé en 2018. Il a signé en 2019, quand le SMC était en tremblement de terre permanent. "Pour moi, c’est forcément différent, je suis arrivé au moment où le club prenait un chemin différent. Mais du coup, l’ambiance ici est vraiment différente de ce que j’ai connu là-bas. Ici, c’est plus familial". L’environnement du club manchois semble en tout cas bien convenir aux trois complices, tout comme les objectifs fixés.
La réception du RC Strasbourg
"On te parle du match de Brest, de Strasbourg"
Déjà identifiée depuis des années comme une équipe de coupe, l’US Avranches ne déroge pas à la règle cette saison. D'autant qu’elle s’est fait une spécialité de la séance des tirs au but. Et après avoir éliminé le Stade Brestois au tour précédent à René-Fenouillère, les hommes de Cédric Hengbart aimeraient bien récidiver contre le RC Strasbourg, un adversaire d’un calibre encore un peu plus élevé. Même si le changement récent d’entraîneur à un peu agité la semaine alsacienne. Liam Rosenior parti à Chelsea, c’est un autre technicien anglais qui sera sur le banc ce samedi, Gary O’Neil. "À Strasbourg, il n’y a que des jeunes en face, donc niveau expérience, on est devant eux. Mais ils ont du feu dans les jambes", analyse Jordan Adéoti. "On aborde tous les matchs avec l’envie de gagner, mais ce n’est pas pareil que quand tu joues contre une équipe inférieure où tu dois prendre le jeu à ton compte. On ne peut pas aborder ce genre de match de la même façon".
"Ce qui fait plaisir, c’est que tu sens une vraie ferveur aussi autour du club", poursuit Emeric Dudouit. "Tout le monde nous en parle, les places partent très vite. C’est un peu le rendez-vous pour la ville et les supporters. C'est un match important pour la région". Jessy Pi lui emboîte le pas. "Emeric doit le ressentir avec encore plus d’émotion parce qu’il est d’ici. Nous, on connaît un peu moins de monde, mais j’ai mes enfants qui sont à l’école ici, au foot aussi, et dès qu’on te voit, on t’en parle. On te parle du match contre Brest, de celui contre Strasbourg". Même chose pour Jordan Adéoti, qui habite encore dans le nord de la Mayenne et qui est plus exposé médiatiquement. "J’ai exporté cette ferveur dans mon village, chaque fois que je croise quelqu’un, il m’en parle. On en a parlé aussi sur le plateau de beIN Sports". Le Franco-béninois y est en effet consultant pour la CAN, et la chaîne, qui est par ailleurs un des deux diffuseurs officiels de la Coupe de France, sera donc présente samedi à Fenouillère. Le monde est décidément petit.
> Coupe de France. 16e de finale - US Avranches (N2) / Strasbourg (L1), samedi 10 janvier à 18 heures au Stade René-Fenouillère.
Florian POLTEAU-GOMEZ






