Alors qu’elle couve depuis de longs mois, la colère des éducateurs de l’association du Stade Malherbe vient d’éclater au grand jour. Une grande majorité d’entre eux ont décidé d’exercer leur droit de retrait. A compter de ce lundi (9 février), et jusqu’à nouvel ordre, ils n’assureront plus les séances de l’école (jusqu’à la catégorie U13) et de la section féminine. Si cette crise est latente depuis très (trop) longtemps, un élément a mis le feu aux poudres jeudi de la semaine dernière. Les éducateurs en question mentionnent une tentative d’agression physique de la part de Johan Gallon, directeur des activités de l’association depuis juin 2023, à l’encontre de Tristan Blanchard, le coach de l’équipe féminine (D3). Selon plusieurs témoins, il aurait fallu trois personnes pour empêcher l’ex-joueur « pro » au SMC de passer à l’acte. Cette tentative d’agression aurait également été accompagnée d’une flopée d’insultes inqualifiables.
Dénonçant un climat hostile dans lequel ils estiment être obligés de travailler depuis trop longtemps ; cette tentative d’agression s’apparentant à la fameuse goutte d’eau qui fait déborder le vase, les éducateurs en question ont notifié par écrit, ce lundi matin, à la direction de l’association, dont son président Jean-Luc Pignol, leur détresse physique et psychologique. Ce courrier a été co-signé par 16 des 22 salariés de l’association. A ce jour, la situation semble intenable pour toutes les parties.
Quel avenir pour Johan Gallon ?
"J'ai pris notes des faits portés à ma connaissance. On s'occupe de ce problème, on ne reste pas les bras croisés", assure Jean-Luc Pignol à l’origine du retour de Johan Gallon de terrain dans le club caennais il y a trois ans. Les deux hommes étant très liés dans la vie. "Je travaille de sorte que la procédure de retrait des éducateurs prenne fin le plus rapidement possible. Je vais faire en sorte que toutes les conditions de sécurité soient réunies pour qu'ils puissent travailler, à la fois au bureau et sur les terrains". Dans ce contexte, on se demande même si Johan Gallon va pouvoir conserver son poste ? "Mon rôle en tant que président, c'est de protéger tous les salariés en respectant les droits de chacun : ceux qui ont signé ce courrier, ceux qui ne l'ont pas et celui qui est incriminé", se montre prudent le président de l'association. "Et je peux vous assurer que je ne suis pas insensible au fait que des salariés ne se sentent pas en sécurité dans le cadre de leur travail".
Même s'ils ne possèdent pas de pouvoir de décision dans cette affaire (les deux entités sont indépendantes d’un point de vue juridique et administratif), le secteur professionnel ne compte pas en reste là. Mis au courant de la situation qu'ils qualifient d'inacceptable, les dirigeants de la SA entendent bien assumer leurs responsabilités pour que la vérité soit établie, et que les décisions qui s'imposent soient prises. Ils sont les garants de la défense de l’institution « Rouge et Bleu ». Car avec cette sombre histoire, l’image renvoyée par le SMC est tout simplement catastrophique. "C'est dommage qu'au moment où l'association ne se soit jamais aussi bien portée que cette histoire vienne l'entacher", regrette Jean-Luc Pignol. "Tous les salariés et tous les bénévoles œuvrent tous les jours pour défendre l'association et ses actions".






