Après neuf défaites consécutives en championnat, l’USG a terminé 2025 groggy. Le club manchois a beau traverser l’une des périodes les plus délicates de son histoire récente sur le plan des résultats, du côté de la direction, on se refuse cependant à résumer cette série noire à un simple manque de niveau. "Quand on analyse nos défaites, il n’y a presque que des matches perdus par un seul but d’écart", rappelle le président Benjamin Bahu, qui insiste sur le fait que "beaucoup de rencontres ont souvent basculé sur des détails". Si l'on peut décemment lui donner raison, l’accumulation des revers et la spirale infernale qui s'est ouverte ont fatalement fini par peser lourd sur un groupe jeune, qui n'a pas non plus été épargné par les blessures. "Si on est derniers aujourd’hui, c’est qu’on doit être à notre place", concède ainsi Benjamin Bahu avant d’ajouter aussitôt : "Mais je suis convaincu que ce ne sera pas celle qu’on occupera en fin de saison". À l’heure de la reprise, Granville n'a toutefois plus de joker en poche.
Pour tenter d’enrayer cette crise, la direction a choisi d’agir en profondeur, notamment en changeant d’entraîneur avant les fêtes, Grégory Scaffa prenant la suite de Matthias Jouan. La manœuvre répondait évidemment à une volonté de provoquer un (électro)choc, même si le président se garde de parler de déclic unique. "Il n’y a pas eu un moment précis qui a provoqué cette décision, mais une série de défaites qui nous a poussés à agir", explique-t-il. En deux matches sur le banc, le technicien passé récemment par QRM, en tant qu'adjoint de David Carré, n’a pas encore eu le temps de poser pleinement sa patte, mais son projet est clair. "L’idée, c’est d’impacter tout de suite", assure le technicien. "On n’a pas beaucoup de temps, mais on doit vite faire passer nos idées, nos principes et surtout une mentalité plus agressive et gagneuse".
"On ne voulait pas faire le pari de jeunes de 18 ans, mais de joueurs prêts et mentalement frais"
Benjamin Bahu
Le changement ne s’est donc pas limité au banc. Comme elle y avait recouru il y a un an, l'US Granville a aussi ajusté son effectif. D'abord avec les départs de Kenny Herbin pour l'US Avranches ainsi que celui de Mouhamed Coulibaly (Nîmes, N2) arrivé l'été dernier, mais aussi et surtout avec le renforts de quatre recrues appelées à amener un vrai renouveau dans l'équipe. "Ce qui nous a manqué, c’est peut-être un peu de maturité et de personnalité", analyse Benjamin Bahu. Dans un groupe particulièrement jeune ; la moyenne d’âge tournait jusqu'alors autour de 23 ans, l’objectif était clair : il fallait injecter de l’expérience. Dans ce registre, Allan Ramos a signé en provenance du Bourges FC avec plus de 100 matchs de N2 derrière lui, Joshua Curtius débarque de l'AS Vitré avec un vécu solide au niveau national, tandis qu’Abdoulakeem Agoro (ex-Hyères) et Noé Masevo (ex-Chambly) ont aussi vocation à apporter fraîcheur et complémentarité. "On ne voulait pas faire le pari de jeunes de 18 ans, mais de joueurs prêts et mentalement frais", insiste le président, convaincu que cette nouvelle donne pourra rééquilibrer le collectif.
Un derby du Sud-Manche en guise de premier test
Malgré son arrivée récente, début décembre, Grégory Scaffa a évidemment pu peser sur le recrutement. "C'est un travail complémentaire en relation avec mon directeur sportif (Clevid Dikamona*)", assure-t-il, lui qui va désormais exiger des performances immédiates, son équipe n'ayant plus le luxe de perdre du temps. "Il faut que ces joueurs soient prêts de suite, capables d’être titulaires et de répondre présents dès le premier match", martèle-t-il. Allan Ramos a ainsi été ciblé pour occuper un poste de sentinelle, Joshua Curtius, bien que capable de jouer au milieu, devra venir solidifier l’axe central de la défense des Corsaires, tandis qu’Agoro doit contribuer à combler ce qui a fait défaut à Granville jusqu'alors : son rendement en attaque. "L’efficacité offensive, c’est clairement un paramètre à changer", reconnaît le coach. Au-delà de l’aspect tactique, ces arrivées doivent aussi agir comme un signal fort envoyé au vestiaire. "C’est important d’amener du sang neuf, surtout quand certaines têtes étaient un peu abîmées par la série", ajoute ainsi Grégory Scaffa.
"Il faut que ces joueurs soient prêts de suite, capables d’être titulaires et de répondre présents dès le premier match"
Grégory Scaffa
Alors que le déplacement à La Roche-sur-Yon de la semaine dernière a été reporté en raison des conditions climatiques, l'US Granville, débute l’année par un match particulier : le premier derby de la Manche de la saison face à son voisin, l'US Avranches, pour un rendez-vous forcément particulier. Malgré un match reporté et une préparation perturbée, le staff n’a pas bouleversé ses habitudes pour autant. "On n’a rien changé à notre semaine de travail", explique le coach. "On a coupé le week-end et on est repartis fort lundi pour préparer le derby tranquillement". L'occasion devrait ainsi être offerte au public de voir les nouveaux joueurs en action dès ce week-end au stade René-Fenouillère. "Il y aura de nouveaux visages, oui", confirme le coach qui espère d'ores et déjà que le derby pourra servir de socle pour lancer une nouvelle dynamique.
L'an dernier, à pareille époque, Granville avait profité de son déplacement chez son voisin (victoire 4-1) pour initier un redressement qui avait conduit à son maintien in-extremis en quatrième division (après repêchage). Dans un contexte donc bien connu où chaque point va évidemment compter, la survie de Granville passera autant par le jeu que par le mental. Benjamin Bahu ne se cache pas derrière les chiffres. "On sait qu’on a un déficit de points et qu’il faudra aller en chercher à chaque match", affirme-t-il. Mais le président reste persuadé du potentiel de son groupe. "On a perdu trop de matches qu’on n’aurait pas dû perdre", regrette-t-il, avant de conclure : "On doit faire mieux, et on va faire mieux !" Un discours partagé par Grégory Scaffa, rassuré par l’attitude de ses joueurs depuis son arrivée. "Le groupe est investi, concentré, avec une bonne énergie", clame-t-il. Reste désormais à transformer cette révolte annoncée en véritable révolution sur le terrain.
> N2. J15 - US Avranches (9e - 18 points) / US Granville (16e - 7 points), vendredi 16 janvier à 19 H 30 au Stade René-Fenouillère.
*Clevid Dikamona intervient auprès de l'US Granville en tant que conseiller sportif (non salarié).






